La 52ème édition du salon international de l’aéronautique et de l’espace se tient au Bourget du 19 au 25 juin. Pour la première fois, les petites entreprises et les start-up sont mises en avant dans un espace dédié de 2000 m². Le Paris Air Lab est, pour les jeunes pousses, une vitrine et un lieu d’échanges avec les grands groupes du secteur. François Chopard, fondateur de l’accélérateur Starburst, a fourni la majorité des start-up qui seront présentées au Bourget. Il livre les tendances du secteur, côté start-up.

À bord d’un Airbus A 400 M, Emmanuel Macron s’est posé peu après 10 heures ce lundi matin sur le tarmac du Bourget. Le président de la République a inauguré la 52ème édition du Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace (SIAE) de Paris-Le Bourget. Les 324 000 m² du salon seront réservés aux professionnels du secteur jusqu’à jeudi soir, avant d’accueillir le grand public de vendredi matin à dimanche soir. Pour la première fois, 2000 m² sont entièrement consacrés aux PME et start-up de l’aéronautique et de l’espace : le Paris Air Lab, situé dans le hall Concorde du musée de l’air et de l’espace, se veut à la fois vitrine et lieu de rencontre entre jeunes pousses et grands groupes.

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Fondé en 2012 par François Chopard, ingénieur Supélec passé par divers cabinets de conseil en stratégie, le Starburst Acccelerator est le premier incubateur mondial dédié aux start-up de l’aéronautique et de l’espace. Récemment doté d’un fonds de capital-risque de 200 millions de dollars pour soutenir les jeunes entreprises du secteur, c’est donc tout naturellement que le Starburst Accelerator s’est associé à l’événement pour mettre en avant l’innovation. Sur les 100 start-up présentes au Paris Air Lab, 80% proviennent directement de l’incubateur Starburst.

Space X a boosté le secteur

Dans ce cercle très fermé de l’aérospatial, les petites entreprises n’avaient jusqu’à présent pas leur place. « Jusqu’à Space X », souligne François Chopard. « Sans Elon Musk nous existerions pas. » Ce changement de regard sur la start-up de l’aérospatial a « provoqué une sorte de boost », admet-il. « Pour Paris Air Lab, nous avons sélectionné les start-up les plus innovantes », indique François Chopard qui assure avoir essayé d’offrir aux visiteurs « une belle représentativité des différents secteurs ». Son objectif : inculquer un modèle du « tout le monde travaille avec tout le monde ». « Une petite entreprise de l’aéronautique doit dès le départ penser international. Elle doit donc collaborer avec des grands groupes. De plus, ce n’est pas parce qu’elle est française qu’elle est contrainte de travailler avec Airbus », ajoute François Chopard.

Des transports urbains à l’espace, les start-up innovent

« Dans cinq ou dix ans, il pourrait y avoir 10 000 personnes dans l’espace. » François Chopard distingue trois secteurs en fonction de leur éloignement avec la terre : « à 500 kilomètres au-dessus de nos têtes, l’aviation commerciale et le transport urbain. »

Espace
Dans l’espace, les innovateurs créent leur propre station spatiale. Deep Space Industry travaille de son côté à l’exploitation minière des astéroïdes. Made in Space, propose, comme son nom l’indique des objets produits dans l’espace. L’entreprise affirme avoir un contrat avec la NASA pour envoyer un vaisseau muni à son bord d’une imprimante 3D et d’un robot pour créer, depuis l’espace, et éviter des lancements inutiles.

Vols commerciaux
Deux sous catégories complètent celle des vols commerciaux : « les avions qui vont plus vite, ou les avions qui polluent moins », précise François Chopard. Côté supersonique, la tendance est à la création de nouveaux Concorde, en plus petit. L’entreprise Boom s’attelle à la confection d’un supersonique de 50 places qui devrait relier New York à Paris en trois heures trente dès 2020. Côté hybrides, Zunum Aero souhaite proposer des trajets électriques.

Transports urbains et usine du futur
Taxi volant et livraisons par drone ont dépassé le stade de la science-fiction. « C’est un modèle qui est poussé par Uber », estime François Chopard. Lilium développe un engin électrique à la croisée de la voiture et du jet. Delair-Tech des drones pour tout type d’industries. Selon le fondateur du Starburst Accelerator, le succès récent des start-up de l’aéronautique et de l’espace n’est pas seulement imputable à la visibilité d’Elon Musk. François Chopard estime en effet que l’écosystème a évolué et qu’il n’est plus uniquement composé de profils de l’internet. «Désormais, les entrepreneurs sont plus expérimentés et savent s’entourer des bonnes personnes, notamment de porteurs de projets orientés business. » Ce n’est peut-être pas un hasard si cet espace Paris Air Lab a été installé à côté de l’espace emploi.