SoftBank a déclaré avoir subi une baisse de 99 % de ses bénéfices au troisième trimestre. Pourtant, ses actions ont continué à prendre de la valeur, notamment grâce à l’accord de fusion trouvé entre Sprint, filiale de SoftBank, et T-Mobile.

Le Vision Fund de SoftBank a essuyé une perte de 2 milliards de dollars au dernier trimestre après avoir déprécié ses investissements WeWork et Uber, ce qui a fait chuter le bénéfice avant intérêts et impôts de l’entreprise de 99 %. Le résultat est passé de 4 milliards de dollars l’an dernier à 25 millions de dollars.

L’action SoftBank a baissé de 0,6 % ce mercredi, car le fondateur Masayoshi Son a déclaré les mauvais résultats du fonds de placement, effrayant les investisseurs. Alors qu’il espérait mettre en place un second fonds Vision Fund, Masayoshi Son aurait revu ses attentes à la baisse suite à son pari désastreux sur WeWork.

Pourtant, malgré des résultats médiocres, les actions de SoftBank se maintiennent largement, et n’ont pas subi de baisse substantielle depuis mercredi. Elles avaient même bondi de 12 % mardi lorsqu’un juge fédéral avait approuvé la fusion à 26 milliards de dollars entre T-Mobile et Sprint. Les actions de Sprint ont grimpé en flèche de 77 % aux et SoftBank, qui détient près de 85 % de Sprint, a ensuite réalisé un bénéfice net de plus de 12 milliards de dollars.

Les derniers résultats de l’entreprise tombent au beau milieu des discussions actuelles avec le fonds Elliott Management, qui a accumulé une participation de 2,5 milliards de dollars dans le conglomérat japonais et fait pression à différents niveaux : pour des rachats d’actions, une meilleure gouvernance d’entreprise et plus de transparence sur les investissements du Vision Fund.

Les actions de SoftBank sont toujours en hausse à hauteur de 20 % depuis le début de l’année. La capitalisation boursière du conglomérat japonais s’élève actuellement à 110 milliards de dollars, contre 90 milliards de dollars début 2020. Le fondateur et PDG de SoftBank, Masayoshi Son, est la deuxième personnalité la plus riche du Japon, avec une fortune nette de 24,2 milliards de dollars (selon nos estimations). Sa fortune a augmenté de 2,3 milliards de dollars mardi dernier, lorsque T-Mobile et Sprint ont obtenu l’approbation de fusion pour un montant de 26 milliards de dollars.

Le fondateur a déclaré : « Le vent a tourné. Ma vision et ma stratégie de base n’ont pas changé ». Concernant Elliott Management, Masayoshi Son a déclaré que ses intérêts étaient « fondamentalement alignés » sur ceux des autres actionnaires, en sachant qu’il détient 25 % des parts de la SoftBank.

Les actions de SoftBank avaient chuté de 12 % au second semestre 2019. L’entreprise avait par ailleurs dépensé environ 10 milliards de dollars pour renflouer WeWork en octobre dernier, suite aux difficultés rencontrées par la start-up après l’annulation de son introduction en bourse et à cause de son manque de liquidités. En comparaison, les actions d’Uber ont perdu près de 25 % de leur valeur en 2019 après l’introduction en bourse de l’entreprise de VTC, même si elles se sont redressées depuis.

Il faudra surveiller étroitement les discussions en cours entre SoftBank et Elliott Management. Les deux parties ont déclaré vouloir trouver un accord amical, et le dialogue entre elles s’est bien déroulé jusqu’à présent. Fondé en 1977 par le milliardaire Paul Singer (un investisseur militant renommé), le fonds d’investissement Elliott Management fait pression pour racheter des actions et renforcer la gouvernance de l’entreprise, afin de stimuler le cours de l’action SoftBank.

 

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