Portage Salarial : Comment Cela Fonctionne-t-il ?

Le portage salarial a été créé en France en 1988 pour palier le chômage des cadres, il permettait à ces derniers d’intervenir dans le cadre de missions ponctuelles de conseil dans des entreprises. Il servait principalement les seniors cadres rencontrant des difficultés d’embauche et désireux d’apporter leur expertise à des entreprises en ayant le statut de salarié. De nos jours, ce système continue de séduire entreprises et salariés de tous horizons, excepté quelques domaines, qui veulent travailler de manière indépendante mais sécurisée. Il est ouvert depuis peu aux non-cadres et ce dispositif est reconnu depuis 2015 en France comme un moyen de lutte contre le chômage. Ces salariés ne sont ni travailleur indépendant, ni chef d’entreprise, ni profession libérale, ils s’engagent à accomplir une mission pour une entreprise par le biais d’une société de portage avec laquelle il signe un contrat. C’est une solution qui permet donc à une personne de développer une activité professionnelle, de travailler comme un indépendant tout en conservant le statut salarié. Focus sur ce dispositif.


 

Le contrat et la rémunération

Le portage salarial est une relation tripartite entre une société de portage, le salarié porté et l’entreprise cliente. Ce n’est pas la société de portage qui démarche le travailleur, c’est ce dernier qui effectue des recherches et se voit confier une mission par une entreprise. La société de portage est alors l’intermédiaire qui effectue le contrat de prestation de services avec l’entreprise cliente en embauchant le consultant comme salarié. Tout est à l’initiative du travailleur porté.

Le salarié porté perçoit une rémunération minimale pour un emploi à temps plein :
· 70 % du plafond de la Sécurité sociale, pour un salarié porté junior (soit environ 2 288 € brut, en 2017),
· 75 % du plafond de la Sécurité sociale, pour un salarié porté senior (soit environ 2 452 € brut, en 2017),
· 85% du plafond de la Sécurité sociale, pour un salarié porté en forfait-jour (soit environ 2 779 € brut)

Le salarié porté peut aussi au-delà négocier directement son taux journalier moyen avec son client. Le consultant qui veut obtenir un salaire net en portage salarial doit prendre en compte les charges salariales, les charges patronales et les frais de gestion de la société de portage. A cette rémunération s’ajoute une indemnité d’apport d’affaires de 5%. En définitive, le salaire net d’un salarié porté représente environ 50% de sa facturation.

Les avantages du portage salarial

Le premier des avantages du portage salarial est qu’il permet d’entreprendre sans prendre de risques. Le salarié en portage n’a pas à créer de structure juridique, son activité est celle d’un indépendant et démarre dès la signature de la première mission. Il n’engage donc aucun risque financier ou personnel. En cas de rupture du contrat, il peut bénéficier d’une rupture conventionnelle facilement et a la possibilité de percevoir les avantages associés au statut de salarié et aux cotisations payées pendant son salariat, contrairement à une activité d’indépendant où tout cela n’est pas possible. Ce statut offre donc l’avantage d’allier la sécurité du salariat et la liberté du statut d’indépendant.
La sécurité du salariat inclut l’assurance chômage, les congés payés, la cotisation retraite, la mutuelle, parfois la participation aux frais de transports. Mais le salarié en portage bénéficie d’une grande autonomie, il peut choisir lui-même ses missions, négocier directement sa rémunération avec son client, il a un emploi du temps flexible et peut même interrompre son activité pendant quelques temps s’il le souhaite. De plus, sa gestion administrative est simplifiée car elle est gérée par la société de portage qui s’occupe de sa facturation, sa comptabilité, son salaire, ses charges, mais aussi du recouvrement si nécessaire auprès du client.

Si vous souhaitez en savoir plus les avantages liés au salariat, n’hésitez pas à consulter cet article d’Entreprise et compagnie sur le sujet.

Les inconvénients

Ils sont moindres par rapport aux avantages. L’accès au portage salarial est réservé aux métiers du conseil. Les professions réglementées (avocats, médecins, pharmaciens, coiffeurs, notaires) et les activités commerciales ne sont pas éligibles au portage salarial. Le profil doit correspondre à une attente et être recherché sur le marché.
Par ailleurs le taux journalier moyen doit être validé par la société de portage, il ne peut cependant pas être inférieur à 300 euros. Les frais de gestion varient quant à eux entre les différentes sociétés de portage qui prélèvent de 5 à 10% du chiffre d’affaires.

Le portage salarial, pour qui, comment ?

Cette solution est une option à considérer si vous souhaitez lancer votre activité à moindres risques ou si vous souhaitez avoir un complément de revenus. Comme évoqué, vous devez être un expert dans votre domaine de compétences pour prétendre au portage salarial qui recouvre toute prestation intellectuelle à l’exception des professions réglementées, médicales, de la sécurité et l’environnement, du bâtiment, des finances ou de l’aéronautique.
Le portage salarial s’adresse aujourd’hui à plusieurs personnes telles que les créateurs ou repreneurs d’entreprise, les jeunes diplômés, les cadres en recherche d’activité, les retraités ou pré-retraités, le multi-salariat, les personnes souhaitant leur retour sur le marché du travail. Si votre profil a une forte valeur ajoutée, vous pouvez vous tourner vers ce principe qui tend de plus en plus à s’imposer dans le paysage du travail.

Le digital est par exemple un secteur qui recrute et nécessite l’expertise de plusieurs profils, si vous voulez en savoir plus sur le sujet, consultez cet article du Journal du CM.