Le guide pour start-up de Marc Andreessen, « When the VCs say no », soulève une question importante sur la localisation des start-up qui cherchent à lever des fonds. « Il faut que, comme capital-risqueur, je conduise plus de 20 minutes dans ma Mercedes SLR McLaren pour arriver là ! »

Malgré le caractère ironique de cette remarque, le temps est une donnée des plus précieuse pour les venture capitalists (VC). C’est pourquoi, surmonter la distance est un énorme défi pour les start-up étrangères qui sont à la recherche d’investissements aux États-Unis. Comment convaincre les capitaux-risqueurs de faire une exception pour votre entreprise ?

Les investissements réalisés par les sociétés de capital de risque aux États-Unis s’élevaient à 12,81 milliards de dollars au troisième trimestre 2018. Soit une croissance de 30% par rapport à l’année précédente, selon Statista. La hausse atteind même 46% si on prend en compte la période de juillet à septembre 2016.

Pour lever des fonds aux États-Unis, il faut que l’entreprise soit déjà installée sur le marché américain, avec des consommateurs locaux, des partenaires commerciaux et un dirigeant sur place pour gérer l’opérationnel. Sinon, les chances de convaincre une société de capital-risque d’investir diminuent beaucoup, et en particulier pour les jeunes pousses.

Il y a des exceptions, comme la start-up française Invectys, crée en 2010 et qui en octobre 2018 a levé 15 millions d’euros auprès d’un family office américain très actif dans le domaine des sciences. La start-up fait de la R&D sur un vaccin contre un certain type de leucémie chronique.

Mais de manière générale, les VCs sont prudents avant de s’aventurer dans des sociétés étrangères. Le fisc américain oblige les fonds à fournir des tonnes de documents pour s’assurer que l’investissement n’est pas une échappatoire à l’impôt.

L’autre problème est que les VCs sollicitent leur entourage pour obtenir des références sur l’entreprise. Si l’entreprise est trop distante, le processus d’audition des comptes et de vérification des bilans (connu sous le nom de « due diligence ») coûte plus cher et prend plus de temps. Quand la langue utilisée dans les documents de l’entreprise n’est pas l’anglais, c’est encore plus difficile.

Les bons projets arrivent toujours à se faire financer ! Cependant, certaines stratégies peuvent être utiles. Comme par exemple avoir des chiffres qui montrent une réelle progression du chiffre d’affaires sur le marché US. C’est vraiment un argument convaincant.

De même, avoir l’aide d’un VC basé dans votre pays, pour vous présenter à un VC américain, peut également représenter un plus.  Il ne faut jamais sous-estimer la force du réseau !