Cécile Plaisance est photographe. Son modèle favori est la Barbie qu’elle dénude grâce à un procédé lenticulaire.

Ses photos dévoilent des femmes qui sont multiples, encore trop souvent vues de manière stéréotypée par la société…

 

Cécile Plaisance explique être venue tardivement à la photo d’art. Après 10 ans dans la finance et dans la production audiovisuelle, dans un moment de difficulté, elle a choisi de se former aux techniques numériques de la photographie, « cette école de photo m’a sortie de mon marasme et m’a offert une opportunité que je n’avais jamais considérée avant. Lors de ma dernière exposition de fin de cycle qui était sur un thème libre, j’ai choisi de rendre hommage à Helmut Newton et ses femmes nues sous des imperméables. Au départ, j’avais choisi des modèles mais le rendu ne me convenait pas. j’ai vu des Barbies trainer, je les ai choisies comme modèles et le résultat m’a plu ».

 

Le salon, série The real life © Cécile Plaisance

 
Surprise pour Cécile Plaisance, ses photos ce jour-là se vendent. Elle a donc choisi de poursuivre l’aventure avec ses poupées en vacances sur la plage. « Je suis partie démarcher des galeries à Bruxelles et trois d’entre elles ont immédiatement accepté. La galerie Envie d’Art multiplie sa présence sur les foires, ce qui est une chance car cela m’a permis d’avoir une renommée internationale et d’être contactée par d’autres galeries » poursuit l’artiste.

Scènes de vie de femme libre,  scènes de vie extraordinaires,  très rapidement la photographe adopte et perfectionne la technique lenticulaire, afin de faire vivre ses poupées et montrer d’autres facettes de ce qu’elles sont, en dehors des clichés véhiculés par la société.
« Les féministes attaquent les Barbies alors que je m’en sers pour faire passer des messages féministes et anti-religion. On opprime la femme sous des aspects religieux qui sont insupportables. Le message est fort je l’espère, en même temps, il est ludique. Beaucoup d’artistes font des oeuvres profondes mais sans forcement songer à ce qu’elles soient accrochées à un mur. J’apporte tout le soin nécessaire à ce que mes tableaux soient beaux »

 

Oeuvre ” Smoking Burka “, Lens séries 2016 © Cécile Plaisance

Suite aux événements du Bataclan, le 13 novembre 2015, Cécile Plaisance a vendu une dizaine d’œuvres où ses poupées portaient la burka.  Ces tableaux, le public se les arrache, ainsi que ceux représentants les nonnes ou les pin-up. « Je n’arrive pas à concevoir l’idée qu’une femme sous une burka est totalement consentante de cette situation. Probablement je me trompe pour un certain nombre d’entre elles mais je ne peux pas le concevoir. Le message est simple, vous êtes des femmes comme toutes les autres, nous allaitons toutes notre enfant. Je crois que la sexualité doit être affirmée, on doit arrêter de subir la main mise des hommes qui contrôlent tout et considèrent les femmes comme des objets sexuels. La femme doit se libérer.  Dans la série intitulée  « La petite robe noire », j’ai souhaité montrer toutes les cultures et religions et surtout que les femmes sont toutes semblables. »

Avec un vrai mannequin cette fois, l’artiste a choisi de réinterpréter ses best-sellers lors de la dernière édition de Miami Art Basel début décembre. Les séries de tableaux de Cécile Plaisance sont à découvrir à Paris dans les galeries Opéra Gallery, Envie d’Art, Bel Air, K+Y.