Tombée « dans la potion magique de la finance » dès son plus jeune âge, Barbara Belvisi a su, au gré de ses pérégrinations professionnelles dans le monde feutré et très masculin du capital-risque, ciseler les contours d’un fonds d’un genre nouveau baptisé « Hardware Club », oscillant entre la société d’investissement et la pépinière à start-up. Un contingent de jeunes pousses ayant en commun d’être spécialisées dans le « hardware », autrement dit la fabrication d’objets connectés.

Rassembler les meilleurs et les plus prometteuses start-up de l’univers hardware, tel est le véritable – et louable – postulat du « Hardware Club » piloté d’une main de maître par Barbara Belvisi et son associé Alexis Houssou depuis 2014. Et c’est peu dire que les deux compères n’ont pas choisi la facilité tant ce domaine – «  une véritable passion. Déjà tout petite, j’avais dans mon secrétaire des petits robots, des circuits électroniques et un laboratoire de chimie sur lesquels je passais des heures », sourit la jeune femme – fait office, à l’époque, de repoussoir pour les investisseurs classiques. « Le Hardware et l’électronique fait très peur, de prime abord, aux investisseurs en capital-risque. Sans doute car ils sont dans les craintes de ne pas récupérer leur mise dans un secteur qui nécessite énormément de développement », abonde Barbara Belvisi.


Insuffisant néanmoins pour faire renoncer la jeune femme qui a su patiemment observer, au sortir des années 2010, l’évolution de l’écosystème tout en participant elle-même à la création de fonds dont les levées cumulées friseront les 50 millions d’euros. Forte de cet apprentissage et de sa passion intacte, l’idée de monter son propre fonds – spécialisé, cela va de soi, dans le hardware et la robotique, commence à germer dans l’esprit de la jeune femme, alors en poste chez A Plus Finance, et qui « trépigne » depuis sa tour d’ivoire d’œuvrer à la construction de son projet dont elle a déjà une idée de « l’architecture ». Nous sommes alors en 2013 et Barbara quitte A Plus Finance pour se lancer corps et âme dans ce qui n’est pas encore le Hardware Club.

350 start-up et 150 partenaires corporate

« C’était le bon market timing car nous assistions à une véritable renaissance du hardware », se rappelle la jeune femme qui participe à l’émergence en France du « Hello Tomorrow Summit », conférence dédiée aux startup issus de la recherche scientifique et  est également à la manœuvre de The Family, cet incubateur empreint d’une vision communautaire. Diverses aventures qui vont jeter les bases du Hardware Club, sorti de terre en 2014, et qui tire sa quintessence de cette notion de communauté. « A rebours de tout ce qui se faisait dans le milieu du Capital Venture, nous avons commencé par construire la communauté avec les sociétés dans lesquelles on pourrait potentiellement investir avant d’apporter les ressources gratuitement et de créer la plateforme d’échange ».

Et d’ajouter. « Nous avons aujourd’hui, sur cette ligne, près de 350 start-ups au sein du club et 150 partenaires corporate avec lesquels nous avons signé des accords non financiers de collaboration ». Ainsi, chaque start-up membre du hardware club a un accès privilégié à ces partenaires, comme Amazon, Foxconn, Jabil Circuit ». Ces « synergies » se matérialisent à travers une plateforme en ligne entièrement construire par le Hardware Club où start-up et Corporate échangent directement. Forcément, au regard de ce modèle vertueux, la sélection desdites start-up, désireuses de posséder la « carte du club » est draconienne. « Nous sommes sur un taux d’acceptation de 6% », abonde la maître-d’œuvre du Hardware Club. Le prix de l’exigence.