Depuis sa création en 2010, le réseau social Instagram poursuit son irrésistible ascension. Après un rachat qui a fait grand bruit en 2012 par Facebook pour 1 milliard de dollars ( presque 950 millions d’€), Instagram a su profiter de l’aura (et du monopole…) du réseau de Mark Zuckerberg pour rayonner dans le monde entier.

 

Les innovations ont été nombreuses lors des 4 dernières années, mais les plus récentes sont, de loin, les plus marquantes. Récit d’une stratégie tentaculaire.

 

Instagram en quelques chiffres

 


Afin de prendre en considération le phénomène de « l’application de l’année » en 2011, j’ai sélectionné quelques chiffres particulièrement évocateurs :

 

  • 500 millions d’utilisateurs actifs mensuels (au moins 1 action par mois)
  • 300 millions d’utilisateurs réalisant des actions quotidiennes
  • 20% de l’audience est basée aux États-Unis
  • Audience doublée lors des 24 derniers mois
  • 4 utilisateurs sur 10 ont moins de 24 ans et 1 utilisateur sur 2 a entre 24 et 44 ans (ce n’est donc pas un réseau social squatté uniquement par des adolescents)
  • 95 millions de photos/vidéos postées par jour
  • 90 des 100 marques les plus populaires sont sur Instagram (80% d’entre elles postent au moins 1 contenu par semaine, et, 30% postent entre 10 et 20 contenus par mois)

 

Les dates essentielles à connaître concernant l’histoire 2.0 d’Instagram

 

  • Octobre 2010 : Lancement d’Instagram
  • Avril 2012 : 100 millions d’utilisateurs
  • Avril 2014 : Lancement de la fonction Hyperlapse (dédiée au time-lapse)
  • Mars 2015 : Lancement de la fonction LayOut (édition et montage de plusieurs photos)
  • Avril 2015 : Les vidéos ne sont plus limitées à 15, mais à 60 secondes (possibilité de proposer des messages plus complets/viraux)
  • Septembre 2015 : Possibilité pour les annonceurs de réaliser des campagnes publicitaires sur Instagram
  • Octobre 2015 : Lancement de la fonction Boomerang (vidéo de 1 seconde lue en boucle dans un sens puis dans l’autre)
  • Mars 2016 : Les algorithmes prennent le pouvoir et l’affichage du flux n’est plus chronologique (c’est la Facebook « Touch»)
  • Mai 2016 : Les profils business déboulent, tout comme les Insights (statistiques du compte)

 

Autrement dit, plus le temps passe, et, plus Instagram se tourne vers les marques…

 

Novembre 2016 : Snapchat et Périscope sont pris pour cible

 

Crédit Photo Pixabay
Crédit Photo Pixabay

 

Depuis quelques heures, Instagram a mis 2 nouveautés à la disposition de ses abonnés. La première permet de faire des Lives (60 minutes au maximum ne pouvant pas être rejouées – « Tu es en live ou tu rates l’info… ») et la seconde permet d’envoyer des messages picturaux éphémères (vidéo ou photo).

 

En d’autres termes, Instagram adopte la dernière nouveauté de Facebook et substantifique moelle de Périscope (les Lives via les Stories) tout en ajoutant la fonction-clé de Snapchat! Il semblerait que la fonction d’insertion de filtres « fun » comme sur Snapchat ne soit qu’une question de semaines (de développement)…

 

Comme d’habitude chez Instagram, je trouve que ces nouvelles fonctions sont faciles à utiliser et particulièrement intuitives. Pouvoir réaliser différentes actions qui, jusque-là nécessitaient plusieurs applications, est bien l’objectif d’Instagram.

 

Quels apports pour les marques?

Même si l’application reste évidemment gratuite pour les membres, Instagram cible les marques afin qu’elles communiquent plus (de façon sponsorisée ou non). Quand je vois l’impact de Snapchat sur certaines populations (15-24 ans), cette nouvelle stratégie d’Instagram est fondamentale et plutôt légitime.

 

Pour rappel, les marques (mais aussi les institutions comme gouvernement.fr) adorent (jusqu’ici) Snapchat, car cette plateforme permet de toucher un public qui n’utilise pas/plus les médias traditionnels.

 

La communication statique offerte par Instagram jusque-là (images, vidéos courtes) va devenir beaucoup plus dynamique. Un réel plus pour les marques et les entreprises.

 

Ce ton « Real Life » et « Live » est un atout essentiel pour la visibilité des marques, et ce, pour bien des industries/thématiques (télévision, cinéma, mode, beauté, luxe, action militante, ONG, sport, etc…). Dans ce cadre, les Lives et les contenus éphémères seront des leviers uniques pour amuser, fidéliser et…vendre sur 1 seule application.

 

Le groupe Facebook veut capter l’intégralité de votre temps online

Ne perdons pas de vue que la petite-fille de Facebook agit comme sa maman : Faire converger les usages sur une même application.

 

Je tiens à rappeler que l’objectif final de Facebook est de garder l’internaute sur son réseau en lui permettant de tout faire, ou presque (envoyer des messages, faire son shopping, acheter des billets d’avion, créer ou s’inscrire à des événements, faire des Lives, etc…).

 

À ce jour, les utilisateurs passent environ 50 minutes par jour sur Facebook et Instagram (ce lien vous en apprendra plus sur le sujet). À noter que ce total ne comprend pas le temps passé sur WhatsApp qui appartient aussi à Facebook.

 

Plus largement, les réseaux sociaux occupent 19% de notre temps « digital ». Le calcul est simple : plus il y a d’utilisateurs passant leur temps sur un réseau social, et, plus le coût publicitaire est élevé (le prix d’une publicité sur Facebook a augmenté de 5% en 1 an). CQFD

 

Le Graal ultime de Facebook n’est autre que de concurrencer son meilleur ennemi, à savoir Google, en matière de recherche en ligne (les référenceurs vont-ils voir leur métier évoluer?). Ainsi, le temps passé sur le réseau social serait plus que doublé!

 

Dans un contexte où les réseaux sociaux se copient les uns les autres (certains ne font qu’essayer…), le « groupe » Facebook a pris une tête d’avance…(voire une tête ET une épaule).