Avec 43 000 visiteurs ce 11 octobre, l’événement “BPI France Inno Generation” (BIG) s’impose comme incontournable de l’écosystème européen des start-up. En une seule journée, les stars de l’économie et de l’entrepreneuriat se sont succédées à Bercy dans l’Accor Arena, plein comme dans un concert de rock. Le message est clair : ” voyez grand “.

sur scène, Bernard Liautaud, fondateur de Business Objects, une ancienne “Licorne” française, et associé du fonds Balderton Capital (crédits JFC)

Le succès fut incontestablement au rendez-vous ce 11 octobre. Sur la gigantesque scène principale et 8 scènes secondaires, les tables rondes et les speakers se succèdent sans discontinuer jusqu’à la nuit et font salle comble. Le ministre Bruno Le Maire est venu en voisin et la météo estivale contribue à donner un moral d’acier aux très nombreux participants.

En 6 ans et 4 éditions de BIG, BPI France s’est imposé comme un acteur majeur dans le paysage de l’entrepreneuriat français et européen. Parce qu’il le finance largement, bien entendu, mais aussi parce qu’il l’anime et le fait se rencontrer dans des événements comme BIG. En s’adjoignant des speakers – et des supporters – de talent, de Xavier Niel (Iliad – Free) à Sebastien Bazin (Accor) en passant par Bernard Liautaud ou Isabelle Kocher (Engie), les grands noms de l’économie en croissance ont répondu présent et contribué au succès de l’exercice. Ils ont bien compris le message de collaboration active avec les start-up, et jouent le jeu de façon plus soutenue chaque année. 

Car le message fut clair en 2018 : voyez grand et jouez collectif. L’ouverture de Nicolas Dufourcq, Directeur Général de BPI France, donne le ton. Après des premières éditions à la cité de la Mode, BIG est maintenant à Bercy depuis 2017, signal que toutes les ambitions sont possibles. Station F, le plus grand campus de start-up du monde, est juste à côté. Les fonds hexagonaux ont effectué récemment de grosses levées et savent investir de très gros tickets qui font que la scène française de l’innovation n’a pas à rougir de sa capacité à financer. La France ne manque encore que de grands succès, et de start-up qui valent plus d’un milliard, ces fameuses licornes, bien moins nombreuses qu’en Grande-Bretagne ou en Chine, et les rachats sont encore très rares. Qui rejoindra Criteo, OVH, Blablacar et anciennement Business Objects dans ce club fermé ? Ledger, la success story des coffres-fort digitaux des cryptomonnaies ? Toutes les rêves sont possibles.

A la différence des grands salons de start-up qui durent plusieurs jours, le CES à Las Vegas en janvier, FY4N à Barcelone en février, Vivatech à Paris au printemps, le Web Summit à Lisbonne en novembre ou Slush en Finlande en décembre, BIG est résolument concentré sur une seule journée et fortement axé sur le networking. L’événement a le grand mérite d’être gratuit et de ne mobiliser les participants que sur un temps court… pour vite retourner travailler ensuite. Il y a finalement peu de start-up qui exposent, une centaine environ, soit une fraction des autres salons similaires. Mais là n’est pas l’enjeu : on vient à BIG pour voir des speakers de renom, des clients, des acteurs de l’écosystème, ses interlocuteurs BPI France ou encore des fonds de venture, largement présents. C’est un “show” qui donne le moral. Les intervenants et participants sont en très grande majorité français, mais toutes les régions se sont déplacées et l’échelle de l’événement permet encore de s’y retrouver sans faire des heures de queue à la différence d’autres manifestations européennes.

Parmi les questions qui se posent cette année, il y a bien sûr celle de l’arrivée des fonds dédiés aux cryptomonnaies, et aux “Initial Coin Offering“. En Asie et sur certains segments du marché américains, les ICO, qui atteignent déjà 7 milliards de dollars (selon Icodata.io), ont dépassé en volume celui du Venture Capital. D’où le succès remarqué de la présentation du fonds britannique KR1.io, coté en bourse, qui a réussi a réaliser de belles plus-values avec Golem et Qtum et qui démontre que ce segment d’investissement n’est pas une chimère. Co-organisée avec Woorton, cette session pose aussi incidemment la question de la place que la France peut et veut prendre dans ce segment des ICO européennes, qui a été largement capté par la Suisse jusqu’à présent.

 

Janos Berghorn du fonds KR1 (Credits : JFC)

 

Le succès massif et croissant de ces manifestations est impressionnant ; où s’arrêtera-t-il ? Prochaine étape pour l’écosystème européen, le Web Summit, qui accueillera à Lisbonne début novembre environ le double de participants et des milliers de start-up, comme en 2017.  Ce sera la quatrième édition du Web Summit dans la capitale portugaise qui vient d’annoncer que l’événement, d’origine irlandaise, y restera jusqu’en 2028… bref un quasi-mariage européen. Un beau coup pour le Portugal qui s’est énormément mobilisé pour développer l’innovation digitale dans ces dernières années, et cette conformation montre qu’il a su aussi s’y positionner comme terre d’accueil des talents.