En investissements, je vais vous parler d’une terre inconnue et cette terre inconnue dont on parle beaucoup, c’est la voiture électrique.

Tout d’abord, aucun doute, la voiture électrique va vider les usines des constructeurs automobiles et des équipementiers motoristes ou constructeurs de boîtes de vitesse et d’embrayages. Mais, l’électrification va, elle, engendrer l’émergence de très nouveaux métiers, existant la plupart du temps chez des sous-traitants ou équipementiers d’autres secteurs d’activité.

Savoir tout d’abord que chaque seconde, 3 voitures sont vendues dans le monde. En 2018, il s’est vendu 90,6 millions de véhicules, Chine : 24,5 millions, États-Unis : 12,1 millions, Japon : 9,28, Allemagne : 6,03, France : 2,00. Savoir aussi que dans 3, 4 ou 5 ans, quelques millions de véhicules seront électriques, et il va bien falloir les fabriquer. 

Cette nouvelle industrie va générer d’énormes besoins de sous-traitants et équipementiers dits « EV friendly »

Car développer et améliorer le véhicule électrique autonome de demain implique de disposer des talents et de compétences différentes.

Pour le moment, ces compétences sont peu présentes dans le secteur automobile, alors qu’on les retrouve dans des secteurs comme, l’aéronautique, l’industrie informatique, les télécommunications, l’armement, la robotique ou dans la fabrication d’équipements médicaux

Cette pénurie de personnel qualifié dans ce secteur électrique automobil explique certainement pourquoi Tesla, le 1er constructeur mondial de véhicules électriques et qui fait face à une forte demande de véhicules neufs, a par deux circulaires diminué ses exigences de fréquences d’entretien de ses véhicules, car il n’a tout simplement pas les équipes pour y faire face.

Ce constructeur qui demandait qu’une révision soit effectuée après 20 000 km ou 12 mois vient d’informer ses clients que, si l’entretien recommandé n’est pas effectué, la garantie limitée sur véhicule neuf ou garantie limitée sur véhicule d’occasion ne sera pas affectée. De surcroît, les clients peuvent maintenant demander à tout moment l’annulation du Plan d’entretien et se faire rembourser pour les entretiens annuels restants.

Ce besoin énorme de sous-traitants et d’équipementiers « EV friendly », ou familiers avec les « Electrical vehicles », représente une opportunité énorme pour de nombreuses entreprises du secteur électrique, électronique et robotique, c’est donc dans ces secteurs qu’il faut investir.

Quels sont les besoins  ?

Besoin d’entreprises expertes dans la fusion de données

Le système embarqué intelligent doit être capable de croiser et corréler une multitude de données issues des radars, des caméras, des autres véhicules et des infrastructures communicantes.  Il faut pouvoir les corréler et les fusionner. Il s’agit en quelque sorte de « big data » appliquée à l’automobile, c’est-à-dire de la capacité à extraire et à traiter des données de masse et de faire prendre au véhicule une décision à partir de données.

Besoin de « Data doctors »

Entreprises d’ingénieries capables de vérifier en permanence la réalité et la sécurité des données collectées et partagées par les véhicules.

Besoin de statisticiens pour modéliser et simuler

Mathématiciens formés aux calculs des probabilités, afin de garantir la sécurité de fonctionnement du véhicule autonome. Devant l’impossibilité d’appliquer des méthodes de preuve par l’usage au kilomètre,  il faudrait accumuler des milliards de données. La simulation par GAN ou « Generative Adversarial Networks » permettra de prédire les dizaines de milliers de scénarios que peut rencontrer une voiture au quotidien.

Besoin d’entreprises de tests

Offrir l’ingénierie analysant les tests des fonctions.  Ces ingénieurs devront être dotés de connaissances techniques, électroniques ainsi qu’en normes et prescriptions légales. Leurs missions : créer des tests qui servent à l’évaluation du respect des réglementations correspondant aux standards de chaque pays.

Enfin, besoin d’expertises en design numérique

Toutes les voitures électriques sont dotées d’un système d’interface. Le but sera alors de faciliter encore la conduite et de la rendre encore plus autonome. Les experts en design numérique veilleront au maniement des systèmes et créeront des interfaces simples et efficaces facilitant l’interaction homme-machine. Une interface totalement intuitive pour l’usager.

En conclusion : Il faut dès à présent investir dans des entreprises des secteurs d’activités disposant déjà des profils cités. Car, tôt ou tard, l’industrie automobile fera appel à ces entreprises pour faire face à l’explosion des ventes des voitures électriques. Intéressez-vous donc sans tarder aux sous-traitants équipementiers des secteurs de l’aéronautique, de l’industrie informatique, des télécommunications, de l’armement, de la robotique ou des équipements médicaux, car certains demain verront leur activité fortement dynamisée par le secteur automobile.