Freedom Boat Club est né il y a plus de 30 ans aux États-Unis, et détient un concept résolument actuel et performant. Il s’est inscrit dans l’économie du partage, avant que celle-ci ne connaisse son essor exponentiel, et s’est irrésistiblement développé à vitesse grand V. Comme son nom l’indique, il propose de partager des bateaux et ainsi, d’ouvrir la navigation à un public plus large, tout en le libérant des contraintes liées à leur possession. Freedom Boat Club va bien plus loin qu’un « bateau partage », il est un système organisé, avec des prestations et des services pensés pour les plaisanciers, quelles que soient leurs envies et leur expérience. Après avoir conquis les États-Unis et le Canada, la franchise s’est lancée à l’assaut de l’Europe. Trois clubs ont déjà ouvert leurs portes en France, dont l’un à Carnon, près de Montpellier. Patrick Escoffier en est le propriétaire, et Chloé Galmes, la manager. Ils nous présentent ce concept original et inédit, en passe de bouleverser le marché de la navigation de plaisance.

 

Comment est né le concept Freedom Boat Club ?
Patrick Escoffier : Freedom Boat Club a été fondé en 1989 à Sarasota, en Floride. La vision et le but du modèle de ce Boat Club étaient simples et directs : il s’agissait d’offrir une alternative abordable à la propriété d’un bateau et de permettre une expérience de navigation de plaisance sans la contrainte d’entretien. Aujourd’hui, Freedom Boat Club donne à ses membres la possibilité de se rencontrer, de se détendre et se passer de bons moments entre amis ou en famille. Il propose, au prix d’une cotisation initiale et d’un forfait mensuel, un accès illimité à un parc de bateaux à travers plusieurs pays. Je suis passionné de navigation et de pêche. J’ai découvert ce concept pendant un séjour aux États-Unis, grâce à un ami de Sarasota. J’ai immédiatement été séduit ! J’ai alors naturellement souhaité les aider à s’implanter en Europe.

 

Dans quel contexte s’est déroulé l’export de Freedom Boat Club en Europe et en France ?
Patrick Escoffier : Freedom Boat Club compte plus de 250 bases en Amérique du Nord. Fin 2018, l’organisation a décidé de continuer son développement en s’intéressant à l’Europe, d’abord à cause de la taille du marché, ensuite parce que beaucoup de nos destinations sont très prisées des Américains. Les clubs allaient pouvoir offrir à leurs membres encore plus de lieux magnifiques où naviguer. Plusieurs bases ont été ouvertes en France et au Royaume-Uni. La récente acquisition de Fanautic Club a permis d’accélérer l’expansion européenne en ajoutant 23 sites en Espagne.
Il faut noter que, depuis quelques années, les boat clubs ont le vent en poupe ! Ce marché alternatif, à mi-chemin entre la propriété et la location d’un bateau, s’est radicalement transformé. On a observé des phénomènes de regroupements importants et rapides entre les acteurs principaux du secteur. Par exemple, Brunswick Corporation a racheté Freedom Boat Club en 2019, Beneteau a créé son boat club, des sociétés majeures du même domaine ont récemment engagé des investissements conséquents…

 

Selon vous, quelles sont les raisons de ce succès entrepreneurial international ?
Patrick Escoffier : Freedom Boat Club puise dans la croissance de l’économie de partage. Le réseau utilise un modèle qui ouvre à ses membres un accès sans frais supplémentaires à toutes ses bases. Par ailleurs, le marché de la navigation de plaisance est confronté depuis plusieurs années à un réel besoin de diversification des offres. En effet, les acteurs de la filière nautique commencent à proposer de nouvelles solutions de navigation, de nombreux plaisanciers cherchent à devenir des « nonpropriétaires » de bateaux, les ports de plaisance doivent conquérir de nouveaux clients… On observe dans tous les secteurs que l’économie de partage est en plein essor, ce qui entraîne un bouleversement des marchés traditionnels. Les nouvelles technologies renforcent et accélèrent ce phénomène. Des plateformes virtuelles prennent la place d’un secteur entier et mettent directement en contact les professionnels et les particuliers. Ces derniers profitent de services améliorés à des tarifs plus intéressants. Pour faire face à ce changement, de nombreux acteurs de la filière nautique se saisissent de cette opportunité et inventent des expériences de navigation différentes.
En périphérie de cela, on assiste à une mutation des ports de plaisance qui deviennent les hôtes involontaires de ces nouveaux services. Certains commencent à se soucier du manque d’encadrement de ces prestations et sont à la recherche d’alternatives comme les boat clubs, la location des bateaux entre particuliers, des solutions de financement de bateaux, etc.
Freedom Boat Club s’appuie sur sa propre plateforme informatique. Le groupe a choisi de s’implanter en France et en Europe avec des investissements ciblés comme la création d’un club près de Londres ou le rachat d’un boat club espagnol. Enfin, il a accéléré son développement grâce à son système de franchises qui a déjà démontré sa pertinence sur le marché américain.

 

Vous développez actuellement la franchise Freedom Boat Club en France et en Europe. Quels sont les critères d’implantation ou d’attribution d’un corner ?
Patrick Escoffier : Freedom Boat Club est à la recherche d’entrepreneurs actifs et enthousiastes qui ont une véritable passion pour le monde du nautisme. Notre entité dispense un service de haute qualité à ses membres, il est donc nécessaire que ce soit une exigence partagée avec les futurs franchisés. Coté implantation, tous les ports de plaisance de France sont éligibles, mais il vaut mieux favoriser ceux situés à proximité de grandes villes qui bénéficient d’une population suffisante pour faire vivre un boat club toute l’année.
Chloé Galmes : J’ai assisté au lancement du concept de boat club en France depuis 2018 et j’ai personnellement œuvré à la création d’un Freedom Boat Club à Carnon. Il y a une chose dont je suis certaine : ce modèle de franchise ne convient pas à un entrepreneur qui souhaite simplement accrocher une enseigne devant ses bateaux puis attendre que les plaisanciers affluent. Il faut être motivé pour lancer sa propre entreprise nautique, bien comprendre le modèle Freedom Boat Club et travailler assidument au développement du business et du réseau. À ce stade, je suis très contente d’avoir fait ce choix et j’envisage d’ouvrir un autre emplacement le long de la Méditerranée, dès que la situation sanitaire sera plus stable.

 

Quelles sont les innovations que vous développez et qui séduisent vos adhérents ?
Patrick Escoffier : Les membres du Freedom Boat Club ont accès à une grande variété de bateaux, sélectionnés par le franchisé en fonction des préférences et des conditions de navigation régionales. Les bateaux sont récents et bien équipés pour convenir à la pratique de toutes les activités de loisir sur l’eau (farniente, pique-nique, promenade, sport nautique, pêche…). Les membres peuvent effectuer leur réservation via une application mobile simple d’utilisation ou un système en ligne. Nous développons et améliorons cette plateforme informatique constamment.
Chloé Galmes : Nous adaptons en permanence tous nos services aux besoins de nos membres. Le club offre une prise en main de chaque type de bateau et du coaching à la demande pour toutes les activités de plaisance (circuits à proximité, pêche selon la saisonnalité, wakeboard, ski nautique, bouée tractée, plongée, etc.). Les membres peuvent faire connaissance lors d’événements festifs et de séminaires au port ou sur l’eau. Pour leur faciliter la vie, l’entretien, le nettoyage, la réparation et les démarches administratives sont effectués par le personnel du club. Notre but est que Freedom Boat Club soit accessible à tous, peu importe l’âge ou l’expérience de navigation !

 

Où pouvons-nous vous retrouver cet été ?
Chloé Galmes : Freedom Boat Club a ouvert plusieurs Boat Clubs en France, à Carnon, La Rochelle et au Cap-d’Agde. Le club de Carnon, proche de Montpellier, assure la formation des franchisés français et a également en charge le centre d’appels clients France.
Patrick Escoffier : Pour ceux qui voyageront hors de France, il y a une base en Angleterre et 23 en Espagne, ainsi que plus de 250 aux États-Unis et Canada. 

 

Freedom Boat Club a misé sur l’économie de partage, mais pas seulement… Son succès tient sans doute à quelques autres intuitions visionnaires en leur temps, et totalement d’actualité aujourd’hui : l’économie du service, le développement local, et l’offre d’expériences inédites grâce à des coachings et prestations sur-mesure. Son essor prochain dans les ports français semble n’être qu’une question de mois !

 

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