La viralité ressemble souvent à une énigme impossible à résoudre. Comment expliquer qu’un message se diffuse plus ou moins efficacement sur la toile ? Comment expliquer que des relais s’activent pour le propager plus loin qu’il n’était prévu au départ ? Comment expliquer que face à cet aléatoire certains arrivent plus facilement à faire en sorte que la bouteille à la mer qu’ils jettent parviennent inexorablement à se démultiplier pour atteindre le bon port ?

Alfred de Vigny disait :

« Un livre est une bouteille jetée en pleine mer sur laquelle il faut coller cette étiquette : attrape qui peut ».

Utiliser l’art du titre

La presse a montré l’exemple depuis longtemps, l’édition a cultivé cet art, les réseaux sociaux en ont accentué l’importance. Le titre « parfait » est devenu l’objet de tous les désirs et fantasmes. Une proverbe gitan dit que « Ce n’est pas la destination mais la route qui compte ». En maitrisant l’art de la concision, un internaute augmente très sensiblement la visibilité de ses écrits ou de ses partages. Parfois, certains surfent sur des mots clés à la mode pour profiter d’un flux quasiment naturel et l’utilisation de hashtag a fondamentalement changé la donne.

Pourtant, pour faire passer des idées, pour innover, pour apporter une petite pierre à l’édifice, il ne faut pas hésiter à sortir des sentiers battus, à trouver une nouvelle utilisation pour un mot qui était tombé dans les oubliettes ou peu utilisé. L’art du titre s’apprend par l’expérience, il s’enrichit en permanence. Son imprévisibilité provoque aussi sa magie car quand un titre improbable provoque la curiosité du lecteur alors l’objectif est atteint.

Une image parlante pour illustrer

Avec le développement des multiples supports d’accompagnement d’un message, l’image est devenue une pièce centrale de l’échiquier. Une stratégie de communication s’embellie et comme une fleur doit présenter ses plus beaux atouts. Confucius pensait qu’«une image vaut mille mots». Il nous guidait dans ce nouveau monde. La viralité est aussi générée par la visibilité. Il est étonnant de constater les différentes forces de diffusion en fonction de ce fidèle compagnon du message.

Pour vérifier l’impact, il ne faut pas hésiter à la changer entre deux envois. Les clés du mystère sont parfois difficiles à décrypter et d’autres internautes auront de bien meilleures idées. Il faut laisser voguer, dans différentes mers, le message car les routes sont tellement nombreuses qu’il serait dommage qu’il ne puisse vivre sa propre vie et s’auto-illustrer.

Un objectif pour accompagner

La réputation d’un auteur est souvent la clé de voute qui renforce la diffusion. Elle est longue à établir et s’accompagne souvent d’un lectorat fidèle. D’une pièce à l’autre du puzzle, il faut parvenir à assembler un ensemble qui reste cohérent. Il est possible de trouver des voies parallèles et, au fil du temps, le style évolue. Les thèmes traités peuvent être variés quand l’auteur les maitrise. Il ne faut jamais oublier que c’est une part de lui-même qu’il livre à chaque fois. Jean Racine disait « qu’il n’est point de secrets que le temps ne révèle ».

Dans un texte, entre les lignes, il peut y avoir une autre interprétation. Une fois l’écrit achevé, il reprend sa liberté et va vivre sa vie. Au fil des jours, il pourra se créer de nouvelles destinations. Le devoir de l’auteur est alors d’essayer de guider de nouveaux lecteurs vers celui-ci. Un texte représente toujours un travail important. Il serait dommage de s’arrêter trop vite.

Des relais à chaque noeud

Les médias sociaux offrent cette chance incroyable d’offrir de nouveaux relais de diffusions perpétuelles. Chaque plateforme a ses propres caractéristiques et recèle, en ses entrailles, de multiples modes de diffusion. Jamais il n’a été aussi facile de diffuser une opinion. En fonction du thème, en fonction du style de rédaction, il faut privilégier certains médias ou blogs. Comme les éditeurs d’un livre, ils vont apporter une mise en avant différente dans cette immense vitrine numérique qu’est le web. Un texte doit être adapté à chaque lieu et à chaque audience.

 

Face à la concurrence liée à l’infobésité, les réseaux sociaux permettent de s’appuyer sur des forces individuelles ou collectives. Dans ces réseaux, certaines « têtes de nœuds » apportent une visibilité bien supérieure. Une effervescence positive s’enclenche si les bonnes personnes sont touchées par le contenu et à chaque instants les rebonds repoussent toujours plus loin les limites de la découverte. Un message se propage alors infiniment.