Utiliser les outils du numérique pour recruter, mais aussi au quotidien dans l’entreprise pour améliorer le bien être des salariés ou permettre à chacun d’interagir et d’évoluer, telle pourrait être la définition de l’e-RH. Présentation de quelques pépites du secteur.

Avec 10,2 % de chômage en France en avril 2016, une loi travail qui fait débat, l’arrivée sur le marché des générations « digital native » Y et Z, et les chamboulements induits par le numérique, les entreprises ont du boulot côté ressources humaines : qu’il s’agisse des procédures de recrutement, de la manière de trouver des recrues, du bien être au sein d’une société, de l’évolution de carrière, du dialogue interne ou de l’acquisition et du partage de compétences, « la diversité des sujets RH est immense », confirme Antoine Aubois, cofondateur d’Akoya, un cabinet de conseil spécialisé dans les ressources humaines.

« Les RH sont face à une transformation digitale, comme tous les autres secteurs de l’économie », poursuit Antoine Aubois. Mais suffit-il d’utiliser les technologies de l’information et de la communication dans le cadre de la gestion des ressources humaines pour être estampillé « e-RH » ? Pas si simple. L’e-RH se définirait plus comme le fait d’évoluer dans une entreprise, grâce au concours de chacun, et par le biais des outils technologiques. Pour résumer, la e-RH ne concerne pas uniquement les ressources humaines, mais l’ensemble des collaborateurs d’une même entreprise.

Antoine Aubois entre dans les détails : « Comment la transformation digitale impacte les RH ? Grâce aux outils qui permettent aux recruteurs de travailler plus vite ; les RH doivent aussi accompagner et anticiper les transformations de l’entreprise et l’apparition de nouveaux métiers ; enfin, il s’agit pour les RH d’améliorer la vie digitale des collaborateurs. »

Pour voir plus clair dans le secteur des très nombreuses start-up des ressources humaines, le cabinet Akoya a lancé Start you up, un événement qui permet à de jeunes entrepreneurs du secteur de se présenter devant de grands groupes. Face au succès de la première édition, Akoya a renouvelé l’expérience le 16 juin dernier, avec le soutien de Google for work. En ressort une sélection de jeunes pousses dans chacun des grands domaines, car « les RH n’ont pas tous les mêmes questionnements. » Le panel n’est pas inintéressant.

Recruter grâce aux réseaux

Aspect le plus évident, le recrutement. Dans cette sélection, il est représenté par 365 Talents, GoldenBees et Kudoz.

Le rapport Accenture Technology Vision 2016 indiquait que 38 % des dirigeants avaient des difficultés à recruter les bons profils ; 53 % rencontreraient des difficultés à recruter les collaborateurs issus des générations Y et Z, soit les jeunes nés entre la deuxième moitié des années 1980 et le début des années 2000.

La particularité de ces deux générations ? Ils sont ultra connectés, même pour décrocher un emploi. Ainsi, l’étude Edhec-Job teaser publiée le 26 mai dernier, montre que 90 % (contre 84 % en 2014) des étudiants ou jeunes diplômés ont au moins un réseau social professionnel (LinkedIn, Viadeo…). Pourtant, seuls 6 % d’entre eux ont trouvé leur premier stage par ce moyen, mais 24 % ont eu leur stage grâce aux sites RH des entreprises.

Formation et qualité de vie

C’est la version pro du Mooc, le Cooc (corporate open online course) permet aux employés de se former tout au long de la carrière et à moindre coût pour l’entreprise. En vigueur depuis le 1er janvier 2015, la réforme de la formation professionnelle a accéléré le déploiement de ces dispositifs d’apprentissage sur ordinateurs, tablettes, smartphones. Grand vainqueur : Unow, éditeur de Mooc et de Cooc depuis 2013.

Au-delà de la formation, des outils sont mis à disposition des entreprises afin d’aiguiser la connaissance que l’on peut avoir d’un salarié. Ainsi, Clustree analyse des données pour délivrer des propositions de formations ou de postes.

Enfin, et non négligeable : la qualité de vie au travail. Pour éviter “burn out”, “bore out” et autres mécontentements au sein de l’entreprise, des start-up proposent des outils d’évaluation de la qualité de vie des salariés, comme Wittyfit.

Akoya a profité de la soirée Start you up pour annoncer le lancement d’Akoya Disrup, un outil original qui permet aux entreprises de réfléchir ensemble sur des thématiques. Objectif final : proposer un prototype, utilisable par tous, pour améliorer le fonctionnement des entreprises. Le premier thème pour ouvrir le bal de la disruption est la collaboration. Des start-up ont d’ailleurs été reconnues dans ce domaine, comme Zewaow et Lumapps. Avec 2 milliards d’euros d’investis en 2015 dans le secteur de la RH Tecg, ces start-up ont du travail en perspective.

1. Unow : éditeur de Mooc et de Cooc depuis 2013
2. Kudoz : le Tinder du recrutement depuis 2013
3. Clustree : analyste de données depuis 2013
4. Talentoday: Test de psychométrie depuis 2015
5. Wittyfit : mesure la qualité de vie au travail depuis 2015
6. GoldenBees : Publicité programmatique pour mieux recruter, depuis 2015
7. Zewaow : Outil d’entraide au travail, depuis 2015
8. Lumapps : portail collaboratif pour centraliser les applications depuis 2012