Le marché actuel du pétrole est dirigé par la Chine. Plus exactement, il est dirigé par la perception de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, les perspectives de l’avenir économique chinois, et les prévisions des importations chinoises de pétrole. Le marché pétrolier fluctue aujourd’hui en fonction des tweets du Président Trump au sujet des négociations commerciales, et en fonction des réponses de la Chine aux mesures prises par les États-Unis. La Chine est devenue un enjeu plus important pour les négociants en pétrole que n’importe quel autre évènement géopolitique ou économique.

Le marché pétrolier est en pleine fluctuation ces derniers temps à cause de la Chine car,

  1. La Chine est le plus gros importateur mondial de pétrole. La Chine a importé 9,24 millions de barils par jour en 2018, dont la majorité est encore envoyée dans les réserves. Si l’économie de la Chine venait à gravement s’essouffler, il faudrait compter sur un sérieux déclin de ses importations, ce qui déstabiliserait le marché du pétrole.
  2. Si les négociations commerciales continuent de se détériorer et se changent en guerre commerciale totale, l’on pourrait assister à une grave récession aux États-Unis. Ces derniers sont le plus gros consommateur mondial de pétrole, pour la plupart produit sur son sol. Une récession américaine diminuerait la demande globale.
  3. Une guerre commerciale exacerbée entre les deux plus puissantes économies du monde pourrait également créer un ralentissement économique à l’échelle mondiale, affectant ainsi la demande en pétrole de toute la planète. La semaine dernière, la nouvelle selon laquelle le Président Trump envisageait une nouvelle taxe d’importation de 10 % sur 300 $ milliards de marchandises chinoise avait fait chuter le prix du WTI de 8 %.
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Trader à la Bourse de New York le 5 août 2019 à Wall Street, New York City. – La vente des actions à Wall Street s’est accélérée lundi matin alors qu’une chute abrupte du Yuan faisait grimper les tensions entre la Chine et les États-Unis. / AFP/GETTY IMAGES

Tous les négociants pétroliers ont à présent à l’esprit la demande en pétrole, et non l’approvisionnement. C’est pourquoi le marché semble à peine bouger en fonction des évènements en Iran et dans le Golfe Persique. L’instabilité économique du Venezuela, de même que sa production insuffisante et ses sanctions, ne provoquent aucune hausse des prix. Les décisions de l’OPEP n’ont pas été capables de garder les prix élevés. Même la contamination des pipelines russes fait à peine écho parmi les traders. L’unique question aujourd’hui est de savoir dans quelle mesure les négociations commerciales entre la Chine et les États-Unis auront un impact sur la demande en pétrole.