Le volume d’affaires généré par les entreprises de l’événementiel a dépassé l’année dernière les 64 milliards d’euros, représentant un pan entier de l’économie dont paradoxalement peu de chiffres filtrent.

Si l’on sait que la France est leader du marché des organisations de salons, qui attirent chaque année près de trente millions de curieux, les autres aspects de la profession sont rarement évoqués.

Le secteur de l’événementiel comprend différentes niches qui se partagent le gâteau ; des festivals aux foires en passant par les séminaires ou les garden parties privées, la déclinaison hétéroclite du marché est intéressante à analyser.

Si tous ne sont pas aussi rentables, le dernier volet, relativement intimiste, véritable entre-soi qui aime la discrétion, ne connaît pas la crise. Peu ou pas de chiffres officiels, carnets de commandes remplis parfois douze mois à l’avance, mais tenus parfaitement confidentiels, l’événementiel de luxe est un aspect à part et totalement indépendant des autres strates.

Il faut dire qu’à l’instar des autres entreprises du secteur du luxe, elle est à l’abri des affres de la morosité économique.

Domaine qui se développe depuis plusieurs années, la création d’événements privés est aujourd’hui un modèle économique qui fait rêver. Certaines entreprises se sont spécialisées dans le « sur-mesure ». Du concept de l’événement à la décoration florale en passant par le design des décors, elles sont capables de proposer des soirées sur commande, dans l’esprit haute couture.

Des lieux et des périodes adéquats

Sans surprise, les deux zones géographiques en France particulièrement concernées par ce type d’événements restent la capitale et la Rivieira, et la période la plus emblématique, celle courant de mai à août. La saison commence avec le festival de Cannes et ses soirées en marge qui attirent les stars du monde entier, de Kate Blanchett à Nicole Schwerzinger, en passant par Léonardo DiCaprio ou John Travolta.

Le FIF est la période rêvée pour les maisons de haute joaillerie ou de prêt-à-porter, leur permettant de choyer leurs clients privilégiés et faire valoir leur image de marque en organisant des événements démesurés qui feront la couverture des magazines people ou spécialisés. Dernière en date et aussi réputée que convoitée, la soirée organisée par le joaillier De Grisogono, au non moins célèbre Grand-Hôtel du Cap – Eden Roc.

Chaque année, la maison genevoise cherche à en faire un évènement phare du festival.

Cette année, pour ses 25 ans, elle s’était même offert un second temps, cette fois-ci encore plus privé, dans une villa du Cap d’Antibes qui comptait moins de 300 convives, parmi lesquels Alessandra Ambrosio, Paris Hilton, Chris Tucker ou encore Maria Borgis.

Carousel des années 1920, tapis rouge, 600 bougies, décor sur-mesure et mobilier Art-Déco, la maison ALI BAKHTIAR DESIGNS, société d’événementiel basée aux Émirats et spécialiste des événements haut de gamme, avait pour tâche de « conserver l’esprit cabaret, en y ajoutant une touche de folie sobre » confie son fondateur. Ali BAKHTIAR sait que son domaine n’est pas près de connaître la crise. Visionnaire, depuis plus de quinze ans, ce designer de formation applique les codes de la démesure à l’ensemble des événements qu’il organise. Mariages, baby showers, soirées de gala, anniversaires, il sait y mêler un jeu subtil de lumières, de supports, d’agencement et de décors.

Une véritable économie circulaire

Ce que l’on sait moins, c’est que derrière chaque événement monté de toutes pièces par une société mandatée par un client tout aussi exigeant que glamour, une cohorte entière de PME gravite.

Ingénieurs sons, monteurs, fleuristes, loueurs de mobiliers, disc-jockey, traiteurs, parfois même frigoristes, c’est une économie circulaire complète qui se développe autour de l’organisation de l’événement.

La mise en place d’une soirée d’anniversaire pour 200 convives peut drainer jusqu’à 90 intervenants qui veillent à prévenir le moindre écueil.

Et la saisonnalité de l’activité n’est pas en soi une problématique. Certains évènements peuvent nécessiter des mois d’organisation, et le perfectionnement des aspects requis par le client rend parfois la tâche complexe.

Mais les données sont éloquentes ; une croissance annuelle à deux chiffres, et des parts de marché en sous-traitance en constante augmentation depuis 5 ans pour la quasi-totalité des entreprises apportant leur concours à l’organisation d’événements haut de gamme.

Preuve, s’il en est une, que parfois, la théorie du ruissellement fonctionne.