73% des Françaises déclarent avoir déjà été victimes d’harcèlement ou de discriminations lors d’un déplacement professionnel selon SAP Concur. Les voyageuses signalent des niveaux élevés de sexisme lors de leurs voyages d’affaires.

Le week-end dernier, le hashtag #ubercestover a fait du bruit sur Twitter. Des femmes ont dénoncé sur la toile via ce mot d’ordre, les harcèlements et agressions physiques et sexuelles dont elles ont été victimes auprès de chauffeurs Uber. Beaucoup de ces récits sont ceux de jeunes femmes qui rentraient de soirée, rappelant à quel point se déplacer la nuit est risqué pour une femme, même lorsque l’on pense être protégé derrière les vitres d’une berline. 


Et même pendant leurs déplacements professionnels, les femmes ne sont pas tranquilles. SAP Concur révèle les résultats de son étude mondiale sur les préoccupations et le sentiment de sécurité des voyageurs d’affaires.

Ainsi, les voyageuses signalent des niveaux élevés de harcèlement et de sexisme lors des déplacements. En France, 73% d’entre elles déclarent avoir été victimes de harcèlement, de discrimination ou de mauvais traitements lors de déplacements professionnels. Un harcèlement encore plus présent en fonction de l’âge et qui touche 3 femmes sur 4, lorsque l’on interroge les 25-39 ans. Par exemple, il est demandé aux femmes si elles voyagent avec leur mari (38 %), elles sont ignorées par le personnel de service (28 %) ou sont sifflées (26 %). En parallèle, 32 % des 25-39 ans ont déjà été ignorées par le personnel de service, contre 17 % pour les baby-boomeuses.

Plus généralement, les voyageurs se sentent souvent en danger. Parmi les répondants, 2 Français sur 5 disent avoir déjà changé les modalités de leur voyage parce qu’ils ne se sentaient pas en sécurité sur le lieu de leur déplacement. C’est la génération Z qui est la plus sensible à l’actualité : au cours des 12 derniers mois, 41 % des voyageurs d’affaires de ce groupe d’âge ont réduit leurs déplacements en raison de troubles politiques ou de risques pour la santé sur place.

96% des voyageurs d’affaires cachent leur identité sexuelle

Par ailleurs, si les entreprises s’entendent sur l’importance de la sécurité durant un voyage d’affaires, 32 % des employés estiment que leur propre sécurité est le facteur le plus important à considérer lors d’un déplacement. Ainsi, une grande majorité des voyageurs d’affaires français (80 %) sont disposés à partager des informations personnelles (nom, prénom, adresse mail, etc…) pour améliorer leur expérience de voyage d’affaires.

Les voyageurs français LGBTQ+ cachent, quant à eux, des aspects de leur identité lorsqu’ils voyagent pour le travail. En France, 96 % des voyageurs d’affaires déclarent cacher leur orientation sexuelle lors d’un voyage d’affaires afin de préserver leur sécurité. Près de la moitié (46 %) concerne les voyageurs LGBTQ+ qui ne se sentent ni en sécurité ni aptes à conclure des affaires s’ils révèlent leur orientation sexuelle. Le monde du business à encore de gros progrès à faire.