Violences Faites Aux Femmes : Les Annonces D’Emmanuel Macron

À l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, samedi 25 novembre, plusieurs mobilisations ces vendredi et samedi comptaient interpeller Emmanuel Macron. Le Président à proposé, samedi à 11 heures à l’Elysée, un plan contre les violences sexuelles. Un rapport gouvernemental révèle de son côté des chiffres insupportables.

[Article mis à jour lundi 27 novembre avec les annonces d’Emmanuel Macron ce samedi] Cette année, la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, qui se tenait samedi 25 novembre, a fait l’objet d’une attention toute particulière. Depuis le mois d’octobre et les révélations sur Harvey Weinstein, le producteur de cinéma accusé de harcèlement et de viol par de nombreuses actrices, le débat est ouvert : du harcèlement de rue à l’écriture inclusive, de la notion de consentement à la parité, de l’égalité salariale au viol.


Vendredi, plusieurs militantes féministes ont interpellé Emmanuel Macron pour lui demander d’être à la hauteur de l’enjeu, sous le mot-dièse #SoyezAuRdv. Et des rassemblements se sont déroulés dans plusieurs villes de France alors que le Président présentait samedi à 11 heures, à l’Elysée, un plan contre les violences sexuelles. «La France ne doit plus être un de ces pays où les femmes ont peur», a-t-il indiqué lors d’un discours solennel. 

Le Président a confirmé une annonce de la garde des Sceaux Nicole Belloubet pour permettre de faciliter le dépôt de plainte, voire de pré-plainte informatisée. Une mesure indispensable quand on sait qu’il est encore difficile pour une victime de porter plainte. Autres pistes : l’allongement du délais de prescription de vingt ans aujourd’hui à 30 ans, et l’instauration d’un âge de non consentement fixé à 15 ans. Problème, dénoncent les associations féministes, 420 millions de budget pour ce plan quinquennal n’est pas suffisant.  

123 femmes tuées par leur partenaire

Le plan 2017-2019 contre les violences faites aux femmes, porté par Marlène Schiappa, se fixe trois objectifs : Sécuriser les dispositifs qui ont fait leurs preuves pour améliorer le parcours des femmes victimes de violences et assurer l’accès à leurs droits (il est notamment encore difficile pour une femme victime de viol de déposer plainte). Renforcer l’action publique là où les besoins sont les plus importants. Enfin, déraciner les violences par la lutte contre le sexisme, qui banalise la culture des violences et du viol.

La mission interministérielle pour la protection des femmes contre la violence et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF) publie ses chiffres (sur l’année 2016) :

  • 123 femmes et 34 hommes ont été tués par leur partenaire (ou ex partenaire) et 25 enfants par l’un des parents dans un contexte de violence conjugale. Pour redonner un visage à ces femmes, Le Quatre Heures a raconté l’histoire d’une de ces 123 victimes
  • 70 % des violences sont le fait du partenaire. 225 000 femmes de 18 à 75 ans déclarent avoir été victimes de violences physique ou/et sexuelles de la part de leur conjoint ou ex conjoint. Et un viol sur trois est commis par un partenaire ou ex partenaire.
  • Seulement 110 000 victimes (88% de femmes) ont porté plainte ou ont fait l’objet d’une constatation par les services de police.

 

 

Marlène Schiappa