Un jeune homme de moins de 35 ans avec une dizaine d’année d’expérience. Mais pas seulement. Voici le profil type d’un travailleur de la Tech. 

Du développer au data scientist, la Tech est devenue un enjeu clé dans le recrutement des entreprises. Mais à quoi ressemble un salarié de la Tech ? Quelles sont ses attentes ? Ses motivations ? Que valent nos représentations par rapport à la réalité au sein des entreprises ? 

Dans le cadre d’un partenariat initié en octobre 2018, le groupe LesJeudis, acteur dans le recrutement web et IT depuis près de 20 ans, et ChooseMyCompany, expert de la réputation des entreprises et de la motivation des salariés, ont travaillé de concert afin de créer le premier classement « HappyIndex® TechAtWork ». Voici les principaux résultats de ce baromètre qui rendent compte des motivations des profils Tech. Il permet de mieux cerner leurs attentes en termes de management et de ressources humaines, mais aussi de valoriser les entreprises dans lesquelles ils sont les plus heureux.

Un jeune homme pas là depuis longtemps

Quel est le portrait-type du collaborateur Tech en 2019 ? De sexe masculin (18,8 % seulement des répondants étaient des femmes), il est jeune (près de 6 sondés sur 10 ont moins de 35 ans), et a moins de 10 ans d’expérienceprofessionnelle (comme 64,8 % des sondés). Attiré par la mobilité et le sentiment d’évoluer, de progresser, ilaime changer régulièrement de poste (un trait de caractère commun à tous les talents Tech interrogés, quel que soit leur âge) : 56,7 % des répondants ont moins de deux ans d’ancienneté dans leur structure.

En 2019, 65 % des profils Tech en France se disent motivés par leur travail, soit deux points de moins que la moyenne globale des Français hors IT. Un résultat pour le moins étonnant lorsque l’on connaît toute l’attention qui leur est portée, du fait d’un marché en très forte tension de recrutement.

« Ce résultat est, selon moi, à analyser avec précaution. En effet, est-ce à dire que les techs sont moins heureux, moins épanouis dans leur travail ? Je ne le crois pas. Je pense plutôt qu’ils sont conscients d’avoir en main toutes les cartes pour demander et donc obtenir plus, compte tenu du marché pénurique qui joue en leur faveur. Faceaux recruteurs, ils sont en position de force, ce qui leur permet d’être plus exigeants que la moyenne des Français.Ils vont là où les propositions sont les plus intéressantes… Il est donc important que les recruteurs apprennent à maîtriser les principaux leviers qui leur permettront d’attirer, puis de retenir ces talents. », commente Servanne Morin, Communication & Partnership Manager du Groupe LesJeudis.

Pour le plaisir 

Ce point de vue se trouve conforté par une analyse en détails des points forts et des points faibles de la motivation de ces profils spécifiques.

Ainsi, 74 % des profils Tech éprouvent du plaisir à faire leur travail. Ils sont également 74 % à avoir le sentiment que leurs missions et leurs responsabilités leur correspondent, tant en termes de savoir-faire que depersonnalité. 78 % d’entre eux estiment qu’on leur fait confiance. 75 % des répondants apprécient la qualité desrelations humaines au travail (+ 3 points par rapport aux autres fonctions hors IT), ce qui participe sans douteau fait qu’ils jugent leur quotidien agréable. Par ailleurs, 71 % pensent bénéficier d’un bon équilibre vieprofessionnelle – vie personnelle.

Manque de clarté de la part de leur management 

Les points faibles de leur motivation se situent donc plutôt du côté du management, du salaire et des avantages. L’évaluation de la performance semble une vraie problématique pour ces collaborateurs : seuls 53 % d’entre eux en sont satisfaits (versus 58 % pour leurs collègues hors IT). Ils soulignent également le manque de clarté quant à leurs possibilités d’évolution au sein de l’organisation (seuls 54 % des répondants en sont satisfaits). 49 % d’entre eux seulement considèrent leur salaire adapté à leur poste et à leurs responsabilités, et ils ne sont que 48 % à se satisfaire des avantages offerts par leur entreprise (intéressement, participation, mutuelle, CE, crèche etc.).

Et en la matière, ce sont les femmes les plus critiques : seules 62 % des femmes dans la Tech se disent motivées par leur travail, contre 66,3 % des hommes. Elles réclament plus de transparence de leur direction, une relation managériale plus structurée et une prise en charge RH plus soutenue.

Comment attirer et retenir ces profils spécifiques ?

Reconnaissance, autonomie, innovation dans la façon de travailler, meilleure rémunération et clarté dans lespossibilités d’évolution : ainsi pourrait-on résumer les principaux facteurs de motivation… et donc de séductiondes profils Tech.

Au cœur de la révolution digitale grâce à leurs compétences spécifiques, ces talents expriment, dans le cadre de cette enquête, un réel besoin de reconnaissance, mais aussi de mieux percevoir l’impact de leur contribution sur le projet de l’entreprise. Ils souhaitent pouvoir disposer de tous les moyens (technologies récentes,méthodes agiles, matériel de pointe, projets novateurs… et collègues « sharp ») leur permettant d’atteindreleurs objectifs, et que ceux-ci soient clairement exprimés et valorisés par une équipe dirigeante, en laquelle ils souhaitent avoir une confiance totale. Ils apprécient également de pouvoir continuer à progresser et à apprendre.