L’été a finalement vu les indices actions évoluer au sein de bornes assez étroites, nous sommes bien loin des volatilités extrêmes connues certaines années. Cependant depuis quelques semaines, il « flotte » dans les marchés financiers un sentiment un peu moins optimiste qu’au printemps.

La raison de cette ambiance moins positive semble essentiellement provenir des Etats-Unis. Rien de catastrophique pour autant : les indices actions américains évoluent sur des niveaux proches des sommets historiques… mais la lune de miel entre les investisseurs, les chefs d’entreprises et D. Trump paraît terminée.

Comment en sommes-nous arrivés là ? La séquence politique a été assez négative pour D. Trump : il n’a pas pu faire passer sa réforme pour remplacer l’Obamacare puis a dû faire face à de nombreuses défection de la part de ses soutiens chefs d’entreprises… le tout dans une ambiance de chaos au sein de la Maison Blanche.

Tout ceci devrait se régler avec le temps mais D. Trump doit agir vite pour faire voter sa refonte fiscale. L’enjeu est important. Les marchés ont anticipé cette réforme depuis plusieurs mois et les cours des actions sont restés proches de leurs plus hauts alors que les résultats publiés début juillet étaient tout juste corrects.

Il est à craindre que les investisseurs, trompés dans leurs attentes, sanctionnent nettement les actions américaines si la réforme envisagée était reportée ou carrément annulée. D.Trump produit donc des efforts considérables depuis quelques jours pour ressouder ses partisans au Congrès et faire passer son plan ; mais pour le moment, un échec n’est pas à pas exclure.

L’autre sujet perturbant provient de la Banque Centrale Américaine (FED). Depuis le mois de juin, Mme Yellen, la Présidente de la FED, fait face à des demandes de plus en plus pressantes pour normaliser la politique monétaire, à la fois en montant ses taux, ce qui était prévu, mais aussi en réduisant la taille du bilan de la FED.

En effet depuis la crise en 2007, le bilan de la FED est passé de 900 Milliards de Dollars à 4 500 Milliards. Beaucoup estiment que cette situation n’est pas tenable sur la durée et crée des distorsions sur les marchés. L’autre argument utilisé pour les tenants d’une normalisation réside dans la tenue de l’économie américaine : pour eux, après 8 ans de croissance et un taux de chômage au plus bas, l’économie n’a plus besoin de soutien.

Il semble donc probable que Mme Yellen doive d’une manière ou d’une autre entamer un mouvement de réduction du bilan. Elle agira avec beaucoup de précautions et ce pour 2 raisons. Tout d’abord, elle estime que l’économie américaine est encore relativement fragile, mais surtout elle sait que les marchés sont très dépendants des liquidités injectées depuis 8 ans. A quelques mois de la fin de son mandat, elle fera tout pour éviter des soubresauts.

Les vents d’Amérique sont devenus moins porteurs ces dernières semaines. Or les marchés actions américains restent les marchés directeurs sur le plan mondial. Par conséquent, les faits et gestes de M. Trump et Mme Yellen seront scrutés pour évaluer les conséquences qu’ils peuvent avoir sur les actifs en Europe et ailleurs dans le monde.