Se lever du mauvais pied, un trouble de l’humeur que certains connaissent, mais aussi un mal bien français qui se traduit par un côté grognon, voire grincheux et qui nourrit notre réputation de peuple pessimiste. Est-ce un hasard si nous sommes incapables de découvrir nos dents du haut lorsque nous sourions ? Notons simplement un des points qui nous différencie des Américains : ils savent offrir des sourires ultra-bright et un état d’esprit fondamentalement positif, tout simplement parce qu’ils font preuve d’un optimisme à toute épreuve et qu’ils considèrent que cela doit se voir. 

Les effets de l’optimisme et de l’attitude positive sur notre santé mentale et physique mais aussi sur notre bien-être tout entier, ne sont plus à démontrer. L’optimisme change nos vies et ce n’est pas Shawn Achor, auteur du livre The Happiness Advantage qui nous dira le contraire, lui qui a passé 12 ans de sa vie à étudier le bonheur à l’université d’Harvard.

A l’entendre, nous détenons le pouvoir magique de façonner notre existence simplement en lui donnant une tonalité positive. L’optimisme serait une habileté qui se travaille, à condition de le vouloir. À nous de virer notre cuti, de changer de focale, de préférer la vision « bouteille à moitié pleine » et d’opter pour ce biais porteur d’espoir, car c’est le  tribut à payer pour nous façonner des jours heureux.

 

Optimisme

 

D’après Jean-Émile Charon, physicien chercheur sur la relativité d’Einstein et philosophe, « Le monde n’est pas, il est ce qu’on pense de lui ». Ce qui, par extension voudrait dire que nous sommes ce que nous pensons être, ou en d’autres termes que nous sommes notre propre miroir déformant. Et s’il suffisait d’imaginer que nous sommes les meilleurs dans le meilleur des mondes, pour devenir les meilleurs… Le pouvoir de la pensée positive semble phénoménal, les études menées sur le sujet nous disent que les gens heureux et optimistes sont moins stressés pour 23% d’entre eux, plus heureux pour 39%, plus productifs pour 31%, et qu’ils suscitent des interactions sociales positives pour 34% d’entre eux. Alors pourquoi ne pas tenter notre chance !

Voici comment commencer dès aujourd’hui à colorier votre vie :

1°/ S’autoriser à être heureux

Se débarrasser de ses biais négatifs et mettre un pied à terre le matin en s’obligeant à accueillir la journée qui vient comme un cadeau, en faisant preuve de gratitude mais aussi en s’aidant d’une pensée enthousiaste. Le premier exercice concret pourrait être : s’approprier une sagesse, se raccrocher à une citation positive aidante ou s’inventer une devise… :

« La bonne humeur est le paradis dont chacun dispose et qu’il peut distribuer à l’entour à l’infini ». Marcel Jouhandeau

« Yes we can ». Barack Obama

Arrêter de voir des difficultés partout,  arrêter de supputer un horizon sombre et sans issue, ne plus traiter ses échecs et ses erreurs comme des cataclysmes mais plutôt comme des opportunités de progression. Ainsi, le mieux que nous puissions faire, c’est accepter ce qui nous arrive en nous obligeant à l’APP, (l’attitude permanente positive), en portant de nouvelles lunettes pour voir la vie en rose. Telle est la clé pour renouer avec le bien-être au travail et le bien-être tout court.

Notre cerveau préfère-t-il les bonnes nouvelles aux mauvaises ? Une équipe de chercheurs menée par Stefano Palminteri (Inserm-ENS), lauréat du programme ATIP-Avenir, du Laboratoire de Neurosciences Cognitives a répondu à cette question et a mis en évidence deux profils distincts : les optimistes et les réalistes. Ces études ont démontré que l’activité cérébrale enregistrée est deux fois plus importante chez un sujet optimiste que chez un sujet réaliste.  

Ainsi, ce biais d’optimisme aurait une incidence forte sur nos comportements et assurerait un fonctionnement cognitif plus efficient à la différence de ceux qui en seraient dépourvus parce que mus par un biais purement réaliste. L’optimisme opère comme un désinhibiteur de l’action et c’est en cela qu’il nous intéresse. « Les gens qui cultivent une mentalité positive sont mieux équipés pour faire face aux défis », faisait encore remarquer Shawn Achor dans la Harward Business Review en 2012.

optimisme

2°/ S’abonner à l’enthousiasme

Cet élan vital est ce qui nous fait déplacer des montagnes,  surmonter les obstacles, nous assigner de grands desseins. Attribut de l’enfance et signe d’une jeunesse de l’âme, l’enthousiasme composante de l’optimisme, nous incite à la joie.  Il est une euphorie épicée de candeur et permet quelques emballements du cœur là où la raison les canalise. Sans compter que « l’enthousiasme est une maladie qui se gagne », Voltaire, Lettres philosophiques de 1733, et qui est aussi contagieuse qu’une maladie infectieuse. Regardons dans les entreprises, la loi du miroir aidant, si dans un service vous avez un grincheux, tout le service est grincheux ou un taciturne et toute l’équipe devient atrabilaire. Si cet enthousiasme pouvait servir à éradiquer tous les « Ça va comme un lundi », les jours suivants de la semaine n’en seraient que plus productifs. Raison de plus pour se mettre en marche vers l’optimisme.

3°/ Transmuer le négatif en positif

Comment s’inscrire dans un mouvement de désir et d’optimisme si nous formatons notre cerveau avec des mots noirs, tristes, freins, barbelés ou édulcorants ? Notre langage verbal n’est pas neutre, il en dit long sur notre façon d’appréhender le monde extérieur. Laissons au vestiaire les « On est mal patron ! », les « J’ai un problème ! » ou les « Petits soucis… » et interdisons-nous de parler négativement puisque le cerveau ne retient pas le négatif. Ainsi nous ne dirons plus : « Je ne veux plus de réunions chronophages. » Mais plutôt : « Je veux des réunions productives. » Ces expressions « bouteille à moitié vide » sont les stigmates d’une certaine morosité ambiante et du négativisme rampant qui sévit un peu partout. Les : « Tu n’es pas vilaine… », « C’est pas mauvais ton truc… », « C’est pas mal ton sujet… » additionnés aux observations sur les carnets de notes de nos chères têtes blondes : « Touche le fond… », « Insuffisant… », « Nul… » marquent les esprits au fer rouge et expliquent pourquoi nous sommes si peu enclins à dire « Youpi Rintintin » !

Récemment, une étude a permis de démontrer que le langage utilisé sur Twitter permettait d’estimer la mortalité due à une maladie cardiaque. Le langage de l’optimisme est associé à un risque plus faible de mortalité au sein d’une communauté donnée. 

4°/ Capter la préciosité de l’instant

L’ici et maintenant favorise le lâcher prise et permet l’acceptation de ce qui nous arrive. L’optimisme nous mène vers ce qui nous fait sentir en vie et fixe notre attention sur ce qui est : un joli paysage, une oeuvre d’art, un morceau musical, le visage d’un proche… Les chercheurs de l’université de Berkeley ont démontré que les sujets d’émerveillement diminuent les marqueurs inflammatoires appelés les cytokines, principales causes de maladies auto-immunes, maladies cardio-vasculaires, maladie d’Alzheimer et dépression.

« Ralentir, regarder, porter son attention sur la personne, sur ce que nous dit la personne, sur ce que nous voyons d’elle et ressentir la texture de la vie. » Ainsi parle le Lama Jampa Thayé  (intervention du 17/08/2017, France 2 , Sagesses Bouddhistes) pour expliquer la valeur de l’instant fugitif, car selon lui, seul le présent peut nous mener au bonheur.  Le futur et le passé sont porteurs d’illusion et d’ignorance car il nous projettent dans les affres de mirages inatteignables ou nous renvoient à des regrets inextinguibles.

Alors inoculons-nous une dose de positivisme quotidienne en faisant nôtre l’injonction de Spinoza : « Soyez joyeux et combattez la tristesse ! »

Souriez vous êtes filmés…

 

  1. Sagesse en exil, Lama Jampa Thayé
  2. Le pouvoir du moment présent, Eckhart Tolle
  3. Candide ou l’optimisme, Voltaire
  4. Lama Jampa Thayé : érudit maître de méditation des traditions Sakya et Kagyu du bouddhisme tibétain.