Trouver et garder les « hauts potentiels » est la préoccupation de toute entreprise. Faire du lieu de travail un endroit confortable et fun est une façon d’attirer de futurs talents et de les empêcher de regarder ailleurs. Au-delà des hauts salaires et gros bonus, offrir des horaires de travail flexibles et beaucoup de vacances est un moyen d’améliorer le bien-être au travail.

Remote.co (une plateforme de recherche sur le travail)  vient de publier un rapport sur les entreprises qui ne plafonnent pas le nombre de jours de congés que chaque employé peut prendre. Que peut-on en tirer ?

Offrir aux employés la possibilité de décider d’eux-mêmes de combien de jours de vacances ils ont besoin est une approche libérale au bénéfice de l’employé. Et « cette confiance est bien placée », dit Noah Callaway, co-fondateur et associé de Apsis Labs, une société de développement de logiciel basée à Seattle depuis 3 ans et dont les clients sont des grands noms. « Je fais confiance à nos salariés pour être justes » dit Callaway, dont l’entreprise ne compte que 7 personnes. « Dans une petite entreprise, nous avons besoin de personnes de confiance ». En moyenne, les employés prennent entre 3 et 4 semaines de vacances par an. Un accord  existe au sein de l’entreprise pour que les vacances ne soient pas prises au moment d’une livraison d’un produit à un client. Mais l’accent est mis sur le besoin de se reposer et de décompresser ; ainsi Apsis oblige-t-elle son personnel à prendre au moins 3 semaines de vacances par an. « Les gens sont plus productifs quand ils peuvent travailler longtemps et de façon concentrée », dit Callaway. « Donner aux gens la capacité de couper de l’entreprise et de recharger leurs batteries, notamment mentales, les aide à être productifs et concentrés lorsqu’ils reviennent ».

Une telle politique de congés peut paraître luxueuse. Mais peut-être est-ce un a priori américain ?

Selon Brie Reynolds, senior consultant chez Remote.co, les employés américains touchent le fond du classement mondial en ce qui concerne le temps de vacances accordé au monde industriel. « L’idée que les vacances illimitées responsabilisent les employés semble prouvée. L’un des effets de bord intéressants dont plusieurs sociétés interviewées par Remote.co nous ont fait part est que les employés ont tendance à n’en prendre pas assez plutôt que trop. Ainsi, certaines compagnies ont dû créer un nombre de jours de vacances minimum ».

De façon à vraiment ancrer le temps de repos, une des entreprises de la liste a essayé d’empêcher ses employés de travailler pendant leurs congés. Elite SEM, une compagnie de marketing digitale basée à New York depuis 13 ans et employant 170 personnes, a changé les mots de passe de ses employés pendant qu’ils étaient en vacances afin qu’ils ne puissent ni se connecter, ni recevoir ou envoyer de mails. Son PDG Ben Kirshner a mis en place les vacances illimitées au lancement de son entreprise. « Je pense que les gens apprécient la flexibilité et l’absence de micro management » a-t-il dit à Forbes. « Nous n’avons jamais eu personne qui a abusé, donc nous n’y avons quasiment pas touché depuis 2004 ».

Laissé la gestion de son temps de vacances aux salariés est très bien, parfait pour les petites entreprise où tout le monde se connait et les absences sont prégnantes. Mais est-ce envisageable dans les grandes entreprises ? Il semblerait que OUI.

De grandes organisations de renom comme Netflix, LinkedIn et Grubhub ont adhéré à cette politique de vacances illimitées. « La clé est de s’assurer que les managers ont bien compris cette politique et encouragent les salariés à prendre leurs congés » dit Reynolds. « Et précisément dans ces grandes entreprises, ces stratégies peuvent aider à alléger la charge des congés payés et autres RTT, qui peuvent varier d’un pays à l’autre ».