Craig Wright, l’homme qui prétend être le créateur du Bitcoin et qui se cache derrière le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, doit faire face à l’éventualité d’un procès à 10 milliards de dollars (8,22 milliards d’euros), dans l’État de Floride aux États-Unis. Cette action en justice a été demandée par le frère de Dave Kleiman, l’homme que Craig Wright affirme avoir aidé à développer le Bitcoin.

Bien que Craig Wright ait facilement réussi à convaincre certains membres reconnus de la communauté du Bitcoin tels que Jon Matonis et Gavin Andresen, l’informaticien australien a finalement renoncé à apporter la preuve cryptographique de son lien avec le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, suite à la tempête médiatique ayant fait état de l’implication d’une agence de relations publiques dans cette histoire. Par le passé, Motherboard avait rapporté que les clés cryptographiques utilisées pour connecter Craig Wright à Satoshi Nakamoto étaient antidatées, ce qui laissait penser qu’il s’agissait d’une intox. 


 

Un procès à 10 milliards de dollars

Ce nouveau procès est fondé sur le fait que Craig Wright aurait imité des signatures et antidaté des documents dans le but d’obtenir des milliards de dollars en Bitcoins ainsi que la propriété intellectuelle de la cryptomonnaie qui était supposément partagée entre Craig Wrigth et Dave Kleiman. Des documents judiciaires avancent que Craig Wright aurait utilisé une police de caractère numérique pour imiter la signature de Dave Kleiman sur des documents.

Le montant exact des Bitcoins que Craig Wright dit avoir récupérés demeure inconnu mais il devra être évalué au cours du procès. « Pour élaborer ce stratagème, il a rédigé et antidaté au moins trois contrats afin de créer des traces écrites stipulant qu’une partie des Bitcoins et des droits de propriété intellectuelle de Dave Kleiman devaient lui être transférés, vendus et/ou rendus », peut-on lire dans le procès verbal. Un rapport de Wired, datant de fin 2015, indique que Craig Wright pourrait également avoir antidaté des articles de blog qui ont été utilisés en tant que preuves de sa connexion au pseudonyme de Satoshi Nakamoto.

La preuve d’absence de détention de Bitcoins ?

Pour le moment, Craig Wright n’a pas fourni de preuve cryptographique stipulant qu’il s’agit bien de Satoshi Nakamoto. En réalité, il y a beaucoup d’indices laissant présager que toute cette histoire n’est qu’un canular. Selon un article en ligne de la société de sécurité de Bitcoin WizSec, ce procès pourrait même résorber davantage les liens ténus entre Craig Wright et Satoshi Nakamoto. Après avoir analysé le dossier du procès, Kim Nilsson de WizSec s’est rendu compte que la plupart des adresses Bitcoin mentionnées non jamais été détenues par Dave Kleiman ou Craig Wright. En réalité, il s’agit d’adresses connues pour avoir disposé d’une grosse quantité de Bitcoins à un moment donné. « Il ne s’agit pas d’une histoire de vol, mais d’un type qui en regardant une liste des fortunes de la Blockchain a choisi quelques adresses au hasard et a dit qu’il en était le propriétaire, sans apporter de preuves, à l’exception de quelques documents maladroitement antidatés. Ces preuves ne pourront jamais être approuvées pas un expert », explique Kim Nilsson dans un article.
En réalité, la plupart des adresses qui auraient appartenu à Dave Kleiman et Craig Wright sont des adresses de la plateforme d’échange Mt.Gox, qui est maintenant inactive. D’ailleurs, WizSec s’est fait connaître pour avoir participé à l’enquête qui a permis de retracer les Bitcoins de MT. Gox jusque sur un autre échange, BTC-e.

Alors que Craig Wright a réussi à attirer l’attention sur le fait qu’il puisse être Satoshi Nakamoto, il n’a toujours pas apporté de preuves cryptographiques. Comme l’a fait remarquer Vitalik Buterin, le créateur d’Ethereum, peu de temps après les affirmations de Craig Wright, ce dernier doit encore fournir des preuves, et s’il n’a pas réussi à le faire jusqu’à maintenant, c’est pour la simple est bonne raison qu’il ne s’agit pas de Satoshi Nakamoto.