La dernière Bugatti Chiron avait établi un nouveau record mondial du temps le plus court pour une voiture de production avec une accélération à 400 km/h pour revenir à l’arrêt en 41,96 secondes.

Peu de temps après, un autre modèle sportif a repoussé le record mondial que Bugatti conservait depuis des années.

 

 

C’est la Koenigsegg Agera RS qui a atteint une moyenne de 447 km/h sur un parcours de 16 km d’autoroute à Las Vegas, en deux “aller-retour”. C’est au-dessus de la vitesse moyenne de 431 km/h atteinte par Bugatti en 2010 avec la Veyron Super Sport. Mais la Bugatti Chiron n’a pas encore essayé de réitérer l’exploit du constructeur suédois. Bugatti a indiqué que cet essai aurait lieu l’année prochaine sur la piste Ehra Lessien jalousement protégée par Volkswagen à Wolfsburg, en Allemagne.

La course aux records entre ces deux sportives ne fait que commencer. Il est probable que la Bugatti Chiron surpasse la Koenigsegg : avec son moteur de 1500 chevaux et ses 16 cylindres, elle a une vitesse maximum, bridée de 420 km/h. Débridée, en revanche, elle pourrait décoiffer jusqu’à 463 km/h.

J’avais prévu un essai de la Bugatti Chiron, par coïncidence la même semaine que le nouveau record de Koenigsegg. Il devait avoir lieu sur les routes de Greenwich, Connecticut et non pas sur un circuit, ce qui m’empêchait d’approcher les vitesses démesurées dont est capable ce bolide. Mais cette sortie allait me montrer à quel point cet engin est étonnante au milieu du trafic.

Mon copilote dans la Bugatti était Butch Leitzinger, un ancien pilote de course de Pennsylvanie qui a participé aux 24 heures du Mans. J’étais entre de bonnes mains. Mais serait-ce réciproque ? La dernière fois que j’avais testé une Bugatti (la Vitesse, il y a quelques années), il était déjà mon copilote et j’avais fait un tonneau mémorable au Motor Club de Monticello, nous faisant à tous deux une bonne frayeur. Nous ne sommes pas rentrés dans le décor mais c’était impressionnant.

J’étais donc un peu inquiet à l’idée de le revoir. Qu’allait-il me dire ? Accepterait-il seulement de me laisser monter dans la voiture ? Mais toute tension s’est évaporée dès que nous nous sommes serrés la main. Nous avons ri de notre dernier parcours et je me suis détendu, je lui ai dit que je m’étais calmé ces dernières années et ça lui a suffi.

J’ai un peu l’habitude des Bugatti. En plus de la vitesse, testée avec Leitzinger, j’avais conduit la Veyron à son maximum de 408 km/h en 2009 et quelques années plus tard, je suis allé jusqu’à 319 km/h dans la Veyron Super Sport sur une route d’Espagne, près de Séville.

Mon essai de la Chiron était un peu surréaliste. Leitzinger a d’abord pris le volant, puis nous avons changé de sièges. Dans le trafic de l’autoroute I-95, elle se comporte aussi bien que toute autre voiture, avec cependant une suspension plus rigide. Fenêtres ouvertes, on entend le doux grondement des 1500 chevaux, prêts à donner tout ce qu’ils ont. Mais je n’ai pas “cédé” à la tentation. Au contraire, j’ai même gardé la voiture en mode automatique tout le trajet, sans passer au mode “sportif” et je ne suis jamais allé au-dessus de 130 km/h. J’ai conduit comme une vieille dame, ne voulant pas faire peur à Butch Leitzinger ou abîmer ce bijou à 2,5 millions d’euros.

Faire un essai sur une piste vide est une chose mais conduire en trafic dense, avec tous les autres automobilistes bouche bée devant l’exotique bolide que je pilote, en est une autre. Plus d’un conducteur s’est approché un peu trop parce qu’il ne regardait pas la route.

Quand nous nous sommes arrêtés sur le parking de Miller Motorcars, j’étais impressionné et soulagé à la fois, je pense que Leitzinger aussi ! Je lui ai demandé comment je m’étais débrouillé et il a ri : « C’était très bien. On est revenu sans un grain de poussière sur la voiture, pas comme la dernière fois ».

La production de la Bugatti Chiron est limitée à 500 exemplaires. Plus de trois cents ont déjà été achetés par des stars et de riches personnalités. Je rêve d’en avoir une.