Son idée est simple : transformer les revenus de la publicité en dons pour des associations. Vincent Touboul Flachaire n’avait que 18 ans quand il a lancé Goodeed. Aujourd’hui âgé de 22 ans, sa plate-forme sociale comptabilise près de 280 000 inscrits. Fin septembre, le jeune homme a été invité par la fondation Bill et Melinda Gates à la cérémonie des Goalkeepers, un événement pour mettre en avant les citoyens qui agissent pour le développement durable et contre la pauvreté.

Tutoiement immédiat – dès le texto confirmant le rendez-vous – sourire franc et décontraction naturelle. Vincent Touboul Flachaire a la tranquillité du jeune homme embarqué dans une aventure un peu folle, un peu plus grande que lui. L’entrepreneur de 22 ans revient de deux jours à New York où il était invité, les 25 et 26 septembre, à l’événement Goalkeepers organisé par la fondation Bill et Melinda Gates.


Depuis deux ans, le couple de philanthropes réunit ceux qui agissent en faveur du développement durable et contre la pauvreté. Vincent Touboul Flachaire fait un peu des deux… et même un peu plus. Avec Goodeed, il permet aux internautes de réaliser des dons et financer des projets bien précis sans dépenser d’argent. Pour cela, ils regardent sciemment une simple vidéo ou une page de publicité.

Sur scène en 2017, Malala Yousafzai, pakistanaise de 21 ans et prix Nobel de la paix en 2014 ou encore le premier Ministre Canadien Justin Trudeau. Cette année, le Président Emmanuel Macron ou encore la journaliste Savannah Sellers. Et Ed Sheeran, ajoute Vincent Touboul Flachaire.

 

L’entrepreneur était invité avec plusieurs centaines de citoyens du monde entier à assister à la soirée. Mais le jeune Français était le seul à apparaître dans la vidéo tournée à l’occasion.

Il faut dire que Vincent Touboul Flachaire a monté, à 18 ans, une plate-forme qui repense le don. « Je lisais l’ouvrage de Muhammad Yunus sur les entreprises sociales, ça a été le déclic », raconte le jeune homme. « A l’époque, les publicités en ligne étaient omniprésentes et intrusives. J’ai donc eu l’idée de transformer un truc vicié en quelque chose de positif. »  

Goodeed est donc une régie pub solidaire. Les publicités sont vendues et présentées sur le site. Autre acteur de l’équation, les associations qui présentent le projet à financer. De son côté, l’internaute sélectionne le projet qu’il souhaitent soutenir, puis regarde une publicité pendant une vingtaine de secondes. Après quoi, il valide le don. Un don en ligne sans dépenser d’argent.

Déjà 70 associations ont été séduites et 130 projets ont été financés à hauteur de 16 millions de dons gratuits. « Nous sommes très attentifs à mettre un annonceur cohérent par rapport au projet », souligne Vincent Touboul Flachaire.

A 22 ans, le jeune homme dirige une petite entreprise d’une quinzaine de personnes. « Se lancer est facile, j’ai eu une idée, gagné des concours, le plus dur est de passer de l’idée à sa concrétisation. Et j’ai fait beaucoup d’erreurs », admet le CEO de Goodeed. Après le buzz de 2014 et une levée de 500 000 euros auprès de business angels en 2015, l’entreprise a été rachetée cette année par La Banque Postale et Kiss Kiss Bank Bank (qui appartient également à la La Banque Postale). « Avoir un partenaire comme La Banque Postale, qui est la première banque citoyenne, et ne plus avoir à me préoccuper de levée de fonds me permettent de me concentrer sur le développement de nouveaux produits. » Prochaine étape : un « Goodnetwork » pour faire un don directement à partir d’articles.