Spotahome, c’est un peu le Airbnb de la longue durée. La plate-forme de la Proptech fonctionne avec le même système : en ligne, des propriétaires proposent leur bien à la location. La différence est dans la durée. Là où Airbnb diffuse des annonces de meublés touristiques à la nuitée, l’entreprise espagnole fondée en 2014 s’est spécialisée dans la moyenne et longue durée. Déjà présente dans 33 villes, la start-up souhaite poursuivre sa croissance.

Déjà 1,384 million d’euros d’amendes. Entre le 1er janvier et le 15 août 2018, c’est le montant des amendes sur les locations illégales payées par les loueurs Airbnb à Paris. Un montant déjà supérieur au total des amendes infligées en 2017 (1,319 euros). La mairie de Paris a en effet augmenté le rythme des contrôles contre les quelques 60 000 locations de meublés touristiques que propose cette seule plate-forme. Depuis décembre 2017, tout loueur de meublé doit s’enregistrer auprès de la mairie, et ne doit pas dépasser, depuis la loi Alur de 2014, les 120 jours de location par an.


Si Airbnb s’adresse aux locations touristiques de courte durée en fonctionnant à la nuitée, la plate-forme espagnole Spotahome permet la location de moyenne et longue durée en fonctionnant au mois. Fondée en 2014 à Madrid, la start-up de la proptech déploie un concept similaire : les propriétaires déposent leur annonce en ligne et sont contactés par des loueurs. « Nous voulons permettre aux loueurs et aux futurs locataires de gagner du temps », indique Alejandro Artacho, cofondateur de la structure avec Hugo Monteiro, Bryan Mceire et Bruno Bianchi. Pour cela, tout se fait en ligne, même la visite.

L’expatrié, l’étudiant en Erasmus, le stagiaire

« En 2013, je travaillais à Londres dans l’immobilier et j’étais frustré de ne pas voir plus de services en ligne dans ce secteur. En parallèle, je voyais l’émergence de l’industrie du voyage. » L’année suivante à Madrid, l’entrepreneur teste le concept de Spotahome. En quelques heures, leur premier client, un japonais, loue un appartement en Espagne, pour un an et demi. Le profil type de l’utilisateur : un expatrié, un étudiant en Erasmus, un stagiaire qui change de ville pour quelques mois… Des séjours de quelques mois à un an ou deux des budgets serrés ou une impossibilité à se déplacer en amont pour visiter des appartements. Quant aux propriétaires, de l’avis d’Alejandro Artacho, « ils possèdent souvent plusieurs appartements et n’ont pas toujours le temps d’organiser les visites ».

A la place, des « homecherckers » sont chargés de se déplacer dans la future location pour prendre des photos et réaliser une vidéo de visite virtuelle ainsi que lister tous les éléments présents dans le meublé. Des éléments permettant de créer une visite en ligne, mais aussi une fiche détaillée sur laquelle le propriétaire peut détailler ses conditions (garantie…), proposer son prix… « Si l’appartement n’est pas identique à la description, s’il manque des fournitures listées par exemple, le futur locataire a la possibilité d’annuler la location le jour de son arrivée dans les lieux. Nous leur proposons alors une solution d’hébergement d’urgence avant qu’il ne trouve une autre location. » Le premier mois est réglé en ligne en amont, débité une fois que le locataire a validé sur place la location et les mois suivants sont réglés directement au propriétaire en passant ou non par la plate-forme.

Et pour assurer le propriétaire des paiements de loyer et protéger légalement les deux parties, un contrat est signé en ligne et en bonne et due forme. La formule semble fonctionner : l’entreprise emploie 200 salariés à Madrid essentiellement (les homecherckers sont freelance) et Spotahome est déployé dans 33 villes.