La marque à la pomme a connu un « jeudi noir » à Wall Street cédant près de 10% et entraînant dans son agonie plusieurs de ses fournisseurs attitrés comme AMS ou STMicroelectronics. Mais Apple a également été bouté hors du podium des plus grosses capitalisations boursières américaines.

Que le 2 août dernier semble loin pour Apple. Une « époque bénie », presque un âge d’or révolu. Au cœur de l’été, la firme de Cupertino venait d’annoncer de flamboyants résultats pour le troisième trimestre de son exercice décalé.  Sur le front des ventes, le groupe dirigée par Tim Cook avait surpassé les prévisions, celles-ci atteignant 53,3 milliards de dollars sur la période, contre 45,41 milliards d’euros l’an passé à pareille époque, et 52,34 milliards attendus par le marché.  Autre « segment » ayant dépassé les espérances, l’activité de services qui avait vu ses ventes atteindre les 9,5 milliards de dollars contre 9,1 milliards attendus par le consensus. En outre, le  bénéfice par action, considéré comme l’indicateur de référence à Wall Street, avait également battu le consensus puisque celui-ci était ressorti à 2,34 dollars contre 2,18 dollars attendus par le marché.  Enfin,  si Apple a écoulé 41,3 millions d’iPhone sur la période avril-juin, soit un peu moins que les 41,8 millions attendus par les analystes, le prix moyen de vente des appareils s’était, en revanche, établi à 724 dollars (619 euros), là où le consensus FacSet tablait sur 694 dollars. « Il faut que le cours de Bourse atteigne 203 dollars pour atteindre mille milliards de dollars de capitalisation boursière », avait, dans la torpeur du mois d’août, calculé Neil Wilson, analyste chez Markets.com cité par Reuters. 


Ce sera chose faite quelques heures plus tard à la clôture de la séance de Wall Street « post-résultats » et Apple deviendra la première entreprise à « peser » 1 000 milliards de dollars. En effet, Apple achèvera la séance sur une progression de 2,92% à 207,39 dollars, un cours lui conférant alors une capitalisation de 1 002 milliards de dollars pour être précis. En séance, l’action avait même inscrit un nouveau pic à 208,38 dollars, ce qui lui donnait alors une valeur boursière de 1 006 milliards. Comme judicieusement rappelé par Reuters, Apple s’est introduit en Bourse le 12 décembre 1980 à un prix équivalent à 39 cents par action. Son cours a depuis été multiplié par 500, 25 fois plus que le S&P 500, l’indice de référence de Wall Street, et sa capitalisation dépassait, à l’époque, celle, combinée, d’Exxon Mobil, de Procter & Gamble et d’AT&T. Voilà pour l’histoire. Mais quid d’aujourd’hui, ou plutôt d’hier ? Après un dernier trimestre tumultueux sur l’ensemble des marchés actions mondiaux qui a mis à mal le cours de pléthore de poids lourds de la cote, la séance du jeudi 3 janvier a « assommé » encore un peu plus Apple.

Apple également devancé par Alphabet

 Après une perte de 9,96% ce jeudi 3 janvier, le titre Apple ne vaut aujourd’hui…plus “que” 142 dollars.  Pour rappel, début octobre, l’objectif médian était de 237,50 dollars. Le titre a ainsi perdu quelque 40% depuis lors. Une véritable hécatombe. Selon les données de Refinitiv relayées par Reuters, au moins 27 analystes ont abaissé leur objectif de cours sur Apple, ramenant l’objectif médian de Wall Street à 186 dollars au lieu de 200,80 dollars mercredi, soit une baisse de 7%. De facto, ces « turbulences boursières » ont littéralement  fait fondre la capitalisation boursière d’Apple qui s’élève, ce vendredi à « seulement » à 700 milliards de dollars (614 milliards d’euros). En 5 mois, ce sont plus de 300 milliards de dollars de capitalisation boursière qui sont ainsi partis en fumée.  Sur le toit de Wall Street début août, la firme de Cupertino n’est plus, désormais, que la quatrième plus grosse capitalisation de l’indice phare new-yorkais.  Même Alphabet, maison-mère de Google, a supplanté le groupe à la pomme, s’invitant sur le podium aux côtés de Microsoft, « nouveau roi »,  avec une valeur de 755 milliards.

Mais Amazon n’est qu’à quelques encablures du groupe fondé par Bill Gates et s’offre la deuxième marche du podium, avec une capitalisation de 739 milliards. L’écart est infime, il est vrai. Mais les projections, à plus long-terme,  des analystes n’incitent guère à l’optimisme pour Apple.  Ainsi, d’après les objectifs de cours médians de ces derniers, Amazon vaudra plus de 1 000 milliards de dollars – le groupe de Jeff Bezos a également franchi ce seuil le 4 septembre 2018 – dans les 12 prochains mois et Microsoft ne sera pas loin à 967 milliards. Alphabet suivrait à 946 milliards, devant Apple à 883 milliards. Des chiffres toujours impressionnants en dépit du « coup de mou » enregistré par l’ensemble des marchés lors du dernier trimestre 2018. A titre de comparaison – qui n’a pas lieu d’être mais qui permet d’offrir une vision plus large de la « puissance de feu » des mastodontes de la cote américaine-, le trio gagnant du CAC 40, en l’occurrence Total, LVMH et L’Oréal cumule « seulement » 358 milliards d’euros de capitalisation boursière (124,6 milliards pour Total, 123,7 pour LVMH et 110 pour l’Oréal) .  Mais Apple est loin d’avoir dit son dernier mot et espère que cet avertissement restera sans conséquences durables. Ou pas.