Un nouveau rapport du Forum économique mondial a mis en lumière les raisons pour lesquelles les services financiers devraient se réjouir de la « quatrième révolution industrielle » au vu de son impact sur certains secteurs tels que la santé, la distribution et l’agriculture.

Avec le développement de la technologie numérique, l’automatisation et la personnalisation ont été mises sur un piédestal dans ces industries et les ont propulsées plus loin que prévu après la mise à niveau des infrastructures.


« Pour une industrie qui s’est développée sur des milliers d’années et qui a de fortes incitations économiques à moderniser et à optimiser sa performance, il est quelque peu stupéfiant de constater que le secteur des services financiers n’a pas été davantage axé sur la technologie », indique le rapport. « En quoi cela est-il important ? Parce que l’accès facile aux systèmes de capitaux à travers la démographie est au cœur de ce qui fait avancer les sociétés, et tant que la fintech n’adoptera pas pleinement la quatrième révolution industrielle, nous n’y arriverons tout simplement pas. »

Permettre au client d’utiliser la technologie

Le sujet sera abordé lors du Innovate Finance’s Global Summit les 29 et 30 avril à Londres. Avant que le débat ne prenne place lors de l’événement annuel, Kirsty Roth, directrice des opérations internationales chez HSBC et Louise Brett, directrice de la Fintech chez Deloitte, abordent le rythme du changement dans les services financiers.

Bien que certains pensent que le déploiement de la technologie crée un obstacle à l’établissement de services financiers efficaces axés sur la technologie parce que la finance demeure une industrie étrangère pour la plupart des gens, le potentiel de la transformation numérique doit être considéré.

Pour Louise Brett, l’industrie financière est encore un espace inconnu parce que « certains pays n’ont pas encore l’infrastructure nécessaire pour soutenir et faire croître la communauté des jeunes entreprises. » Pour la fintech particulièrement, cela signifie que les consommateurs n’ont qu’un accès limité aux dernières innovations en matière de services financiers et que, par conséquent, l’adoption par les consommateurs est très faible. « Cela dit, des investissements plus importants sont faits pour créer l’infrastructure et les mécanismes de réussite appropriés. »

Le rapport se poursuit : « Il est toutefois encourageant de constater que nous sommes sur le point d’opérer ce changement. L’amorce de la quatrième révolution industrielle pour les industries implique la familiarité, puis la marchandisation, suivie de l’élaboration de pratiques exemplaires. Heureusement, nous sommes dans la phase de familiarité. Près de la moitié de la population mondiale utilise la technologie mobile pour effectuer des opérations bancaires. » Ce chiffre augmente de façon spectaculaire chaque année, mais ce qui est plus encourageant, c’est qu’il augmente également dans les pays en développement, qui ont eu recours aux technologies de communication pour créer de nouveaux systèmes bancaires.

« Il faut espérer que cela incitera les entreprises et les entrepreneurs à créer de nouveaux outils qui donneront un meilleur accès aux systèmes financiers. Le fait que de plus en plus d’utilisateurs adoptent ces outils devrait créer des gains d’efficacité sur ce marché. »

Un rythme de changement

En plus de discuter du rythme du changement de façon générale, le panel d’Innovate Finance se concentrera également sur la façon dont l’adoption de la technologie dans les services financiers peut forcer les banques à ré-imaginer le travail, le lieu de travail et la main-d’œuvre.

Kirsty Roth explique en détail l’importance du rythme des changements que connaît HSBC. « Cela entraîne une évolution de la main-d’œuvre à mesure que de nouveaux rôles, tels que la configuration des robots et l’activation des chatbot, sont créés. C’est positif pour notre personnel car il profite de l’occasion pour améliorer ses compétences et passer d’un travail manuel à des activités comme l’analyse, les enquêtes, la résolution de problèmes et le développement et la gestion des robots. » Elle ajoute qu’au sein du géant bancaire, ils ont su développer une capacité d’automatisation interne qui donnent aux employés la possibilité de s’impliquer et de développer leurs compétences. « Pour l’instant, nous avons environ 120 configurateurs RPA (Robotic Process Automation) formés et quatre centres d’opérations numériques à travers le monde. »

Garder le cap

Dans le but de s’assurer que tous les clients ont des connaissances financières et qu’ils suivent les tendances technologiques courantes comme l’utilisation des smartphones, des partenariats entre les banques et les entreprises fintech sont indispensables.

Toutefois, Louise Brett précise que si les services bancaires mobiles constituent un point d’entrée important, ils ne sont pas les seuls. « Le secteur des services financiers n’a pas tardé à reconnaître à la fois le rythme rapide de croissance de l’utilisation de la technologie mobile et les attentes des consommateurs en matière d’initiative et d’interaction transparente avec leur banque ou assureur, par exemple. Pour les institutions financières en elles-mêmes, le lancement d’une solution fintech qui répond simplement aux problèmes des consommateurs est souvent beaucoup plus rapide et plus rentable que le lancement d’un produit traditionnel. »