Les “cars Macron” – Flixbus, Ouibus, Isilines – sont partis à l’assaut de nos routes en 2015. Après des débuts difficiles, c’est peut-être grâce aux grèves SNCF de ces derniers mois que ces sociétés vont pouvoir s’implanter durablement dans le paysage. Au lendemain du dernier épisode de grève unitaire, un premier bilan s’impose. Hugo Roncal, Directeur Général d’Eurolines-Isilines, a connu en avril dernier son meilleur mois depuis le lancement de la filiale. Son souhait : que ces déplacements contraints se transforment en habitude chez les usagers.  

« Avec les grèves SNCF à répétition, en avril, nous avons connu le meilleur mois depuis le lancement de notre activité en France. » Hugo Roncal, Directeur Général d’Eurolines-Isilines, est satisfait, mais prudent. Reste à savoir si l’essai sera transformé. « Nous voulons désormais voir si ces déplacements contraints vont entraîner un report sur notre activité. » Et c’est le scénario qui se profile : « entre deux épisodes de grève nous avons remarqué une augmentation de l’activité qui est plus importante que l’année précédente. »


Après trois ans d’existence, les « cars Macron », issus de la loi d’août 2015 sur « la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques », pourraient bien s’installer dans le paysage des modes de transport en commun grâce aux épisodes de « grèves perlées » que rencontre la SNCF depuis avril dernier. 36 jours, au total. Et autant d’opportunités de voir les usagers du train passer du rail à la route. 

Et la route, c’est la voiture ou l’autocar. « Nos clients ne possèdent pas de voiture individuelle ou viennent du covoiturage car nous sommes moins chers et apportons une assurance en terme de sécurité », constate Hugo Roncal. « Si Blablacar est imbattable sur les villes peu desservies, les passagers s’en détournent sur les destinations très courues et couvertes par les autocars. »  Et 20% des personnes qui ont pris le car n’auraient pas voyagé autrement, selon l’Arafer.

Isilines, le laboratoire d’Eurolines

Pour se démarquer de la concurrence, Isilines mise sur l’innovation. « Notre actionnaire Transdev nous demande de tester des choses, Isilines est perçu comme un laboratoire. » Ainsi, à l’ouverture du marché en 2015, la filiale a non seulement pu s’appuyer sur l’implantation d’Eurolines en France et en Europe, mais aussi collaborer avec des start-up pour lancer de nouveaux services. « L’ouverture d’Isilines a permis de digitaliser Eurolines avec le wifi à bord, les billets numériques, la géolocalisation des cars, et même la possibilité de régler en bitcoins. » Pour le DG, la loi Macron a permis de « moderniser un secteur un peu poussiéreux ».

Eurolines-Isilines reste conscient que ce pic conjoncturel de la fréquentation des lignes n’efface pas une réalité : leurs passagers ont du temps et peu de moyens. Mais avec 1 500 destinations en France et en Europe, 2 000 agences sur le territoire, la transformation des gares en points multimodaux, l’autocar peut s’installer dans le paysage des transports.