Fin juin, trois personnes sont mortes en France à la suite d’une vague de chaleur caniculaire provenant du Sahara. Des températures record ont été enregistrées dans toute la France mais également en Europe. Le changement climatique aurait accentué ce phénomène, mais l’Union Européenne peine à trouver un réel accord afin de préserver le climat.

Il s’agissait de trois incidents distincts causés par cette chaleur extrême. Un homme de 70 ans a été victime d’une crise cardiaque provoquée par un choc thermique avec de l’eau froide, tandis qu’une femme de 62 ans et un homme de 75 ans sont décédés sur la plage à cause des températures extrêmes. Il a longtemps été conseillé de ne pas plonger directement à l’eau lorsque les températures sont très élevées car le changement de température que connaît le corps au moment du plongeon peut provoquer une hydrocution. Alors que les températures ont grimpé jusqu’à 45,9°C dans le Sud de la France, les écoles ont été fermées et des soins spéciaux ont été prodigués aux bébés, aux jeunes enfants et aux personnes âgées.

L’inquiétude suscitée par cette hausse des températures était telle que le ministère des Transports du land allemand de Saxe-Anhalt a imposé des limitations de vitesse de 100 km/h sur plusieurs tronçons d’autoroutes en guise de précaution afin de limiter la pollution causée par la chaleur mais aussi afin de limiter les risques d’accidents pouvant être causés par la fonte du bitume.

Le changement climatique est devenu une urgence pour les jeunes d’aujourd’hui. Ainsi, quelques politiciens ont pris en considération le point de vue de l’élève suédoise de 16 ans, Greta Thunberg, qui a organisé une manifestation devant le parlement suédois presque chaque vendredi, l’année dernière.

Elle déclare : « La crise climatique ne prend pas de vacances, et nous non plus ». Ainsi, elle est prête à poursuivre sa protestation hebdomadaire qui a suscité un intérêt dans le monde entier, avec des élèves en grève dans plus de 100 pays.

Les mesures prises concernant la vitesse sur les autoroutes ont été saluées par la chancelière allemande Angela Merkel qui a félicité Greta Thunberg et les étudiants pour avoir pris des mesures fortes en faveur de l’environnement. Après des réticences initiales, son gouvernement s’est joint aux efforts européens pour adopter des limitations d’émissions de CO2 dans l’Union européenne. Même au Royaume-Uni, lieu où le Brexit a été voté, le Parlement a déclaré une urgence climatique. Ils ont d’ailleurs adopté de nouveaux objectifs en matière d’émissions de gaz à effet de serre, en partie grâce aux protestations des étudiants britanniques.

Malgré ces chaleurs extrêmes, l’UE ne s’est pas totalement mise d’accord sur son plan environnemental.

En République tchèque, le Parlement a débattu de la question, mais cela n’a duré que quelques heures, et plus de la moitié des députés ont quitté la Chambre à son ouverture. Les défenseurs de l’action climatique se sont sentis ridiculisés et ignorés. Le plan de l’UE visant à aborder la question du changement climatique a été rejeté par trois autres États membres, à savoir la Pologne, l’Estonie et la Hongrie. Ils ont tous exercé leur droit de veto en se demandant pourquoi l’UE en 2019 devrait chercher à décider de ce qui devrait se passer en 2050.

Une grande partie de l’inaction est due à des situations économiques très contrastées, le niveau du PIB par habitant étant beaucoup plus élevé dans les pays les plus libéraux d’Europe occidentale que dans ceux qui faisaient partie de l’Union soviétique et de sa sphère d’influence. Alors que le PIB par habitant est supérieur à 40 000 dollars en Allemagne (46 250 dollars) et en France (42 560 dollars), il est inférieur à 20 000 dollars en République tchèque (19 860 dollars), en Estonie (18 800), en Hongrie (13 490) et en Pologne (13 650).

L’actuelle fracture européenne en matière de politique climatique est une illustration de la frustration qui règne dans de nombreux pays où les jeunes se sentent désavantagés. Leurs nations, après des décennies de domination soviétique, sont à un stade beaucoup plus précoce de leur développement économique que les nations occidentales. Il en résulte directement que les pays d’Europe centrale et orientale n’ont pas le même niveau industriel que les pays occidentaux et que le fait de commencer à imposer des objectifs visant à atteindre une Europe zéro carbone en 2050 entravera sérieusement les perspectives économiques du flanc est de l’UE.

Même après la forte présence des Verts aux récentes élections du Parlement européen, le défi est de taille, la politique en faveur de la protection environnementale va sûrement atteindre l’économie capitaliste et cela représente un frein pour beaucoup de pays. Si l’économie européenne dans son ensemble allait très bien, la question du climat recevrait un accueil plus favorable. À l’heure actuelle, la croissance, l’emploi et l’économie sont un problème dans l’Est, ils sont donc plus retissant à exercer des concessions pour protéger l’environnement.