Dans le cadre des élections régionales qui se tiendront du 20 au 27 juin 2021, la rédaction Forbes France vous propose un décryptage des régions à fort enjeux. Pour notre cinquième épisode, nous proposons un focus sur la région Occitanie où la présidente sortante Carole Delga (PS/PCF/PRG) est candidate à sa propre succession. 


Les éléments clés : 

  • Habitants : 6 millions 
  • Départements :13 
  • Chef-Lieu : Toulouse 
  • Budget du Conseil régional : 3,53 milliards dont 1,24 dédiés à l’investissement

L’Occitanie est une région historiquement marquée à gauche. Avant la fusion, le Languedoc-Roussillon et le Midi-Pyrénées étaient gouvernés par des majorités de gauche respectivement depuis 2004 et 1998. 

L’élection de 2015 a été la confirmation de cet ancrage politique dans cette nouvelle grande région où l’identité occitane a été saisie par les habitants. Ces derniers ont largement élu la socialiste Carole Delga avec 44,81% loin devant le candidat frontiste et actuel maire de Perpignan, Louis Aliot (33,87). Dans une région où le Rassemblement national continue son enracinement sur le littoral, les zones péri-urbaines, mais aussi dans l’arrière-pays l’objectif affiché est de briguer la présidence de la région. Le candidat du RN, Jean-Paul Garraud a même déclaré  “tout le monde sait que cette élection se jouera entre Carole Delga et moi, les autres candidats font de la figuration”. Le duel est lancé en Occitanie. 

 

 3 anciens LR face à la présidente sortante 

La présidente sortante est largement favorite à sa propre succession malgré la réticence des écologistes et des insoumis à s’allier avec elle pour le moment. Si les précédents sondages la plaçaient en tête au soir du 1er tour, le dernier en date réalisé par Sopra Steria-Ipsos pour France 3 est venu changer la donne. Carole Delga arriverait désormais seconde avec 30 % des intentions de vote derrière Jean-Paul Garraud (33%). 

S’il y en a un qui ne veut pas être cantonné à un rôle de figurant, c’est bien le numéro 3 du parti Les Républicains, Aurélien Pradié. Il espère que sa notoriété sur le plan national puisse l’aider à engranger des voix. Face à deux anciens de la maison, sa liste LR-UDI-LC semble, cependant, prise en étau entre l’extrême droite et la liste centriste de Vincent Terrail-Novès (LREM-Modem-Agir). Elles sont placées ex aequo, créditées toutes deux de 11%. 

Créditées de 9% et 8% il y encore quelque temps, les listes EELV et LFI ont sombré dans les sondages pour atteindre 8% et 4%, soit des scores ne leur permettant pas d’envoyer des conseillers régionaux. 

 

Une victoire mais des enseignements à tirer

Carole Delga est donnée gagnante dans tous les cas de figure au second tour, ce qui semble tuer tout suspens. En effet, il n’y a que très peu de doute sur un rapprochement des divers listes de gauche pour faire barrage au RN. Dans la quadrangulaire qui se dessine, la socialiste serait largement reconduite, avec 41% des voix soit sept points de plus que Jean-Paul Garreau. 

Seul point négatif pour la gauche, un écart qui se resserre avec le Rassemblement national par rapport à 2015. C’est la preuve que l’émiettement d’une identité commune à l’échelle nationale a aussi des répercussions dans les territoires. 

 

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