La messagerie instantanée sécurisée Telegram, particulièrement apprécié des « aficionados » de cryptomonnaies, envisage de lancer sa propre monnaie numérique. Nom de code : le Gram.

Agitateurs – bel euphémisme – de la deuxième moitié de l’année 2017, les cryptomonnaies sont reparties pied au plancher en ces premiers jours de 2018. Le Bitcoin continue de truster les feux de la rampe et de l’actualité. En effet, même la starlette de télé-réalité Nabilla s’est fait tancer par l’AMF après avoir vanté sur Snapchat les mérites d’une plateforme d’échanges de Bitcoin. Cependant, de nouveaux « acteurs extérieurs »  à l’univers des monnaies virtuelles veulent leur part du (gros) gâteau. Ainsi, la messagerie cryptée Telegram, très prisée des amateurs – de plus en plus nombreux – de cryptomonnaies, a posé les jalons de sa propre devise numérique. Nom de code : le Gram.  Et c’est peu dire que la messagerie créée par les frères Nikolaï et Pavel Dourov ne manque pas d’ambition puisque pour parvenir à ses fins, elle envisage une ICO (Initial Coin Offering, une levée de fonds sur la Blockchain) d’un montant record de 3 milliards de dollars ! En France, les start-up DomRaider et iExec sont les premières à avoir eu recours à une ICO.


Si ce « circuit » n’est pas encore le plus usité en France, il commence lentement mais sûrement à tracer son sillon. Pour prendre conscience de l’ampleur du « phénomène », on peut donner deux exemples. Premièrement, les ICO se sont multipliées en Chine en 2017 et l’agence Chine nouvelle a rapporté en juillet dernier que 65 opérations avaient été réalisées depuis le début 2017 pour un montant cumulé de 2,62 milliards de yuans (330 millions d’euros) auprès de 105 000 investisseurs. En second, DomRaider a largement dépassé ses objectifs en la matière.  « En seulement 3 jours, les contributeurs ont acquis l’ensemble des 350 millions de jetons initialement mis à disposition dans le cadre de l’ICO, d’où la mise en place de “stretch goals” (objectifs complémentaires) qui ont permis à notre DomRaider d’atteindre le seuil des 560 millions de jetons vendus », soulignait le fondateur de DomRaider, Tristan Colombet. Une jolie prouesse. Mais le montant mentionné par Telegram, dans le cadre de son ICO, est d’une toute autre valeur.

Confidentialité des échanges

Comme mentionné dans le Figaro, en cas de succès de cette ICO, le Gram pourra s’appuyer sur une blockchain de « troisième génération » moins énergivore et plus agile que celle actuellement en vigueur dans le cadre d’échanges de Bitcoins ou d’Ethers. Ainsi, les utilisateurs de Telegram (qui pourrait franchir le seuil des 200 millions d’usagers courant 2018) auront toute latitude pour déplacer des sommes d’argent en toute discrétion grâce au chiffrement de l’application qui garantit la confidentialité des  échanges.  Par ailleurs, cette fonctionnalité fait de Telegram une messagerie très appréciée également du monde politique. En effet, l’équipe d’Emmanuel Macron durant la dernière campagne présidentielle l’utilisait assidûment pour éviter les « fuites ».  En attendant, sans doute à l’horizon mars 2018, que cette nouvelle blockhain, répondant au doux nom de code « TON » (pour Telegram Open Network)  voit le jour, l’appétence des usagers « amateurs » pour les cryptomonnaies ne cesse de croître.

Cette croissance amène certains pourfendeurs du Bitcoin de la première heure à tourner casaque et revoir leur position.  Citons notamment l’exemple de l’impétueux PDG de JPMorgan, Jamie Dimon, qui avait qualifié la reine des cryptomonnaies de « fraude » en septembre dernier… avant de revenir sur ses propos mardi dernier, dans un entretien diffusé sur la chaîne Fox. Il regrette d’avoir utilisé le terme de fraude… tout en maintenant  ne pas être intéressé par la monnaie numérique. Mais en dépit des critiques de Dimon, plusieurs banques, opérateurs boursiers et entreprises ont pris le train en marche, déclenchant une forte hausse de la cryptomonnaie. Les marchés à terme CME Group et CBOE Global Markets ont lancé des futures sur le bitcoin tandis que l’éditeur de logiciels Square a créé une application permettant des transactions. Sur la plate-forme Bitstamp, le Bitcoin s’échangeait à 14 202 dollars mardi contre 909 dollars il y a un an. En décembre, la monnaie a atteint un point culminant à plus de 19 000 dollars.

Nabilla, nouvelle égérie du Bitcoin

Comme évoqué en préambule, tout le monde semble avoir un avis sur la question… y compris Nabilla. Dans une vidéo d’un peu plus de trois minutes postée ce mercredi sur Snapchat, la jeune femme a  vanté les mérites d’une plateforme d’échanges de Bitcoins – dont elle transmet les coordonnés –  et à invité ses fans à investir sans plus attendre. « C’est vraiment sûr, c’est vraiment cool et si ça vous intéresse vraiment vous pouvez y aller les yeux fermés », déclare-t-elle. Elle prend néanmoins soin de préciser : « si vous voulez essayer, faites-le avec eux parce que tout seul c’est pas pareil, on sait pas trop où on va ». Mais la vedette de téléréalité s’est rapidement fait taper sur les doigts par l’Autorité des Marchés financiers dans un tweet cinglant. « Le Bitcoin c’est très risqué ! On peut perdre toute sa mise. Pas de placement miracle. Restez à l’écart », indique le gendarme français de la Bourse sur son compte suivi par 5 517 abonnés. Ce jeudi matin, le compte de Nabilla Benatia comptait près de 2,7 millions de followers.