Le mot de Simone de Beauvoir est demeuré célèbre : « On ne naît pas femme, on le devient » (Le Deuxième sexe, 1949). Des historiens n’ont pas non plus hésité à l’appliquer à l’éducation et à la culture (la paideia) des Hellènes de l’Antiquité : « On ne naît pas grec, on le devient ». Autant de formules héritées de l’auteur latin Tertullien, en passant par l’humaniste Érasme. On pourrait en dire autant des managers, dont le doigté est rarement inné : il s’agit au contraire de l’acquérir. Comme dans de très nombreux domaines, il existe des recettes qui fonctionnent et des écueils à éviter. Formation et expérience sont là pour concrétiser dans le réel le manager idéal. 

 

Manager au XXIe siècle : un contexte houleux ?

Indubitablement, la formation au management attire un grand nombre de candidats. Elle vient à la fois répondre à une vocation professionnelle assez répandue chez les jeunes et moins jeunes, et à un besoin essentiel au sein des entreprises (sans oublier les institutions !). Pourtant, si elle est nécessaire, la position du manager au sein d’une entreprise au début de ce troisième millénaire n’est pas toujours confortable. De plus en plus, celui-ci est comme pris en tenaille entre les subordonnés qu’il doit encadrer (tout en s’efforçant de se présenter en primus inter pares plutôt qu’en supérieur hiérarchique sous un mode martial) et ses dirigeants qui attendent des résultats nets et précis.

La concurrence est rude entre les entreprises d’un même secteur d’activité, et pas seulement à l’échelon local ou national : aujourd’hui, un acteur international peut rapidement faire de l’ombre et provoquer des difficultés pour une entreprise qui n’aura pas eu le temps de le voir venir. Parallèlement, la mesure de la performance a – principalement grâce à l’outil informatique – atteint des niveaux records, mais de façon mathématique et déshumanisée. La tentation est alors grande pour le manager, en apparence implicitement poussé par sa hiérarchie qui attend du chiffre, de se reposer exclusivement (ou presque) sur ces outils quasi « scientifiques ». Il se transforme alors en flic voire en bourreau ; il démotive son groupe là où il croyait pouvoir le mobiliser ; il rend impossible l’attachement des salariés à leur entreprise et il provoque un turn-over permanent (au moins pour certaines branches : le cas est courant du côté commercial). C’est alors la débandade, qu’il est cependant possible de prévenir à l’aide de la formation adéquate et de quelques astuces.

 

Un management agile et résilient

Comme être manager ne s’improvise pas et qu’il faut un début à tout, il convient de ne pas lésiner sur la formation du néophyte qui s’apprête à prendre son premier poste en la matière. Si les connaissances théoriques ont leur importance, l’accompagnement d’un professionnel expérimenté en complément facilite toujours les choses.

Parmi les premières vertus d’un manager bon et compétent, il y a sans aucun doute tout un versant humain – psychologique, culturel, etc. Même les armées françaises, qui sont souvent citées en guise d’exemple pour la formation de véritables « cadres », mettent l’accent sur la culture générale et les vertus humanistes… Alors que de trop nombreuses entreprises continuent d’ignorer l’évidence ! Hauteur de vue, ouverture d’esprit et magnanimité sont pourtant des qualités qui se travaillent et qui demeurent obligatoires pour exercer un leadership réel et efficace. C’est aussi le prélude idéal à une capacité d’adaptation sans faille : accompagner le changement suppose d’être totalement écouté, en confiance. Et l’on n’a jamais fini de se perfectionner sur ces questions, même (et surtout ?) quand on est en exercice.

Ces fondamentaux du management restent en outre des armes de choix lorsqu’il s’agira de gérer d’inévitables conflits. Combien de carrières dans le management, en effet, peuvent prétendre n’avoir jamais fait face à une forme ou une autre de conflit au sein d’une entreprise ?

Ce volet « humaniste », si l’on peut dire, ne se suffit cependant pas à lui seul. Il ne serait rien ou pas grand-chose si de véritables compétences techniques n’entraient pas en ligne de compte. Ici, une formation de fond est irremplaçable, car le manager doit maîtriser à la perfection le produit de l’entreprise qui l’emploie et que son action tend à promouvoir (directement ou indirectement), mais aussi – plus globalement – les tenants et aboutissants du monde des RH. Animer un groupe de travail, maîtriser différentes formes de communication et accompagner les profils atypiques sont autant de compétences annexes à déployer. Des techniques très précises existent également pour remédier à tel ou tel problème : vieille de plusieurs millénaires, l’humanité a tendance à reproduire les mêmes schémas… Or, tandis que les mêmes causes produisent inlassablement les mêmes effets, les mêmes remèdes sont toujours plus susceptibles de soigner les mêmes maux !