Un film au cinéma ou sur Netflix ? Vous vous posez peut-être cette question plusieurs fois par semaine. Une soirée dans les salles obscures peut s’avérer onéreuse, surtout quand il faut prendre en compte les dépenses liées au déplacement et au parking sur place. Autant de bonnes raisons pour nombre d’entre nous de rester à la maison et de profiter du catalogue Netflix.

Les cinémas doivent remplir des salles vides et font tout ce qui est en leur pouvoir : en échange d’un supplément, ils proposent même aux spectateurs des repas de qualité ou encore de luxueux sièges inclinables. Pourtant, certains sièges restent vides. Que faire pour que les cinéphiles quittent leur canapé et se déplacent au cinéma ?


La seule façon de lutter contre Netflix est de devenir comme Netflix. La plateforme change la donne non seulement pour le divertissement à domicile, mais également pour les cinémas. Les salles obscures tentent en effet d’attirer les spectateurs en proposant des abonnements mensuels similaires à ceux des grandes plateformes de streaming.

Les enseignes Pathé Gaumont et UGC proposent toutes deux des abonnements permettant un accès illimité aux salles de cinéma chaque mois. L’abonnement classique Pathé Gaumont est disponible pour 19,90 € par mois, contre 21,90 € chez UGC. Dans les deux cas, les offres sont très avantageuses et sont particulièrement populaires auprès des jeunes, qui disposent d’ailleurs de tarifs préférentiels.

En effet, Netflix nous a habitués à payer notre divertissement à la carte tous les mois, et c’est la formule qui s’avère la plus populaire auprès des jeunes générations. Entre Amazon Prime Video, Hulu et les services de streaming à venir d’Apple et de Disney, les cinémas n’ont plus d’autre choix que d’adapter leur offre afin de s’aligner sur la concurrence en ligne, d’autant plus que les équipements nécessaires au visionnage de programmes en streaming deviennent de plus en plus abordables.

Bien que les revenus du box-office en Amérique du Nord aient atteint l’an dernier un sommet historique de près de 12 milliards de dollars, cette année les chiffres ne sont pas aussi encourageants. C’est pour cette raison que les chaînes de cinémas ont réalisé que le modèle d’abonnement mensuel pourrait aussi leur convenir.

Selon Stephan Paternot, cofondateur et PDG du marché en ligne de financement de films Slated : « Dans le domaine du divertissement, tous les acteurs se tournent vers l’option des abonnements. C’est gagnant-gagnant. Pour les distributeurs et les cinémas, il s’agit d’une source de revenus beaucoup plus stable et prévisible, ce qui, en retour, atténue les fluctuations de revenus pour les films à succès. Cela permet de réduire les risques et de subventionner des films indépendants plus risqués et moins commerciaux. C’est une énorme victoire pour les réalisateurs du monde entier. Cela permettra de remplir les salles et ainsi de vendre plus de confiseries, une source de profit importante pour les cinémas ».

Stephan Paternot y voit un avantage supplémentaire pour les cinémas : « Grâce aux abonnements mensuels, les cinémas pourront établir une relation directe avec leurs spectateurs. Ils sauront quels films je suis allé voir, et seront donc capables d’anticiper ceux que je suis susceptible de voir dans le futur et ainsi de me les proposer pour m’encourager à aller les voir ».

Cependant, Stephan Paternot perçoit un obstacle majeur : « La plupart des gens ont tendance à aller dans les mêmes cinémas locaux pour voir leurs films préférés, et sont souvent déjà abonnés à des services de streaming. Au final, la majorité finira probablement par ne s’abonner qu’à un seul cinéma. Il est donc probable que les multiplexes se regroupent jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus que deux ou trois dans chaque ville ».


Netflix doit encore faire ses preuves en tant que producteur de films, notamment avec la nouvelle œuvre de Martin Scorsese, The Irishman, qui devrait sortir dans l’année. Mais le film sortira-t-il uniquement sur la plateforme de streaming, ou sera-t-il également disponible dans les salles obscures, comme c’était le cas pour Roma ?