Don : Pour la première fois, trente ONG et fondations se regroupent sur une même plate-forme, Commeon, et sous un même mot-dièse, #solidaritedigitale. A l’approche des fêtes, propice à un regain de générosité, et en cette période de fin d’année, propice à la défiscalisation, la market place du mécénat participatif compte attirer de nouveaux donateurs, et notamment des jeunes, alors que le rapport annuel Recherches & Solidarités publié lundi 4 décembre vient de montrer que les Français ont été moins nombreux à donner en 2016.   

Handicap International, Reporters Sans Frontières, Fondation Entreprendre, Terre et humanisme, Les Apprentis d’Auteuil… Trente ONG et fondations, côte à côte et coude à coude sur une même plate-forme, Commeon, et sous une même bannière #solidaritedigitale. C’est une première. Avec un objectif simple : attirer et fidéliser de nouveaux donateurs.  


Et le timing est doublement bien trouvé. D’une part, le mois de décembre est traditionnellement la période des dons. « 41% des collectes sont réalisées durant le dernier trimestre de l’année », indique Thérèse Lemarchand, fondatrice de la start-up. « Décembre est le mois où l’on pense aux autres, et puis, il s’agit d’une échéance fiscale », souligne cette ancienne ingénieure EDF qui rappelle que les dons sont déductibles fiscalement. D’autre part, La Croix a publié ce lundi 4 décembre, l’étude du collectif Recherches & Solidarités, selon laquelle les Français ont été moins généreux en 2016.

Défiscalisation et portefeuille numérique

En 2016, le nombre de foyers fiscaux ayant déclaré des dons a reculé de 4,2% par rapport à l’année précédente, selon le collectif. Ainsi, 5,28 millions de foyers ont déclaré un don en 2016, contre 5,51 millions en 2015. Au total, 2,49 milliards d’euros ont été donnés, un chiffre quasiment identique à l’année précédente, alors que depuis une dizaine d’années, ce montant augmentait de manière constante chaque année. Conclusion, les Français ont été moins nombreux à donner, mais ont été plus généreux, avec un don annuel moyen de 472 euros, soit une augmentation de 5%. « Une surprise », selon Jacques Malet, fondateur de Recherches & Solidarités, cité par La Croix. Car en 2016, plusieurs catastrophes naturelles, auraient dû, comme cela est habituellement le cas, booster les dons. Cela n’a pas été le cas. L’explication serait à chercher du côté de la baisse du nombre de foyers imposables, des rumeurs autour d’une réforme de l’ISF, mais surtout, d’un vieillissement de la population des donateurs. « Le signal est suffisamment net pour nécessiter  une prise de conscience des associations », ajoutait-il au quotidien. « Alors que les donateurs plus âgés sont souvent fidèles à une association, les plus jeunes ont envie de financer un projet précis. »

Et il semble que les associations soient en train d’anticiper la diminution du nombre de donateurs et d’adapter leur modèle de communication. « 92% des dons sont réalisés en fidélisation, par des donateurs existants. Il y a donc peu de renouveau et cette population est vieillissante », a pu constater Thérèse Lemarchand. C’est ici qu’intervient l’initiative de Commeon, la market place du financement participatif fondée en 2014. Derrière le mot-dièse #solidaritedigitale, trente ONG et fondations. Le mécène Commeon peut créditer son portefeuille électronique et répartir ses dons, en fonction des projets qu’il souhaite soutenir et financer. « Nous avons un donateur qui a crédité son compte de 1000 euros qu’il a ensuite réparti sur cinq associations différentes », raconte Thérèse Lemarchand qui s’enorgueillit d’avoir sur sa plate-forme « 50% de donateurs âgés de moins de 50 ans ».

Une initiative bienvenue quand on sait que les dons en ligne ne représentent que 8%, selon une étude Kantar. Pour #solidaritedigitale, pas de mutualisation : chaque organisation recevra le montant exact émis par le donateur qui recevra un reçu fiscal de l’ONG et des nouvelles de l’avancement du projet soutenu. Sur la plate-forme, il y a donc un peu de concurrence, avoue l’entrepreneure. « Mais comme partout. Les marques se rapprochent par exemple dans les centres commerciaux ou sur les sites de e-commerce pour se répartir le flux des clients », remarque-t-elle. Démarche similaire ici. Mais une volonté de renouveler et fidéliser une communauté de donateurs.