L’iPhone 9 fait déjà sensation avant même sa présentation officielle, qui aura lieu le 31 mars. Avec des améliorations majeures à la fois esthétiques et techniques, il devrait ravir les consommateurs en quête d’un iPhone entrée de gamme. De nouvelles informations révèlent toutefois une décision risquée de la part d’Apple en matière de design. 

L’information est tombée ce mardi : l’iPhone 9 sera présenté le 31 mars et lancé sur le marché seulement 4 jours plus tard. Ce délai semble court, mais similaire à l’arrivée soudaine de l’iPhone SE le 31 mars 2016. Lors du prochain keynote, d’autres produits devraient également être présentés, même si le nouvel iPhone sera sans doute sur toutes les lèvres. À part lui, on devrait découvrir les nouveaux iPad Pro, les MacBook proposant des claviers à mécanisme ciseaux, les premiers écouteurs supra-auriculaires d’Apple, mais aussi le AirTag, une petite balise permettant de ne pas perdre des objets de valeur. L’année 2020 devrait donc être importante pour Apple.


Le média Fast Company a cependant révélé vendredi dernier qu’Apple avait décidé de retirer la technologie 5G de l’iPhone 9 et de recommencer. Le site rapporte qu’Apple aurait « refusé » le design du module d’antenne 5G proposé par Qualcomm, le jugeant trop encombrant pour le « design industriel et élégant qu’Apple souhaite pour le nouveau téléphone ». Apple veut donc désormais fabriquer son propre module. 

Ming-Chi Kuo, spécialiste de la marque, révèle qu’Apple aurait abandonné son projet ambitieux d’inclure jusqu’à six amplificateurs électroniques pour la mise en réseau 5G. Selon lui, le prochain iPhone ne disposerait plus que d’un ou deux amplificateurs, ce qui entraînerait une baisse de la performance 5G plus lente. Apple compte sans doute sur le fait que les consommateurs ne remarqueront pas de différence, étant donné que même une 5G basique propose des prestations bien supérieures à la 4G. Sur ce point, Apple a probablement raison.

 

Les risques potentiels

Pour Apple, le défi à relever est immense. Le groupe a certes racheté la division modem d’Intel l’an passé, mais si Intel a accepté de s’en séparer, c’est bien parce qu’elle ne parvenait pas à mettre au point un modem 5G efficace, capable rivaliser avec Qualcomm. Par ailleurs, ce n’est pas un hasard si Apple a signé un accord pluriannuel sur la 5G avec Qualcomm après avoir fait l’acquisition de la division d’Intel. Le groupe accélère en réalité ses projets 5G.

De plus, comme le souligne Fast Company, « les antennes 5G sont difficiles à fabriquer ». En effet, la 5G utilise des fréquences plus élevées, qui sont beaucoup plus sensibles et disposent de moins de marge d’erreur que la 4G ou la 3G. « Une légère imperfection dans une antenne qui sort de la chaîne de production pourrait entraîner des problèmes de connexion par la suite », poursuit le magazine. 

Cette situation n’est pas sans rappeler une autre, déjà vécue par Apple. Le groupe avait effectivement décidé de concevoir lui-même l’antenne de l’iPhone 4, et le résultat final était défectueux et décevant. À l’époque, l’affaire appelée « Antennagate » prenait sa source dans le fait que la manière de tenir son smartphone affectait sensiblement la qualité de réception du signal cellulaire. C’est aussi cette histoire qui avait poussé Steve Jobs à prononcer cette phrase culte en réponse à un client mécontent : « Just avoid holding it in that way » (en français : essayez de ne pas le tenir comme ça).

 

Les gains potentiels

Mais la décision radicale d’Apple pourrait s’avérer être une belle victoire, avec des répercussions sur l’ensemble du secteur. Du point de vue commercial, si la marque à la pomme parvient à faire mieux que le design de Qualcomm, elle se différenciera de la concurrence et aura le contrôle d’un autre composant de l’iPhone (une bonne nouvelle pour Apple, compte tenu des tensions entre les deux entreprises après des années de procès internationaux). Le groupe réaliserait également des économies, n’ayant plus besoin de faire appel à un sous-traitant.

Une réussite pourrait également permettre à Apple d’harmoniser le développement du hardware et du software, ce qui historiquement a déjà joué en sa faveur. Tout comme le groupe Tesla, qui peut proposer des mises à jour améliorant l’autonomie de ses voitures puisqu’il fabrique ses propres batteries, Apple pourrait aussi proposer des mises à jour afin d’améliorer les performances (et par conséquent la vitesse du réseau) de son antenne 5G, avec des innovations dont la concurrence qui fait appel à Qualcomm ne disposerait pas.

Du point de vue design aussi, les avantages sont nombreux. Une réussite d’Apple pourrait faire de l’iPhone 9 un modèle plus élégant que n’importe quel téléphone 5G concurrent, ou alors utiliser l’espace économisé pour y inclure une batterie plus grande. Ce dernier point est essentiel au vu de la forte consommation d’énergie de la 5G, surtout lorsqu’elle est associée à un écran ProMotion 120 Hz comme celui de l’iPhone 9. 

En attendant, Apple pourra toujours revenir à l’antenne Qualcomm, mais pour le savoir, il faudra attendre le keynote organisé par le groupe à la fin mars.

 

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