La Blockchain est un nouveau paradigme dont émanent bien des fantasmes et autres affirmations souvent aberrantes. Toutefois cet écosystème connait une mue particulièrement profonde, et ce, grâce à l’émergence de véritables « use cases ». Comme toute innovation se prétendant « majeure », il faut tester, ajuster et délivrer des résultats avant cette tant attendue « adoption de masse » au sein de la communauté « crypto » (même si le rapport entre les cryptomonnaies et la technologie est plus complexe). En ce sens, c’est bien le domaine de la santé qui pourrait accoucher de ses premiers projets innovants ET utiles.

Blockchain et investissements : des symptômes de bonne santé


Pour prendre le pouls d’un secteur, rien de tel de s’analyser les investissements entrants. Eta(n)t donné que l’image de la Blockchain a particulièrement évolué en l’espace de 3 ans (et à juste titre), et que les possibilités d’évolutions sont majeures (voir plus bas), il n’est nullement étonnant que les VC, les Hedge Funds et les poids lourds de l’industrie pharmaceutique approchent leur stéthoscope.

C’est notamment le cas de Sanofi Ventures qui a pris une participation dans Curisium, une entité américaine proposant un service d’assurance basée sur la Blockchain. Cette technologie est clairement un levier dans le cadre de la stratégie digitale de ces grands groupes.

Dans un autre registre, le groupe Pharmagest est monté au capital d’Embleema, une plateforme 100% Blockchain permettant de partager les données de santé (pierre angulaire du secteur).

Nous pourrions aussi citer IBM qui travaille de pair avec la FDA pour mettre en place une plateforme similaire au projet précédemment cité, mais à l’échelle d’un pays.

Moins onéreux, plus rapide et plus fiable

La technologie Blockchain en elle-même, et pas uniquement dans le domaine de la santé, offre des perspectives que peu d’investisseurs peuvent ignorer : chaque action est plus rapide, moins coûteuse et bien plus fiable. Rien que l’exemple de l’authentification des médicaments est particulièrement parlant. Ne perdons pas de vue que le secteur de la santé génère des tonnes et des tonnes de téraoctets chaque jour, idéal pour les perdre ou les sous-utiliser…

A ce jour, il s’agit d’un véritable tohu-bohu où les faux circulent en masse. Grâce à la blockchain, et à l’agrégation des données « certifiées » par les grands acteurs du secteur (n’oublions que la Blockchain est un immense registre), chaque étape est notifiée et vérifiée (de la fabrication à la distribution). A l’heure où les innovations médicales vont bon train, en matière de médecine traditionnelle comme alternative, ce suivi semble est une clé essentielle.

Dans une autre dimension, la Blockchain va permettre de mieux sécuriser l’accès aux données de santé tant convoitées par les GAFA (qui, sans les diaboliser, ont faim de projets « santé »)…L’Estonie, petit pays du Vieux continent, est déjà entré dans ce paradigme puisque leur carte d’identité permet de débloquer via une clé spéciale les données dudit citoyen/patient.

La Blockchain pourrait clairement changer la façon dont les patients communiquent avec TOUS les professionnels de santé. Petit point technique : chaque acteur/prestataire aura son « hash » = traçabilité immédiate et infalsifiable.

Vers une indispensable régulation?

Bien entendu, dans notre monde actuel, quelles innovations peuvent se déployer sans une préalable régulation des autorités compétentes? Ce sujet est toujours sensible, notamment chez les premiers pionniers de la Blockchain, mais l’adoption de masse doit passer par cette case. De plus, la France est sur le podium des pays les plus volontaires à intégrer cette technologie!


Cette étape de régulation permettra notamment de bien définir le cadre, le type de données, et, d’éviter que certains prétendus innovateurs plutôt intéressés par les données financières liées ne fassent du mal à ce paradigme qui a besoin de confiance!