« Faut-il se lancer à fond dans un projet innovant dont le succès n’est pas garanti ? » – « Comment gérer son entourage quand on crée son entreprise ? ». Grâce à ces conseils, Olivier Roland a réussi à transformer son blog en véritable business. Une vie que l’entrepreneur orchestre depuis n’importe quel pays pour prouver à ceux qui en douteraient qu’il est possible de réussir, en ayant raté ses études.

Widoobiz : Vous avez écrit “Tout le monde n’a pas la chance de rater ses études”, au delà du titre accrocheur, le pensez-vous vraiment ?


Olivier Roland : Bien sûr. Je suis absolument persuadé que j’ai pris la meilleure des décisions en arrêtant l’école à 18 ans. Je n’en serais pas là, à voyager 6 mois par an avec une entreprise qui est au service de ma vie si j’avais poursuivi les études. Il y a une phrase qui n’est pas de moi mais que je trouve remplie de sens : “si vous ne vous battez pas pour réaliser vos rêves, vous allez vous faire embaucher par quelqu’un pour réaliser les siens”.  

W : Dans notre société, les gens qui arrêtent l’école trop tôt sont parfois stigmatisés…

O.R : Et c’est dommage ! Je n’irai pas jusqu’à recommander d’arrêter les études à 18 ans comme je l’ai fait. En revanche, je veux montrer que c’est une possibilité à envisager pour les profils comme moi qui ne sont pas vraiment faits pour le système éducatif. En France, je pense qu’il y a un manque d’état d’esprit entrepreneurial. Quand on fait la comparaison avec le monde anglo-saxon c’est flagrant. Au Brésil, malgré la crise que traverse le pays, les gens ont envie d’entreprendre. Dernièrement, j’ai donné une conférence devant 1500 entrepreneurs, l’énergie qui s’est dégagée était incroyable.

« L’entrepreneuriat est une manière de hacker le système »

W : Quel type d’élève étiez-vous ?

O.R : J’étais l’archétype du Geek, du genre timide. Je ne me sentais pas à l’aise avec le système scolaire. D’ailleurs, un jour mon directeur m’a convoqué pour me dire que j’étais tellement démotivé que j’en arrivais à démotiver les profs.  

W : Donc, vous avez lancé votre première entreprise à 18 ans ?

O.R : Oui, j’ai hacké le système. J’aime beaucoup dire que l’entrepreneuriat est une manière de hacker le système car, quand vous êtes entrepreneur, généralement vous n’avez pas besoin de sortir votre diplôme. J’ai créé mon entreprise à 18 ans, parce que je savais déjà que ça allait marcher.

W : C’est-à-dire ?

O.R : Comme je vous l’expliquais, adolescent j’étais un vrai Geek. J’ai donc acheté mon premier PC à 15 ans. Avec un ami, on s’est rendu compte qu’on arrivait à résoudre des problèmes que des gens autour de nous rencontraient. On a donc décidé d’investir 60F dans une annonce pour proposer des prestations en informatique. On a eu un retour sur investissement de 5000F. À 18 ans, j’ai donc décidé de lancer ma première entreprise de prestations informatiques.

W : Cette entreprise, vous l’avez vendue dix ans plus tard, pourquoi ?

O.R : C’est exact. Je ressentais de plus en plus un déséquilibre entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle. Cette entreprise que j’avais créée pour être libre était devenue une prison. Je travaillais 70h par semaine. En parallèle de mon entreprise, j’ai commencé à tenir un blog dans lequel j’écrivais des chroniques pour partager mes lectures business. Seth Godin, l’un des plus grands marketeurs, mondiaux explique d’ailleurs que vous pouvez tout apprendre en lisant tous les livres de la liste Personal MBA.

« Des entrepreneurs kamikazes, il n’y en a pas tant que ça »

W : Donc vous avez laissé votre entreprise pour vous consacrer à votre blog ?

O.R : Avant de vendre mon entreprise, il me fallait une branche à laquelle me raccrocher. Je me suis demandé comment transformer mon blog en business. Je me suis fait aider par un consultant en marketing et puis, j’ai tout simplement demandé à ma communauté “ Comment voulez-vous que je vous aide davantage ?”. On m’a répondu : “On aimerait que tu nous aides à créer notre entreprise”. J’ai donc créé ma première formation en ligne. Je suis passé de 300€ de C.A par mois à 3000€, puis à 14 000€. J’ai donc vendu un tiers de mon portefeuille client de ma première entreprise puis je suis parti en vacances à l’autre bout du monde. En étant à l’autre bout du monde, je me suis rendu compte que j’arrivais à gagner de l’argent donc j’ai vendu le reste de ma première entreprise.

W : Vous avez préféré attendre de vérifier que votre blog vous permettrait de vivre avant de vendre. Vous n’êtes donc pas un de ceux qui prennent des risques ?

O.R : Ma philosophie est simple, il faut prendre des risques mesurés. Je pense qu’il ne faut pas foncer tête baissée en prenant des risques inutiles. Au contraire, il est indispensable de se confronter à la réalité du terrain, de tester avant d’accomplir. La plupart des entrepreneurs à succès restent mesurés dans la prise de risque. Il y a bien sûr des entrepreneurs kamikazes, mais il n’y en a pas tant que ça.

W : Aujourd’hui vous voyagez 6 mois par an, vous vivez de votre blog, c’est ça votre définition de la réussite ?

O.R : C’est ma définition à moi. Je me focalise plus sur la qualité de vie que sur l’argent. Je préfère m’acheter des expériences que des objets. Pour notre épanouissement personnel, il y a une notion d’équilibre à respecter. Le travail c’est important, mais il y a d’autres manières de vivre. Un être humain, qu’il soit salarié ou entrepreneur a peur du vide, de l’ennui. Pour combler ce vide, souvent, il travaille. Tim Ferriss, l’un des entrepreneurs qui m’a le plus inspiré dans ma vie [ auteur de La Semaine de 4h ] explique qu’il faut trouver des activités qui nous passionnent pour se motiver, et réussir ainsi à optimiser son temps de travail. Il y a une aliénation par rapport aux horaires de travail aujourd’hui. Peu de gens sont réellement passionnés par leur travail. Et ça, c’est sans doute le plus gros échec de notre société moderne. Moi, je m’épanouis en voyageant et en aidant des milliers de personnes. J’ai une liberté extraordinaire que des gens plus riches que moi n’ont pas.

W : En ce moment, qui vous inspire ?

O.R : Je viens de finir la biographie d’Albert Einstein. Sa vie est passionnante. D’ailleurs, c’est le même biographe que celui qui a écrit la vie de Steve Jobs.

@Julie Galeski