Imaginez ce qu’est passer sa journée à manger des glaces et à boire du jus de fruits, ou traîner avec Bill Gates et Lebron James. Certains pourront faire cette expérience le 5 mai prochain, lors de l’assemblée générale de Berkshire Hathaway. Les actionnaires du conglomérat américain ont eu un aperçu de ce qui se passera ce weekend-là, grâce la lettre que Warren Buffet, le fondateur de l’entreprise, leur a adressée. La devise de l’homme d’affaires américain est la suivante : investissez sur le long terme et entourez-vous de dirigeants expérimentés. C’est aussi simple que ça.

 

Avant d’investir, Warren Buffet n’élabore pas de modèles de prix et il n’analyse pas non plus les statistiques. Selon lui, ce n’est pas de cette manière que l’on peut faire de bons investissements à long terme. Pour y parvenir, il faut tout simplement être patient. Les bons investissements se font avec des entreprises présentant des avantages comparatifs et des marges de profits importantes. Mais, le secret, c’est de laisser les dirigeants expérimentés que vous avez sélectionnés faire leur travail. Il est difficile de trouver quelque chose à redire sur cette stratégie étant donné la réussite de ce grand investisseur.

Voici les idées clés de la dernière lettre de Warren Buffet à ses actionnaires : « ne demandez pas au coiffeur si vous avez besoin d’une nouvelle coupe », « les feuilles de calcul ne déçoivent jamais », et « un esprit indécis ne prendra jamais de bonnes décisions ».

L’histoire de la compagnie financière de Warren Buffet, Berkshire Hathaway, a débuté en 1962, lorsque l’homme d’affaires a commencé à acheter les parts d’un fabricant de textile vieillissant du Massachusetts, dont l’action valait environ 7,50 $ (6,10 €). Âgé de 31 ans à l’époque, l’investisseur s’est intéressé à cette entreprise car le cours de son action étaient en berne, mais il se redressait à chaque fois que les dirigeants annonçaient la fermeture d’une usine.

Son emprise croissante sur les parts de la société est restée en travers de la gorge de ses dirigeants. Ils ont alors fait une offre orale pour le rachat de ses actions pour un prix unitaire de 11,50 $ (9,30 €) sous forme d’offre publique d’achat. Il a accepté cette proposition orale. Mais lorsqu’il a reçu l’offre écrite, le prix affiché était de 11,375 $ (9,24 €). Les dirigeants voyaient cette baisse comme une taxe pour la nuisance occasionnée. Warren Buffet a très mal reçu ce changement de prix et au lieu de conclure l’affaire, il a acheté encore plus d’actions et il a fini par prendre le contrôle de l’entreprise.

Aujourd’hui, Berkshire Hathaway est l’un des conglomérats les plus importants du monde. Il compte pas moins de 377 000 employés et sa compagnie d’assurance, Geico, est la troisième plus grande des États-Unis. Berkshire Hathaway regroupe de nombreuses filiales telles que Dairy Queen, Lubrizol, Fruit of the Loom et les chemins de fer Burlington Northern Santa Fe.

Warren Buffet et son principal partenaire, Charlie Munger, ont également constitué un portefeuille impressionnant. L’entreprise a abondamment investi dans Wells Fargo, Apple, Coca-Cola, American Express, Bank of America et bien d’autres, mais toujours lorsque les actions de ces entreprises étaient sur le déclin.

En 2013, Warren Buffet et Charlie Munger ont acheté à la fois des actions et une partie du capital de Heinz pour en prendre le contrôle, pour un total de 9,8 milliards de dollars (7,96 milliards d’euros). Aujourd’hui, cet investissement vaut 25,3 milliards de dollars (20,56 milliards d’euros).

Lors de l’assemblé générale annuelle de l’entreprise en 2017, les investisseurs ont été accueillis avec 44,9 milliards de dollars (36,49 milliards d’euros) de bénéfice. L’entreprise regorge d’argent avec 116 milliards de dollars (94,26 milliards d’euros) d’encaissements et d’équivalents. Malgré l’impact négatif du gros volume de déclarations de sinistres suite à de nombreuses catastrophes naturelles, comme les feux de forêts en Californie et les ouragans Harvey, Irma et Maria, le revenu net du dernier trimestre de 2017 était de 32,5 milliards de dollars (26,41 milliards d’euros), avec une augmentation de 400 %. Ces mêmes évènements ont permis d’augmenter le nombre de primes d’assurance de 25 %, pour atteindre 114,5 milliards de dollars (93 milliards d’euros).

Le titre de Berkshire traduit la solidité de ses sociétés d’investissements. En 1990, il était évalué à 7 100 $ (5 770 €), et dernièrement, il a atteint la somme remarquable de 304 000 $ (247 000 €). Cela revient à échanger une Renault d’occasion contre une Ferrari 488 Spider.

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe de nombreuses entreprises similaires à Berkshire Hathaway. Ces entreprises brassent des quantités d’argent considérables et elles connaissent une croissance exponentielle grâce à leurs avantages concurrentiels. Il s’agit d’entreprises reconnues, comme Nvidia, TransDigm, Mastercard, AO Smith ou encore Domino’s Pizza. Cette dernière peut être une bonne affaire pour les investisseurs, surtout après les fluctuations dues aux annonces régulières de l’entreprise, comme lorsqu’à l’automne dernier, il a été annoncé que le visionnage des matchs de la ligue de football américain était en berne, ce qui devait avoir une influence sur les ventes de pizzas.

Ce moment de faiblesse s’est révélé être une bonne occasion d’investir. Les personnes qui ont vendu rapidement leurs parts ont oublié une chose : Domino’s pizza n’est pas un vendeur de pizza lambda. L’entreprise a travaillé à la simplification du processus d’achat de ses pizzas. Ses applications numériques sont les plus performantes du secteur. À l’heure actuelle, ses clients peuvent commander une pizza et se la faire livrer sans même prononcer un mot. Cette prouesse est en grande partie possible grâce au numérique.

Domino’s est à la pizza ce qu’Uber est au transport, et l’entreprise collecte des données sans relâche pour se souvenir des goûts de ses clients. Elle réduit également ses coûts de production grâce à l’analyse des données recueillies. On peut donc dire qu’elle maîtrise à merveille l’art de tirer profit de la vente de pizzas.

 

Vous n’avez pas besoin d’être Warren Buffet pour investir comme lui. Vous devez seulement trouver de belles entreprises avec un ou plusieurs avantages concurrentiels. Une fois que vous aurez fait une liste, il ne vous restera plus qu’à attendre le moment opportun pour investir. Ne perdez surtout pas espoir, n’oubliez surtout pas que vous devez investir sur le long terme et laisser les dirigeants faire leur travail. Lorsque leurs efforts paieront, les vôtres aussi.