Selon une nouvelle étude publiée lundi 10 janvier dans la revue Nature Communications, la réponse immunitaire générée par une infection antérieure à un rhume commun pourrait protéger contre le covid-19. D’après les chercheurs, cette découverte précoce, mais prometteuse, pourrait ouvrir la voie à des vaccins plus durables qui protègent contre les variants actuels et futurs du Covid.


Selon une nouvelle étude réalisée par des chercheurs de l’Imperial College de Londres, les patients présentant des niveaux élevés de lymphocytes T (un type de globules blancs du système immunitaire) à la suite d’une infection à un coronavirus, comme le rhume commun, sont moins susceptibles de contracter le virus à l’origine du covid-19.

Pour réaliser cette étude, qui s’est déroulée en septembre 2020 (avant que la plupart des Britanniques aient été contaminés par le covid-19 ou aient reçu une dose du vaccin), les chercheurs ont suivi 52 patients vivant avec une personne atteinte du covid-19.

La moitié de ces patients ont contracté le virus. Néanmoins, la seconde moitié n’a pas été infectée et les échantillons de sang prélevés sur ces patients, peu après l’exposition, ont révélé des niveaux plus élevés de lymphocytes T provenant d’infections antérieures par des coronavirus, comme le rhume commun. Ces lymphocytes pourraient reconnaître les protéines du virus à l’origine du covid-19, ont indiqué les chercheurs.

Le professeur Ajit Lalvani, auteur principal de l’étude, a déclaré que les résultats fournissent « la preuve la plus claire à ce jour que les cellules T induites par les coronavirus du rhume jouent un rôle protecteur contre » le covid-19 et pourraient être la clé du développement d’un vaccin universel qui protège contre les variants actuels et futurs du virus.

Selon l’étude, les cellules T s’attaquent à des protéines à l’intérieur du virus, plutôt qu’à la protéine spike (ciblée par les vaccins les plus utilisés) à sa surface. D’après le professeur Lalvani, les protéines à l’intérieur du virus mutent beaucoup moins et permettent d’obtenir des « vaccins plus largement protecteurs » entre les différents variants.

Si tous les patients exposés au covid-19 ne sont pas infectés, le mécanisme précis qui sous-tend ce phénomène est encore flou. Bien que cette découverte soit importante, le Dr Rhia Kundu a déclaré que « ce n’est pas une forme de protection […] sur laquelle personne ne devrait se reposer. » Selon le Dr Kundu, la meilleure façon de se protéger contre le covid-19 « est d’être pleinement vacciné, y compris en recevant sa dose de rappel. »

Le rôle des cellules T pourrait être important. Ces cellules restent dans l’organisme bien plus longtemps que les anticorps post-vaccination, qui diminuent au bout de quelques mois. Selon le professeur Lavalni, un vaccin provoquant une réponse des cellules T pourrait réduire le besoin de rappels : « Nous sommes dans cette situation terrible où nous avons besoin de rappels tous les trois mois, mais avec les cellules T, vous pourriez réduire ce besoin à tous les ans ou deux ans ».

Des scientifiques de l’armée américaine mettent au point un vaccin contre le Covid-19 conçu pour protéger contre les variants actuels et futurs. Ce vaccin expérimental utilise plusieurs protéines spike pour préparer le système immunitaire à reconnaître de nombreux types de coronavirus. Les résultats des premiers essais sur l’homme sont attendus dans quelques semaines.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Robert Hart

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