La pandémie du COVID-19 a bouleversé notre société et révélé la fragilité du système face aux aléas de la nature. Elle accélère les changements sociétaux et économiques au point que la question du monde d’après s’est aujourd’hui installée comme une toile de fond dans la littérature et les esprits.

 


Ce monde d’après, pour autant, il n’en existe pas de définition établie. Certains termes et concepts ont le vent en poupe : responsabilité, relocalisations, impact, frugalité… Au cœur de ces mutations, chacun – salarié, consommateur – est appelé à revoir son rôle dans la société. Il en va de même pour les entreprises dont on attend qu’elles prennent leurs responsabilités au niveau économique, social et sociétal.

Le rôle des entreprises est une question qui prend d’autant plus de sens à l’heure de la Semaine du Développement Durable et du plan « France Relance ». Si elles ne sont pas seules à pouvoir faire bouger les lignes, elles sont essentielles pour initier la reprise de l’économie et concomitamment, contribuer à l’atteinte des 17 objectifs de développement durable (ODD) définis par l’ONU d’ici 2030.

Se poser la question du rôle économique, social, sociétal et environnemental à jouer dans les prochaines années pour une entreprise n’est pas une question pour faire joli. Ces interrogations ont des répercussions croissantes sur sa compétitivité, son organisation et son attractivité. En 2019, deux tiers des millennials interrogés ont ainsi déclaré aspirer à travailler pour une entreprise ayant un impact positif sur le monde. Cette tendance de fond modifie depuis plusieurs années le rapport des jeunes générations à leurs employeurs et ses effets ne feront que s’accélérer. La crise a mis en lumière la nécessité d’agir qui s’impose aux entreprises et à leurs dirigeants, au point que 61% des Français souhaitent que « les CEOs soient leaders du changement ». Mais pour avancer, ce sont bien tous les collaborateurs qu’il faut mobiliser.

Transformer son entreprise pour accroître son impact positif, ce n’est pas seulement construire le monde de demain. C’est également participer à construire le « futur du travail ».

Si les réflexions sur le « futur du travail » se concentrent habituellement sur l’impact des nouvelles technologies sur les emplois, nous sommes convaincus que le futur du travail sera enraciné dans le sens, et qu’il est intrinsèquement lié au développement d’une économie durable. Aux entreprises de relever le défi de leur propre transformation, en s’engageant rapidement et durablement dans des actions concrètes qui rendront demain possible et meilleur pour tous.

Quels sont les engagements concrets à prendre par chaque entreprise pour dessiner à son échelle le futur du travail, en termes d’organisation, de moyens de production, de positionnements de marché, de gestion des équipes, de choix des outils et des modes de travail, de choix d’investissements… ?

Nous avons réuni une dizaine d’entreprises membres de l’AmCham France en collaboration avec l’ESSEC Business School pour formuler douze recommandations ambitieuses et concrètes dans un livre blanc. Elles se basent sur 3 partis-pris principaux :

 

1. C’est à l’entreprise de donner du sens au travail au risque d’être boudée par les talents de demain. Pour donner du sens au travail, elle doit définir son impact positif social et environnemental avec la loi PACTE notamment, repenser la mesure de la performance des salariés, faire émerger les leaders responsables et insuffler l’action au quotidien.

2. La mise en place des nouveaux modes de travail doit être accélérée pour gagner en impact positif et en performance durable. L’entreprise, en s’appuyant sur l’État et les Institutions d’Éducation, doit former aux métiers d’une économie durable, mettre l’agilité au service du sens, démocratiser le don de compétences. Elle doit aussi repenser l’organisation de ses locaux à l’heure du télétravail généralisé notamment pour favoriser le lien entre les équipes.

3. L’innovation doit être responsable. L’entreprise doit s’engager dans l’économie circulaire, créer des écosystèmes responsables et créer des alliances avec d’autres entreprises, faire de la diversité un levier d’innovation et repenser son pacte social.

 

Nous sommes mus par l’idée que demain, plus encore qu’aujourd’hui, la définition de la valeur doit évoluer. La valeur créée par les entreprises ne peut plus être seulement financière. Elle doit s’enrichir de valeurs humaines. La croissance économique ne pourra se faire qu’en répondant aux exigences environnementales et sociétales qui sont les nôtres.

Le futur du travail n’est pas une question d’outil. C’est une question de sens. Et ce sens a 3 dimensions : la dimension individuelle, qui vient du sens que chacun trouve dans son travail quotidien ; la dimension collective et organisationnelle d’une entreprise qui doit permettre à chacun d’exprimer son talent à tous les niveaux ; et la dimension sociétale qui ancre une entreprise dans une démarche responsable et durable au long cours. Faire coïncider ces trois dimensions est, pour nous, l’objectif ultime du futur de travail.

A chaque entreprise de s’engager pour le futur du travail et pour un impact positif dès maintenant !

 

Le livre blanc « Futur du travail : engageons-nous pour un impact positif » est à retrouver sur le site de l’AmCham France :

http://amchamfrance.org/publication/futur-du-travail-engageons-nous-pour-un-impact-positif

Karien van Gennip, CEO chez ING en France

Julien Assouline, Vice President chez Capgemini Invent en charge des Services Financiers

Bijan Eghbal, Partner chez DLA Piper et Président de l’AmCham France