Une transition bien pensée vers la smart city implique une vision holistique de celle-ci, des ressources technologiques mutualisées entre les villes et un retour sur investissement immédiat et profitable à chaque ville. Voire, aucun investissement, dans le cadre d’une délégation de service public. 

Mobilier urbain connecté, digitalisation des services, collecte de données et nouveaux services basés sur la data… L’intégralité des villes d’envergure ont lancé leur réflexion pour tirer profit des nouveaux services permis par la convergence technologique.


Ces initiatives manquent souvent d’ambition pour des raisons budgétaires. Ainsi, plutôt que d’avoir une vision à 360 degrés, plusieurs villes traitent différents sujets indépendamment les uns des autres. Donnant lieu à des incompatibilités technologiques ou à une sous exploitation des données de la ville qui sont, par nature, interdépendantes. Exemple : l’organisation d’un concert de musique entraîne un surplus ponctuel de la demande en stationnement à ses abords que l’on peut anticiper et gérer de façon plus adaptée.

La généralisation des technologies de smart cities réside donc non seulement dans une vision holistique de la ville mais aussi dans une perspective de déploiement technologique ayant un retour économique vérifiable. Faisant de la smart city une opportunité plutôt qu’une somme de coûteux gadgets.

Réduire le coût financier et environnemental

La première vertu des technologies de smart cities est l’optimisation de process existants. Ainsi, des tâches telles que la collecte de déchets, la gestion des ressources énergétiques, la gestion des agents de verbalisation sont autant d’exemples de champs d’application concrets ayant un impact direct sur la réduction des coûts d’opération de la ville. C’est ainsi que San Francisco a déployé un système de détection de fuites d’eaux usées sur plus de 1500 kilomètres de canalisations.

Cette mesure de détection d’anomalies en temps réel permet de limiter l’impact de la fuite sur l’environnement et sur le reste de l’installation. D’autres exemples concrets sont déployés à travers le monde (Singapour, Rio de Janeiro, Barcelone, etc.). Il est important que chacune des solutions envisagées s’intègre à l’écosystème technologique et qu’elles correspondent aux réalités sociales locales.

Générer des revenus en optimisant les ressources de la ville

Au-delà de l’optimisation de l’existant, la smart city offre de nouveaux services générateurs de revenus. Par exemple, en adaptant les tarifs de stationnement automatiquement à la demande, secteur par secteur, la ville répond plus adéquatement aux besoins des usagers en optimisant les revenus tout en garantissant un taux d’occupation optimal et une bonne exploitation du parc dont elle dispose. L’optimisation des trajets d’agents de verbalisation augmente également le nombre de verbalisations par agent et par jour, ce qui accroît mécaniquement les revenus de la ville. Plus globalement, une meilleure gestion des flux et une détection efficace de la fraude permet d’augmenter drastiquement les revenus.

Cette approche est en cours de déploiement au moyen orient dans des villes comme Jeddah et Médine ainsi que dans plusieurs aéroports de la région. Bien entendu, elle peut être étendue à tous les nouveaux services offerts par une smart city et pas uniquement le parking. Une transition bien pensée vers la smart city implique un retour sur investissement immédiat et profitable à la ville. Voire aucun investissement dans le cadre d’une délégation de service public.

Créer des emplois et dynamiser l’économie de la ville

Le processus de transformation de la ville implique la mise en place d’infrastructures et opérations courantes nouvelles. Ainsi, la manne financière générée par la réduction de coûts opérationnels ainsi que par l’augmentation des revenus permet d’initier un cercle vertueux avec de nouveaux agents au service de la ville. Qu’ils soient directement employés par la ville ou par des prestataires, les agents de maintenance et d’opération, les managers et superviseurs de cet écosystème sont autant d’emplois directs créés localement, en plus des emplois indirects induits par cet élan de modernisation de la ville.

Mutualiser les expériences et les coûts

Les grandes métropoles investissent dans des projets uniques et dédiés à leurs problématiques. Cependant, cela est souvent générateur d’incertitudes : contexte technologique unique, pas de retour d’expérience, pas de possibilité de benchmark. Ainsi, passées les phases de prototypage et de preuves de concept, des plateformes de smart cities permettant de mettre à disposition les dernières technologies de pointe à un maximum de villes émergeront naturellement car bien que chaque ville soit unique, nombre de problématiques restent communes.