Après avoir fourbi ses armes dans le conseil et à la tête de la prestigieuse agence de publicité McCann Erickson pour la France, le fondateur de UNOWHY s’est découvert une âme d’entrepreneur. Retour sur un parcours sinueux jalonné de doutes, mais également de fulgurances et de coups de génie, avec en toile de fond, la volonté chevillée au corps de placer le client puis l’utilisateur au cœur du « réacteur ».

Georges Clooney et son sourire angélique et enjôleur sirotant une tasse de café ponctué par le désormais sacro-saint « What Else ? » : une fierté pour Jean-Yves Hepp. « Il est vrai que cela demeure mon plus gros fait d’armes », souligne le stratège qui a contribué à mettre sur orbite la « fusée Nespresso » dans le monde entier. Un épisode gravé dans la mémoire de celui qui n’est pas encore un entrepreneur mais qui, encore aujourd’hui, narre cette séquence avec une certaine nostalgie, les yeux pétillants.

« Cela a été une expérience assez fabuleuse. J’avais d’autres gros clients mais celui-ci j’y accorde une importance toute particulière », raconte celui qui est, à l’époque – au début des années 2000 – à la tête de la puissante agence de publicité McCann Erickson dans l’Hexagone, familière des aficionados de la série Mad Men. En dépit de ce coup de com’ incroyable, l’homme de 50 ans n’est pas de ceux qui regardent l’avenir dans le rétroviseur, quand certains, pour moins que cela, continueraient de s’accrocher à de vieilles lunes. Ce père de trois enfants continue de tracer un sillon qui le mènera jusqu’au firmament de la EdTech, avec sa tablette éducative SQOOL réduisant Samsung, Lenovo, HP – et bientôt Apple ? – au simple rang de poursuivants.


Le client au cœur

La genèse de celui qui est aujourd’hui à la tête de UNOWHY prend corps dans le monde du conseil. Après une brève incursion dans les médias – au sein de la revue spécialisée Usine Nouvelle – Jean-Yves Hepp, qui a gardé de cette expérience un grand goût pour la presse, notamment magazine « Je suis le meilleur client de la Maison de la Presse, au grand dam de ma femme », intègre ce qui est le plus grand cabinet d’audit et de conseil du monde : Arthur Andersen. Cabinet d’où émergeront notamment les mastodontes du conseil que nous connaissons aujourd’hui comme Accenture.

Il monte alors la practice de conseil en stratégie marketing et CRM à destination de clients B2C comme l’Oréal, Nestlé, Coca Cola ou encore BNP. Son sacerdoce ? Horizontaliser les entreprises, à savoir passer d’une logique produit à une logique clients. « Aujourd’hui, le client est au cœur du sujet et c’est très difficile pour les grands groupes de se réorganiser autour de lui », développe-t-il. La volonté de mettre le client au centre du dispositif fera résolument office, tout au long de son parcours, de condition sine qua non, à la réussite des différents projets.

Dans le grand bain de l’entreprenariat

Après avoir exploré le monde du conseil, Jean-Yves Hepp met le cap, comme évoqué en préambule, sur la publicité et McCann Erickson avec le succès que l’on connaît. Après plusieurs coups d’éclat, il se retrouve propulsé à la tête de l’entité française. Mais à 40 ans, l’homme semble davantage enclin à voler de ses propres ailes, opposant une fin de non-recevoir à la proposition de la célèbre agence de partir aux Etats-Unis, pays cher à son cœur et où il se rend régulièrement depuis 1976. « Je voulais voir ce que c’était que de monter ma propre boîte », pour expliquer ce choix de renoncer à un emploi lucratif pour plonger dans le moins confortable marigot entrepreneurial.

L’homme est à la recherche de la bonne idée. Nous sommes alors au début de l’année 2007 et Jean-Yves Hepp anticipe – une fois n’est pas coutume – la « révolution des contenus ». A cette époque, l’iPhone est sur la rampe de lancement, l’iPad est encore dans les cartons et Youtube émerge à peine. C’est alors que l’ex-patron de McCann France, fort de ce postulat, cisèle son projet. « Le monde des contenus va changer et nous allons devoir fournir des contenus en fonction des attentes et des aspirations des gens. Leur donner clé en main ce qu’ils veulent sur différents supports ». UNOWHY – « tu sais pourquoi » – est né. Jean-Yves Hepp va alors matérialiser une idée simple de prime abord mais qui, comme chaque coup de maître, est le fruit d’une expérience personnelle. « J’étais en voiture sur les Champs-Elysées et je pensais à ma mère, qui commence à prendre de l’âge, et je me demandais en féru de cuisine et de bonne bouffe, comment nous allions conserver ses recettes, notamment celle du couscous qu’elle cuisine excellemment bien », se remémore Jean-Yves Hepp.

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