Look « vintage », esprit « rock », les lunettes Vinyl Factory cartonnent auprès des stars. Jean-Louis Aubert, Justice ou Ben Harper les ont déjà sur le nez. Focus sur la marque d’optique la plus en vue du moment.

Le vintage est à la mode. Notamment chez les jeunes qui se ruent dans les boutiques ou sur le web pour chiner des vêtements et des objets anciens. Et pas seulement pour leur style inimitable qui fleure bon les « trente glorieuses », mais aussi parce que le vintage est écologiquement correct. Synonyme de recyclage, d’économie circulaire (ucycling) et de respect de l’environnement.
« Acheter vintage, c’est notre manière de réduire notre facture écologique » plaident les jeunes lors de la grande manif parisienne pour le climat. Alors forcément les articles de mode d’occasion, chargé de vécu, à l’impact sur l’environnement déjà amorti, ont la cote.

« Le vintage, on est tombé dedans tout petit » s’amuse Gad Guigui. Avec son frère Mickaël et sa sœur Élisabeth, ils ont créé, en 2011, la première marque d’optique à l’esprit vintage, Vinyl Factory.

Mais pour cette famille d’opticiens, le vintage n’est pas seulement un positionnement marketing, mais une véritable religion. Et elle a son temple : le siège de l’entreprise à Courbevoie. À l’extérieur, le bâtiment blanc, cubique, posé sur les quais en bord de Seine ne paye pas de mine. Mais à l’intérieur, c’est un véritable musée du vintage tendance rock’n’roll rempli d’icônes du design. Une caverne d’Ali Baba du « cool ».

Photo Eric Demarcq

Des guitares par dizaines accrochées aux murs, toutes dédicacées par des stars du rock, de Johnny Hallyday à Muse en passant par Ben Harper, Pascal Obispo ou ZZ Top. Une extraordinaire collection de canettes et de bouteilles de Coca-Cola. Des vieux flippers. Des fauteuils de barbiers, des anciens distributeurs à sandwichs…

Dans l’espace réservé à la restauration, ambiance « Happy Days ». Les meubles sont en skaï rouge, le bar en formica… Ce n’est pas Fonzi, le héros de la série, mais Mickaël, le patron, qui passe derrière le bar pour faire la popote à ses collaborateurs.

« Pour l’inspiration, nos designers n’ont qu’à lever la tête », explique Mickaël qui s’occupe du développement et des partenariats de la marque .

Ce dernier assure d’ailleurs que l’idée de créer des lunettes de vue et solaires vintage lui est apparue dans un rêve. « Un matin de 2007, je me suis réveillé et j’avais le concept et le nom de l’entreprise ». Ce sera Angel Eyes pour l’entreprise et Vinyl Factory pour la marque de lunettes.

Une véritable révolution pour ce diplômé en optique, et son frère Gad, pharmacien de formation, qui dirige désormais l’entreprise.

Car au début, rien ne les prédestinait à devenir les rois de la lunette vintage.

« Nous avons commencé en rachetant et en gérant des magasins d’optique à Paris » explique Gad Guigui, l’aîné de la famille. Pour se distinguer des concurrents, l’entreprise distribue, sous licence, des collections de montures assez pointues, notamment des marques anglaises. À bonne école, ils décident de lancer en 2011, leur propre marque : Vinyl Factory, une signature rétro qui allie la folie du Pop’art et le vintage, le tout à la sauce musicale.

Des produits de qualité, entièrement conçus en France mais fabriqués en Asie pour pouvoir les proposer à des prix abordables (les montures sont vendues entre 150 et 180 euros en magasins) qui offrent un mariage de couleurs, de matières et de looks qui rendent chaque monture remarquable.

Photo Eric Demarcq

Avec un certain souci du détail. Les branches des lunettes portent un insert « disque d’or » et se terminent par une tête de guitare de Fender Stratocaster. Les montures sont livrées dans un étui en cuir avec une doublure « effet tapisserie Pin-up années cinquante » et un petit chiffon doux et rond comme les bons vieux disques en vinyle 33 tours. Le tout rangé dans une boîte en forme d’ampli de guitare Marshall et ses fameux boutons dorés. Chaque modèle rend hommage à un artiste : Chedid, Benatar, Bertignac, Buckley…

Pour mettre en avant son offre « décalée », vendue dans plus de 1 000 points de vente dans 22 pays, Vinyl Factory innove également dans sa façon de communiquer. Partenaire du Disquaire Day (équivalent français du Record Store Day), la marque est également sponsor de nombreux festivals tels que Le Printemps de Bourges, Garorock, Fnac Live, Rock en Seine, ou encore du Mondial du tatouage.

Photo Eric Demarcq

Mais pour être visible, la marque peut aussi compter sur les nombreux « people » qui portent ses modèles, tels que Pete Doherty, Patti Smith, Sam de Shakaponk, Texas, Jean-Louis Aubert et beaucoup d’autres.

Et quoi de plus logique que d’exposer ses modèles dans le Panthéon des artistes, l’Olympia à Paris où Vinyl Factory a ouvert un corner en 2014.

Dès le lancement, l’engouement pour le concept est tel qu’une gamme de produits dérivés a été lancée, avec des sacs, des casquettes, des amplis, casques de motos et même des petits extincteurs.

Et le succès est au rendez-vous ! En 2017, Angle Eyes, la maison mère a intégré le très sélectif classement des « 500 surdoués de la croissance » réalisé par le journal Les Échos et Statista. Classée 408e, la société des Guigui se targue d’afficher un taux de croissance annuel moyen autour de 17, 8 %, soit 63,4 % sur trois ans. Le chiffre d’affaires a bondi de 2,5 millions d’euros en 2012 à 4,15 millions en 2015 puis à 6 millions en 2018. Enfin, côté recrutement, l’entreprise francilienne a vu ses effectifs passer de 17 à trente collaborateurs.

De quoi donner des ailes à nos opticiens qui ont complété leurs gammes en créant une deuxième marque, Freakshow. Sur fond d’ambiance « arty » et Hollywood, cette fois.

Vinyl Factory
Photo Eric Demarcq

La société Angel Eyes veut désormais faire les yeux doux au sud de la France et aux années cinquante pour sa nouvelle ligne baptisée « Mazette ! » Mais il faudra attendre septembre pour en savoir plus sur cette marque qui se veut plus abordable en terme de prix.