L’inauguration récente de Station F montre comment l’univers des start-up se construit en grand. “Think Big” est le maître mot pour conquérir le monde et réunir 1000 start-up dans un même lieu relève de la véritable prouesse.

 

On aurait pu aussi citer Vivatech quelques semaines plus tôt, véritable «supermarché de l’innovation » où grands groupes et fonds d’investissement viennent tour à tour « faire leur marché » de start-up.

Ces initiatives structurantes forment autant d’illustrations du dynamisme de la France et de la remontée de son leadership dans le monde. Soutenu fortement par le nouvel éxecutif, ce sont clairement des atouts pour reconstruire durablement une économie nouvelle, créatrice d’emplois. A noter, aux Etats-Unis, 50% des créations d’emplois sont générées par les start-up.

Cependant, le gigantisme ne doit pas faire oublier la quête de sens. Pourquoi construire grand ? Pour générer quels résultats ? Evidemment la première raison est donnée par le recherche d’une intelligence collective. Dans un monde de plus en plus complexe et incertain, un large collectif d’individus mêlant des expertises hétérogènes est davantage à même d’adresser des défis complexes pour rechercher des solutions innovantes. Mais encore faut-il savoir comment faire travailler ensemble des talents, au service d’un objectif bien défini. L’autre attrait du gigantisme, c’est la rencontre, synonyme d’opportunités business.

La promesse de la Silicon Valley a toujours été de réunir sur un même territoire les acteurs économiques de la filière technologique, les concurrents et les chercheurs, produisant une énergie démonstrative inégalée. En l’état, les éléments de preuves tardent à venir. Si Vivatech est la plus grande réunion de start-up sur 3 jours, aucun résultat n’est communiqué sur les relations qui se sont nouées, les collaborations qui se sont construites, voire les ventes qui se sont opérées durant la période.

En comparaison, le Salon du Bourget peut mettre en avant le chiffre éloquent de 150 milliards de commandes cette année.

Côté incubateur, quelles pépites ont-ils fait naître et grandir ? Quel est leur palmarès dans leur capacité à créer des champions une fois incubé ? Va-t-on voir poindre un classement des incubateurs comme on en dispose pour les business schools ?

Au-delà de l’image positive qu’ils apportent, il y a fort à parier que les grandes réunions de start-up et les incubateurs vont fortement évoluer dans les prochaines années. Ils vont inexorablement s’écarter de leurs modèles d’origine, respectivement le « salon professionnel » et « les bureaux en service partagé » pour délivrer d’avantage de sens et de résultats.

 

S’adapter continuellement et aussi rapidement que les évolutions du monde qu’ils sont sensés soutenir est un défi de tous les jours. Mais ce défi n’est-il pas celui de toutes les entreprises qui veulent rester dans la course ?