Le web est devenu, en l’espace de 20 ans, un outil-clé pour s’informer, travailler, s’organiser et bien d’autres objectifs de la vie quotidienne. Face à cette évidence, l’engouement est tel que certaines populations peuvent se sentir être mises de côté. 

 

Au-delà de la fracture numérique qui galope à mesure que le web se développe (sic), le handicap est un véritable sujet-clé. D’ailleurs, les candidats à l’élection suprême hexagonale ne s’y trompent pas puisqu’ils ont tous un volet dédié au handicap (pour des efforts réels ?). 

Quelques chiffres-clés relatifs au handicap en France

Sur ses 65 millions de résidents, la France compte près de 12 millions de personnes touchées par un handicap (plus d’1 million de personnes bénéficient de l’allocation AAH). Même si cet handicap est dit « invisible » pour 80% d’entre eux, n’oublions pas que les formes de handicap sont variées. 

Plus précisément, selon l’INSEE et cette excellente étude, plus de 13% ont une déficience motrice, plus de 11% ont une déficience sensorielle, près de 10% ont une déficience dite « organique », plus de 6% une déficience intellectuelle, et, 3% doivent utiliser une chaise roulante. 

À ce jour, plus d’1 million d’établissements répondent aux obligations de la loi du 11 février 2015 relative à l’accessibilité. Autrement dit, des installations et des équipements ont été mis en place pour accueillir convenablement un public souffrant d’un handicap (plateforme d’accès, pente douce, ascenseur,…).

Concernant les enfants, près de 300 000 sont scolarisés dont 45% au sein d’écoles classiques et 26% au sein d’établissements spécialisés. 

Concernant le monde du travail, 2,5 millions de personnes disposent de la reconnaissance RQTH. Plus de 80% ont un emploi classique, 8% évoluent dans un établissement d’aide par le travail (le fameux ESAT), 7% ont un emploi via l’aide à l’emploi des travailleurs en situation de handicap, et, 2% occupent un poste dans la fonction publique. Rappelons que toute entreprise ou tout établissement public de plus de 20 salariés doit employer des travailleurs handicapés à hauteur de 6%. Si ce ratio n’est pas respecté, d’autres modalités existent pour compenser cette « obligation ».

Clairement, la France réalise des efforts en matière de handicap légèrement au-dessus de la moyenne européenne. Il s’agit d’un réel plus dont il faut, non pas se satisfaire, mais se féliciter en vue d’efforts à venir. D’ailleurs, il existe de nombreux outils pédagogiques permettant de mieux comprendre cet écosystème.

Accessibilité sur le web : où en sommes-nous?

Concernant le web, l’autorité régissant les « règles » du web se nomme la W3C (depuis 1994). Son objectif est de rendre le web « compatible » pour tous les internautes. Il est intéressant de noter que ces normes sont dédiées aux sites web, mais aussi aux applications qui sont de plus en plus présentes dans notre quotidien. 

La W3C édite des « normes » à destination des éditeurs et des développeurs pour permettre une accessibilité réelle du web (depuis 1997 via le WAI et ARIA : Web Accessibility Initiative). À noter qu’il existe une graduation allant de A (très accessible) à AAA peu accessible). Voici les principales normes :

  • « Traduction » des contenus non textuels : chaque image, vidéo et formulaire (notamment) doivent disposer d’une alternative textuelle pour une meilleure compréhension (et une meilleure compatibilité avec les « lecteurs d’écran » adaptés aux déficients visuels). D’un point de vue plus visuel, les formes et les couleurs doivent être faciles à distinguer (notamment par des jeux de contraste) pour une meilleure lisibilité.
  • Toutes les actions doivent être accessibles depuis une souris et/ou un clavier : cette norme a son importance dans le cadre d’utilisation d’outils d’assistance technique.
  • Contenus homogènes : les contenus de chaque page doivent être présentés de la même façon sut tous les outils de navigation (lien pour aller plus loin)

Sans trop entrer dans les détails, d’autres normes doivent être respectées par les éditeurs, dont la ATAG (lors de la création d’un outil en ligne) ou encore la UAAG (compatibilité des navigateurs web).

Certaines normes sont régionalisées 

Au-delà de ces règles « mondiales », l’Union Européenne et la France se démarquent par des normes de leur cru. Ainsi, l’UE a créé le label EuraCert en 2003 afin que les contenus soient uniformes au niveau du vieux continent.

En France, le RGAA a été mis en place en guise de référentiel d’accessibilité des services publics en ligne. Depuis 2009, cette norme créée par la DPMA tente d’homogénéiser un web de moins en moins contrôlable (dans sa création et non dans son écoute). N’oublions pas les efforts de l’association BrailleNet qui a mis en place des outils pour les malvoyants.

D’autres normes ont été mises en place en Espagne (Technosite), au Royaume-Uni (Equality Act), aux États-Unis (Section 508), au Canada (SGQRI) ou encore en Australie (DDA).

En somme, la volonté est bien présente, mais l’harmonisation mondiale semble être encore balbutiante. Je ne suis pas certain que toutes les normes soient prises en compte par les éditeurs de sites web ou d’applications mobiles, mais de plus en plus de startups se penchent sur cette thématique d’utilité publique.