Si vous êtes un travailleur indépendant ou bénéficiaire de réductions et crédits d’impôts, le premier rendez-vous avec le prélèvement à la source a eu lieu le 15 janvier dernier. Les premiers ont versé un acompte, les seconds ont reçu un chèque. Quid des salariés, ceux qui n’ont pas opté pour la mensualisation ? Pour eux (les contribuables habitués à tout payer d’un coup en septembre), la donne est différente ! Le passage à la retenue à la source va immanquablement se traduire par une baisse de revenus mensuelle, qu’il faut prévoir dès maintenant. Voici les 5 choses à faire avant réception de votre fiche de paie de janvier. 

 


1. Repenser son budget

C’est un grand classique de début d’année, le genre de bonne résolution qui tient aussi longtemps que votre promesse de retourner à la salle de sport ou de devenir vegan. Sauf que cette fois, les choses sont différentes. La mise en place du prélèvement à la source va se traduire pour beaucoup par une baisse du salaire net à la fois du mois, qu’il va falloir anticiper afin d’équilibrer votre budget mensuel. Car vos factures, charges et dépenses, elles, ne changent pas. Le premier trimestre 2019 sera donc la phase d’adaptation pendant laquelle les contribuables devront apprendre à vivre avec des ressources légèrement amoindries.

 

2. Simuler son taux

Votre taux de prélèvement à la source est plus élevé que prévu ? Inutile de blâmer votre employeur. Celui-ci se contente de suivre les directives de l’administration fiscale en appliquant les taux que cette dernière lui a transmis. Si vous estimez que le taux de prélèvement à la source qui vous est appliqué est erroné, c’est le service des impôts qu’il faudra contacter. En attendant, faire une simulation de votre situation peut vous aider à comprendre d’où vient l’erreur (le cas échéant).

Et si vous n’avez pas encore de taux ? Vous n’êtes pas seul(e) dans cette situation. Les jeunes diplômés qui n’ont encore jamais travaillé se trouvent aussi dans ce cas. Dans cette situation, c’est le taux neutre qui va s’appliquer par défaut, jusqu’à indication contraire du contribuable.

 

3. Se pacser

L’idée de se marier “pour les impôts” ne date pas d’hier, mais le pacs vous garantit moins de formalités.  Si vous et votre conjoint(e) vivez ensemble en union libre et affichez un écart important entre vos revenus respectifs, il peut être intéressant d’établir un contrat de Pacs. Ce statut vous ouvre droit à l’imposition commune et par elle au taux individualisé. Avec ce taux, vous êtes imposés communément au prorata de vos revenus. Un système qui permet d’équilibrer les prélèvements de l’impôt entre les membres du couple (et de répartir équitablement la réduction d’impôt liée à la mise en place du Pacs).

 

4. Ne pas dépenser tout l’acompte

Si vous faites partie des quelques millions de contribuables qui ont déclaré des crédits et réductions d’impôts en 2018 (sur leurs revenus 2017), vous avez dû recevoir un premier acompte correspondant à 60% du montant total de vos réductions le 15 janvier 2019. Une nouvelle qui fait plaisir en cette mi-janvier, et qui devrait redonner du tonus aux porte-monnaie meurtris par les fêtes de fin d’année. Mais pas tous, attention. Cela vous concerne si vous avez eu droit à un crédit “récurrent”, accordé à la suite :

  • de l’emploi d’un(e) salarié(e) à domicile
  • d’un investissement locatif (Borloo, Pinel, Scellier…)
  • de dons faits aux associations et organisations à but non lucratif
  • de dépenses de résidence en Ehpad

Les 40% restant vous seront reversés courant juillet, toujours sur la base de la déclaration de revenus. Le bémol ? Ce solde pourra être négatif si la situation du contribuable a évolué en 2018. Si vous employez une aide à domicile de janvier à juin par exemple, mais pas de juillet à décembre, vous devrez alors payer un complément d’impôt. La raison ? Cet acompte a été calculé sur les revenus 2017. Donc, les contribuables qui n’ont pas reconduit ces dépenses, ou les ont réduites en 2018, auront droit à un ajustement dès septembre. Dans le pire des cas, ils se verront contraints de rembourser une partie voire la totalité de cet acompte en automne.

Par ailleurs, ne vous attendez pas à recevoir ce type de cadeau de la part de l’administration fiscale tous les ans. 2019 est une exception. À compter de 2020, tous vos crédits d’impôts vous seront remboursés au mois de septembre de l’année suivante.

 

5. Moduler son taux (si ce n’est pas déjà fait)

C’est l’intérêt premier du prélèvement à la source : s’adapter à la vie du contribuable et adapter l’impôt en fonction des changements de situation personnelle et professionnelle. On entend par là les variations de revenus mais aussi les mariages, naissances, divorces, décès… Tous les événements de nature à faire changer votre situation fiscale doivent faire l’objet d’un signalement aux autorités compétentes afin que soit mis à jour votre taux de prélèvement à la source. Rendez-vous donc dès maintenant sur le site des impôts pour réaliser votre demande de changement de taux.