Selon une étude menée par le think tank libéral Institut Sapiens, cinq professions sont menacées de disparition par l’intelligence artificielle, la robotisation et la numérisation. Plus de 2,1 millions d’actifs sont directement concernés par la disparition de leur emploi.

Il n’y a pas que les animaux qui sont menacés d’extinction. Dans notre monde de plus en plus robotisé et numérisé, les emplois aussi sont menacés. Et certains plus que d’autres. C’est l’avis du think tank libéral Sapiens, fondé par Laurent Alexandre. Dans son étude « L’impact de la révolution digitale sur l’emploi » publiée mardi 21 août, le groupe de réflexion révèle les cinq professions les plus menacées de disparition : employé de banque et d’assurance, comptable, manutentionnaire, secrétaire et caissier.


Au total, 2,1 millions d’actifs « ont une forte probabilité de voir leur emploi disparaître dans les prochaines années », indique l’étude dévoilée hier par Le Parisien. Alarmiste ? Pas forcément. L’Institut indique en préambule de son étude : « La diffusion d’une innovation dans une économie provoque la disparition de certains métiers et en fait émerger de nouveaux. »

Pour réaliser son rapport, l’Institut Sapiens s’est appuyé sur les données de la Dares (le service de statistiques du ministère du Travail) en prenant en compte les métiers directement menacés par une technologie. Principale coupable, l’automatisation. Une quinzaine de postes ont ainsi été listés comme ayant des tâches automatisables. Ces professions ont été confrontées à la diminution de leurs effectifs sur les trente dernières années. Par exemple, le pourcentage d’employés de banque a chuté de 40% entre 1986 et 2016 en faisant le premier métier à risque dont l’Institut prévoit la disparition pour 2050, peu de temps avant celle des comptables prévue pour 2056.

Mouvement inexorable

Autre élément pris en compte, comme l’indique aux Echos Erwann Tison, macro-économiste et directeur des études à l’Institut Sapiens : le coût de la main d’œuvre. « Plus le coût [de la main d’œuvre] est faible, moins l’intérêt de remplacer le travailleur par une machine est élevé. »

Deux projections ont été calculées : une première plus optimiste qui poursuit tranquillement la courbe actuelle, et une deuxième plus pessimiste qui accentue la tendance à la destruction d’emplois. Et c’est donc un mouvement inexorable que l’Institut présente dans son rapport : « S’il existe une alternative technologique à un emploi humain, celle-ci sera systématiquement choisie, dans une optique de gain de productivité. Le mouvement de remplacement de l’homme par la machine est favorisé par le mouvement cyclique suivant : l’automatisation génère de la croissance par une augmentation des gains de productivité, et la croissance génère à son tour de l’automatisation par l’augmentation des salaires qui engendre une incitation à automatiser. »

Banque, assurance, comptabilité

Comme vu à l’instant, les employés de banque sont les premiers concernés. En 2050, leur profession aura disparue, selon l’Institut Sapiens. Ils étaient 356 000 en 1986, trente ans plus tard, en 2016, les effectifs avaient fondu à 221 000, soit 39% de moins. Premier indice de cette pente irréversible : la fermeture progressive des agences bancaires.

Même constat chez les assureurs et les comptables. Ces derniers ont déjà vu disparaître les aides-comptables dont le travail consistait en l’inscription sur les chèques des montants. En trente ans, 10% des effectifs ont disparus. Pour le rapport, la tendance est à « l’externalisation ».

Secrétaires, caissiers et ouvrier de manutention

Depuis 1986, le nombre de secrétaire ne cesse de baisser passant de 765 000 il y a trente ans à 560 000 en 2016. Si leur disparition est calculée à 2072, il serait prudent de relativiser un tel résultat. En effet, cette profession était menacée de disparition dès l’arrivée de l’informatique dans les bureaux.

Si le nombre de caissiers a augmenté depuis 1986, la courbe repart à la baisse depuis les années 2000. L’arrivée des caisses automatiques a en effet entraîné une baisse de la masse salariale.

Enfin, la disparition des ouvriers de manutention est prévue pour 2071, voire 2091. Si le métier a vu la diminution de 17% de ses effectifs en trente ans, la profession reste plus qu’utile aux géants tels qu’Amazon.