Pas la trace d’une fissure dans le plafond de verre…  Selon l’Insee* seulement trois femmes pour sept hommes sont à la tête des entreprises privées. Et plus la taille des entreprises augmente, moins on compte de femmes à leur tête. Sondage.

 


Une femme pour trois hommes au poste de dirigeante

Moins d’une entreprise sur trois est dirigée par une femme. Et seulement une sur cinq parmi les entreprises de plus de 50 salariés. Alors que les femmes représentent près de la moitié des actifs et 40 % des cadres supérieurs, les dernières données de l’Insee* montrent que, plus visibles avec 34 % dans le secteur de l’immobilier et 30 % dans celui de l’hébergement et de la restauration, les femmes dirigeantes sont beaucoup plus rares dans l’industrie (13 %) et la construction (7 %), deux secteurs bien moins féminisés. Mais à l’inverse, dans certains activités dites « féminines » elles restent en retrait des postes de direction comme dans la banque et des assurances (17 % de dirigeantes), mais aussi de l’information et de la communication (14 % de dirigeantes). 

En cause – selon l’Observatoire des Inégalités – le renouvellement encore trop long des postes des dirigeants historiquement masculins et pour lesquels les femmes cadres étaient moins nombreuses à postuler.  Si l’évolution de la société va dans le sens d’un meilleur équilibre, l’institution constate qu’à « niveau de diplôme équivalent, les femmes optent plus souvent pour la fonction publique. Leurs choix de carrières traduisent aussi pour partie la difficulté à concilier vie personnelle et vie professionnelle à des postes qui peuvent exiger des sacrifices importants en matière de disponibilité familiale. »

 

Des femmes cheffes d’entreprise fragilisées

Enfin du côté de l’entrepreunariat, l’inégalité se joue au niveau du capital puisque les entreprises fondées par les femmes «  lèvent en moyenne deux fois moins de fonds que celles dirigées par des hommes, ce qui accentue leur fragilité en cas de crise  », explique Karine Pho, vice-présidente du Réseau Mampreneures France, qui vient de lancer une pétition en soutien de l’entrepreneuriat féminin aux côtés d’une vingtaine d’autres associations membres du collectif Elle & Co pour les femmes dans l’économie.

 

L’occasion de rappeler que le confinement a particulièrement fragilisé les femmes cheffes d’entreprise. Marie Eloy, présidente du réseau “Bouge ta boîte”, expliquait au micro d’Europe 1 que tous les entrepreneurs sont impactés, les femmes le sont encore plus : “La moitié d’entre elles étaient dans le rouge au bout d’un mois de confinement, et les 3/4 étaient confinées avec enfant“. Une situation particulièrement difficile pour les mères seules avec « 43% d’entre elles qui n’ont pas du tout pu maintenir d’activité pendant ce mois », rappelle-t-elle. La crise a mis en lumière un des enjeux majeurs de l’inégalité femme-homme qu’est la garde des enfants pour arriver à concilier vie professionnelle et vie familiale. Un pas politique doit encore être franchi pour adapter nos institutions aux transformations sociales et sociétales et à s’engager résolument sur la voie de la conciliation vie familiale et vie professionnelle.