Durant deux semaines du mois de mars 2017, les équipes de My Little Paris étaient en immersion dans les bureaux du groupe L’Oréal pour infuser leur environnement de travail créatif. Reportage sur place. 

Les transats, les dessus de chaise fleuris, les fleurs, les tabourets design, les My Little Box et les mantras sur les murs… Pas de doute, au 16ème étage de la tour L’Oréal, My Little Paris avait bien planté son propre décor. Ce jour-là, deux chefs de projet de Merci Alfred intervenaient sur le sujet des hommes, comment leur parler, interférer avec eux, communiquer auprès de ce public devant un public attentif – beaucoup prennent des notes – composé de chefs de produits, de communicants en digital et même des gens des services de recrutement. Le ton est décontracté, à l’image de l’assemblée et des bières déjà ouvertes sur le bar.
Emilie Duquenne est directrice recrutement L’Oréal France : « Je suis venue pour avoir de l’inspiration, des best practices. On se remet tout le temps en question même si nous sommes un grand groupe. On est dans un écosystème où tout le monde a à apprendre les uns des autres. Cela vient de notre culture. Avant, on mettait des personnes de services différents sur des projets communs. My Little Bivouac, c’est juste la version 3.0 ». Delphine Buchotte, directrice communication digitale de la marque L’Oréal Paris, a assisté à la conférence sur le thème des hommes : « Cela nourrit notre réflexion, notamment sur une cible que l’on connait moins bien que les femmes. »


 

L’atelier d’écriture de My Little Bivouac. Photo Alain Buu pour L’Oreal.

 

Conférence et pitch au programme

Les salariés de L’Oréal ont pu assister à deux ateliers pratiques (écriture et R.H.), des conférences sur les millenials, les tendances beauté, des séances de cinéma, des apéritifs et l’appel à projet One Day One Brief. Durant ces deux semaines, sept marques ont été choisies pour brainstormer une journée avec l’équipe My Little Paris. Le but étant d’arriver à définir un prototype à la fin. Le vendredi 24 mars, chaque équipe pitchait devant l’assemblée. Le projet sortant – Make Me Up, des ateliers de maquillage gratuits – a gagné une subvention de 10 000 €.

 

Se remettre en question

« L’idée de cette immersion était de remettre en question des modes de travail bien installés en s’imprégnant de ceux de My Little Paris, qui fonctionne plus en mode start-up », révèle Sébastien Garcin, chief marketing officer L’Oréal France, à l’origine de l’initiative. D’où cette immersion totale pour que la petite entreprise infuse le grand groupe, et vice versa. « Dans un processus créatif, on a ce système qui marche mal avec des aller-retours entre le client et l’agence, avec des briefs, des retours… Cela crée peu de valeur, les idées sont lissées au fur et à mesure du temps. On est venu percuter tout ça pour que ce soit plus ludique et sympa ». Près de 500 collaborateurs de L’Oréal ont assisté à My Little Bivouac, cette opération étant comptée comme une formation (uniquement pour les conférences et les ateliers). Du côté de My Little Paris, 15 personnes de l’équipe ont été dépêchées sur place durant les 15 jours, tandis que 80 personnes sont passées, sur 150 salariés. « On a fait avec, en jonglant avec les projets en cours. C’était la première fois donc on a appliqué notre philosophie du “test & learn”, déclare Céline Orjubin, l’une des cofondatrices de My Little Paris. En tout cas, durant cette période, j’ai trouvé assez fascinant le fait que ce grand groupe ait une culture aussi forte, avec un vrai engagement de la part des 1700 salariés. Ce sont des choses que j’ai envie d’implémenter chez My Little Paris. »

Photo Alain Buu pour L’Oreal.

Modifier sa manière de travailler

Difficile de savoir concrètement ce qui va changer dans la manière de travailler des collaborateurs concerné mais de nouveaux projets vont voir le jour. « C’est un peu tôt pour le dire mais je pense que parmi les projets issus des One Day One Brief, une bonne moitié va voir le jour », ajoute Sébastien Garcin. De son côté, Delphine Buchotte n’a pas encore eu de retour de la part des membres de son équipe qui y ont assisté mais, elle va faire en sorte d’agir rapidement, « nous pourrions modifier un dispositif digital déjà en place ou rajouter une brique supplémentaire à laquelle nous n’avions pas pensé », précise-t-elle. Du côté des recrutements, Emilie Duquenne pense ressusciter un podcast qui n’avait pas très bien marché il y a environ deux ans, alors que l’un des chefs de projet de Merci Alfred confirmait pendant la conférence la tendance émergente de ce nouveau média. « On a essayé mais trop tôt. En sachant que cela devient une tendance, nous pourrions peut-être le remettre en place. L’innovation c’est aussi le faire au bon moment. Ils ont parlé également de la notion de “no bullshit”, le fait d’être sincère et de montrer l’envers du décor. Ce que nous avions déjà mis en place sur Instagram. Mais, c’est rassurant, cela confirme la tendance et signifie qu’il faut qu’on s’y tienne. » Elle a aussi rendu service à My Little Paris en répondant à toutes les questions que se posait leur Love Brand Manager. « Elle est un peu leur R.H. mais pas que puisqu’elle remplit d’autres missions. Avec leur problématique de structure parce que l’entreprise grandit, cette personne m’a demandé de partager de mon temps pour des questions sur le recrutement, la diversité… » Un échange gagnant-gagnant.

Sébastien Garcin aura réussi son coup, « quand les nouveaux briefs seront travaillés de la même façon. C’est mon boulot de faire en sorte que ce processus de créativité ne s’éteigne pas ». L’idée a rapidement germé puisque de grandes agences lui réclament le même processus. Même discours du côté de My Little Paris, qui est sollicité pour s’implanter provisoirement chez plusieurs clients.