Khalia était en CM1 quand sa mère lui a offert un ordinateur. C’est à partir de là qu’est née une véritable passion. Son intérêt précoce pour la technologie l’a conduite à s’inscrire dans un lycée public technologique où elle est tombée amoureuse de la programmation informatique. Naturellement, la jeune Américaine s’est inscrite dans un programme universitaire informatique, puis dans un Master en technologie de l’information, avant de commencer sa carrière chez Apple en tant qu’ingénieur en expérience utilisateur dans la Silicon Valley.

Khalia Braswell fait partie des 3 % de femmes noires à obtenir un diplôme en informatique et des 12 % de femmes noires et latines qui forment la main-d’œuvre en informatique et en sciences de l’information. Après quelques années de carrière, Khalia a continué à voir peu de femmes de couleur employées dans des postes techniques dans son entreprise. Motivée par sa propre expérience pédagogique en technologie, elle savait qu’elle devait faire quelque chose pour remédier à ce manque de représentation.

En 2014, Khalia fonde donc INTech Camp for Girls, une organisation à but non lucratif ayant pour but d’informer et d’inspirer les jeunes filles à innover dans l’industrie technologique. Reconnaissant que l’industrie eût besoin d’une représentation diversifiée, Khalia quitte son emploi chez Apple en début 2018 afin d’ouvrir la voie à la prochaine génération. Un geste audacieux, mais pour Khalia, le risque valait la peine d’être pris pour le retour sur investissement de ses élèves, d’un point de vue social.

« Pour les adeptes de technologie, Apple est comme le Saint Graal. C’est là-bas que mon aventure a commencé, mais j’ai senti que j’avais envie d’en faire plus. On parle beaucoup de mobilité économique et je ne voulais pas que des jeunes filles comme moi ratent des opportunités », explique Khalia Braswell. « Apple était mon premier emploi à plein temps mais j’ai pris la décision de partir parce ce qu’il était trop important pour moi d’accomplir cette mission. »

Les métiers de l’informatique sont la première source de nouveaux salaires aux États-Unis. Selon le Bureau of Labor Statistics, environ 500 000 nouveaux postes seront ajoutés à l’économie américaine avec un taux de croissance global de 13 % entre 2016 et 2026. Le salaire annuel médian pour ces postes s’élève à 84 580 $, soit deux fois plus que le salaire médian total de 37 690 $. Cependant, les jeunes filles de couleur ne sont pas en position de prétendre à ces postes en informatique, malgré le fait que les filles en général sont 10 fois plus susceptibles de s’y intéresser lorsqu’elles y sont exposées au cours de leurs 12 années scolaires. Les femmes noires et latino-américaines sont les plus laissées pour compte, représentant moins de 10 % de l’industrie combinée.

Bien qu’il existe de nombreuses organisations qui se concentrent sur l’éducation technologique des jeunes filles aux États-Unis, il y a très peu de ressources et de possibilités à l’extérieur de la Silicon Valley, selon Khalia. Au constat de ce manque d’opportunité, elle savait que son organisation pourrait avoir un impact durable sur la vie des jeunes filles issues de communautés négligées.

L’ambition de Khalia Braswell est de combler ce fossé digital qui persiste entre les jeunes filles de couleur et l’innovation. INTech Camp for Girls a récolté plus de 130 000 $ et s’est depuis associé à de grandes entreprises comme Walmart, Facebook et Credit Suisse, qui jusqu’à présent ont aidé plus de 1 000 jeunes filles de couleur grâce à des expériences de durée variable.