Entrepreneure et french pédagogue, Cécile Vialle a fondé Campus Langues. Ici, les étudiants venant des quatre coins du globe viennent y parfaire leur maîtrise du français ou de l’anglais. Au-delà de l’apprentissage de la langue, elle cherche à mettre en avant la culture française et son art de vivre: un beau défi pour une entreprise qui vient de fêter ses 20 ans. Rencontre. 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir entrepreneure ?


A 25 ans, je ne voulais surtout pas être dans un schéma conformiste en restant dans ma zone de confort. L’aventure de l’entrepreneuriat me semblait idéale pour mettre à l’épreuve mon goût du risque, dépenser mon énergie et développer une activité professionnelle où l’ennui ne pourrait pas survenir !

Quel a été le déclic de la création de Campus Langues ?

Après des études de philosophie qui m’ont passionnée, j’ai choisi la voie des langues étrangères qui me semblait un marché dynamique et à fort potentiel, tout à fait en phase avec mes aspirations d’entrepreneure. J’ai d’abord créé une école d’anglais, avec des cours pour les particuliers à une époque où l’on se formait aux langues essentiellement à travers la formation continue au sein de son entreprise. En soi, c’était déjà une nouvelle façon d’enseigner !

Face à la concurrence, quel est votre atout pour vous distinguer ? 

Dès le début, je me suis intéressée aux pédagogies innovantes. Très vite je me suis rendu compte que les étudiants, en majorité internationaux, étaient la cible idéale pour Campus Langues. C’est en les écoutant que j’ai pu adapter les programmes aussi bien à leur contraintes budgétaires qu’à leur rythmes de vie. Ma priorité était de disposer d’une organisation permettant à tous mes publics d’accéder à une formation linguistique de qualité. J’ai donc lancé des cours à des rythmes adaptés à chaque public, et j’ai privilégié des modalités d’inscription simples et des conditions de fonctionnement assez souples de façon à conserver un juste rapport qualité-prix.

Quels ont été vos défis pour entreprendre ?

En 1996, créer une entreprise à 25 ans n’était pas simple. On ne parlait pas encore de start-up : les structures d’accompagnement comme les pépinières, les espaces de co-working et les réseaux de jeunes entrepreneurs n’existaient pas ou étaient beaucoup moins développées. Je devais affirmer ma légitimité non seulement auprès des banques et des institutions, mais également vis-à-vis de mes clients et même de mes équipes ! C’est en croyant en moi et en mon projet, et grâce à des premiers résultats prometteurs, que j’ai pu être reconnue et faire grandir mon projet.

Etre entrepreneure implique de savoir être « multi-casquettes », de se familiariser avec tous les domaines de la gestion d’une entreprise. J’étais très à l’aise avec la stratégie et la vente, par contre les aspects comptables ou administratifs me semblaient beaucoup plus rébarbatifs ! Un vrai défi que j’ai su relever.

Quels sont les obstacles, les difficultés que vous rencontrez dans votre quotidien de dirigeante ?

Chaque difficulté est une opportunité pour progresser. Et des difficultés, il en surgit au quotidien ! Notre monde, en particulier notre environnement dans l’éducation, est en perpétuelle évolution. Cela implique de savoir s’adapter dans tous les domaines de notre métier : RH, juridique, commercial, financier. J’ai fait le choix de nous organiser et de fonctionner avec l’idée qu’à tout moment notre présent peut être bousculé et remis en question, et cela de façon totalement imprévisible. Pour les équipes, cela peut parfois être déstabilisant, même si ces nouvelles façons de travailler sont source de résilience et de créativité pour diminuer les risques d’échec.

Qu’est-ce qui vous passionne en tant qu’entrepreneure ?

La diversité des réflexions et des actions ! Mon côté « touche-à-tout » est bien servi par le quotidien et les défis de Campus Langues. Les risques inhérents à la gestion d’une entreprise donnent du piment à cette aventure entrepreneuriale. J’aime rencontrer et échanger avec des profils très différents et des professionnels de tous horizons. Enfin, manager une équipe pour qu’elle reste soudée et fêter avec elle les succès de notre entreprise est une vraie source de joie.

Mon plus beau souvenir ? L’anniversaire des 20 ans de l’entreprise en 2016. Cela a été l’occasion de regarder avec fierté le chemin parcouru avec mes équipes. Beaucoup de travail, et encore plus de conviction, sans oublier la passion de créer, de partager et de transmettre.

Des projets que vous pouvez partager ?

Nous avons trois sites dans l’Est parisien et un autre à la Défense. Nous projetons à court terme de répondre à la demande en ouvrant un nouvel établissement dans une commune du Sud-Ouest de Paris.

cécile vialle à campus languesQuelle entrepreneure êtes-vous ?

Je suis une entrepreneure déterminée ! Pour mener à terme un tel projet, il faut s’accrocher, savoir s’adapter et rebondir. Je pense que pour faire grandir une PME comme la nôtre, il est essentiel de porter de l’attention à son capital humain. Cela implique de savoir développer une confiance mutuelle avec ses managers et ses équipes. Instaurer un management humain ne veut pas dire une absence de cadre ! Mes équipes me font souvent comprendre qu’elles ont besoin d’être guidées avec des décisions claires et clairement exprimées. Je dois donc trouver l’équilibre entre mon envie de favoriser l’autonomie et l’intelligence participative, et la nécessité de prendre position en tant que directrice générale.

Les trois conseils que vous pourriez partager avec une personne qui se lance dans ce type d’activité ?

Les acteurs sont nombreux dans l’enseignement, le projet doit être novateur. C’est un secteur très réglementé : il s’agit donc de bien définir l’apport concret et différenciant qu’il faudra développer tout en respectant les normes et les règles du jeu. Enfin, le facteur humain est la principale ressource : le temps à consacrer aux équipes est d’autant plus important, en quantité comme en qualité.

Quelle est l’énergie qui vous porte le plus ?

J’ai un mental fort qui m’a permis de tenir le cap. Lorsqu’on est dirigeant d’une entreprise, il est vital de préserver son énergie physique au quotidien. Personnellement, j’ai toujours pratiqué régulièrement une activité sportive. Au fil du temps, j’ai également appris à vivre avec mes émotions : je sais quand et comment prendre du recul pour réagir à des situations sensibles et complexes. Pour résumer, je pense que c’est un juste équilibre tête, corps et cœur qui me donne l’énergie d’entreprendre chaque jour.